La contraception
La contraception est une pierre angulaire de la lutte pour les droits reproductifs au Québec
L’accès à la contraception est un projet au cœur de la mission de la FQPN depuis les débuts de l’organisme. Des revendications et actions ont été posées en lien avec ce dossier tout au long de son histoire. La FQPN a notamment suivi de près le développement de nouveaux moyens de contraception tels que les injections et le timbre contraceptif. Afin de favoriser la prise de décision libre et éclairée, la FQPN tient à jour des informations complètes, précises et objectives à propos des différentes options possibles en matière de contraception sur le site internet.
Au printemps 2024, la FQPN a lancé la campagne Révolution contraceptive. La campagne a comme revendications la gratuité de la contraception, de meilleurs services de conseil en contraception dans une optique de libre-choix et un meilleur financement des organismes communautaires oeuvrant en contraception. Dans le cadre de cette camapgne, la FQPN a déposé une pétition à l'Assemblée nationale récoltant près de 100 000 signatures.
Pétition à l'Assemblée nationale "Instauration d'un programme d’accès gratuit à la contraception" (déposée le 26 novembre 2024 à l’Assemblée nationale - 95 823 signatures)
Contact média : Anne-Sophie Gignac (asgignac@fqpn.qc.ca), 438-522-5951
Lien vers le site de la Révolution contraceptive: https://www.revolutioncontraceptive.ca/
Les méthodes contraceptives
On peut devenir enceinte de la puberté (le début des règles) à la ménopause, soit pendant une période de 30 à 40 ans. La contraception permet de prévenir ou d’espacer les grossesses et de faire des choix face à la maternité et la parentalité.
La fécondation, c’est lorsqu’un spermatozoïde féconde un ovule. Si celui-ci s’implante dans l’utérus, il y a une grossesse: un embryon se développe alors dans l’utérus pour les neufs prochains mois. On estime que deux personnes fertiles de sexes opposés qui ont des relations sexuelles avec pénétration vaginale et qui n’utilisent pas de contraception pendant un an ont 85% de probabilité de grossesse. La contraception vise à éviter que cette grossesse ne se produise. Il existe pour cela différentes méthodes: les méthodes hormonales, les méthodes barrières, les méthodes naturelles, le stérilet, les spermicides et la stérilisation.
L’utilisation d’un contraceptif permet une plus grande autonomie des femmes cis et trans, des hommes cis et trans et des personnes non binaires face à leur corps, leur sexualité et leur désir d’avoir ou non un enfant.
Choisir la méthode de contraception qui correspond le mieux à nos besoins contribue à une meilleure santé sexuelle!
Il importe d’être bien informé.e sur les différentes possibilités et d’être clair.e sur nos besoins et nos valeurs lorsque nous choisissons notre méthode de contraception. Pour choisir le moyen de contraception qui vous correspond le mieux, consultez:
Ma contraception.org Ça se planifie.ca
La contraception d'urgence
En cas de rapport sexuel à risque ou d’échec de la méthode de contraception, il est possible de recourir à la contraception d’urgence. Deux méthodes existent: la contraception hormonale d’urgence, disponible en pharmacie et efficace jusqu’à cinq jours après le rapport sexuel à risque et le stérilet, qui nécessite une prescription et une rencontre avec un ou une médecin et gynécologue pour la pose dans les sept jours suivant le rapport sexuel à risque.
Celles et ceux d’entre nous qui ne sont pas couvert.e.s par l’assurance maladie provinciale ou un régime d’assurance privé doivent assumer le coût de la pilule contraceptive d’urgence (environ 25$) et de la consultation avec un ou une pharmacienne (40$). Au Québec, il faut consulter le ou la pharmacienne et avoir plus de 14 ans, ou une autorisation parentale ou tutorale pour y avoir accès. Le ou la pharmacienne est tenue au secret médical, et ne peut révéler au(x) partenaire(s), à la famille ou autre personne que nous avons eu recours à la contraception d’urgence sans notre consentement écrit. L’exception en lien avec le soupçon d’abus est également applicable ici.
La contraception au Québec
C'est légal!
En 1892, le Code criminel du Canada considérait comme criminelles la vente, la publicité ou l’offre de contraception. Pour prévenir ou espacer les grossesses, on utilisait alors la méthode du calendrier, l’allaitement, les condoms, les douches vaginales et les diaphragmes.
La pilule contraceptive a été introduite sur le marché canadien en 1961. Qualifiée de « produit d’hygiène féminine », elle était officiellement prescrite afin de « régulariser le cycle menstruel ».
Il a fallu attendre 1969 pour que la contraception soit décriminalisée. Mais avant cela déjà, des femmes et des professionnels et professionnelles de la santé militaient pour le planning des naissances. En 1970 par exemple, le Front de libération des femmes du Québec traduit le Birth control handbook produit par le Montreal’s Women Liberation Movement.
Depuis, au Canada, nous avons le droit de recourir à la contraception, peu importe notre âge, tant qu’on est en mesure de comprendre les avantages et les risques liés à ce produit. Au Québec, c’est un peu différent: l’âge du consentement médical est fixé à 14 ans. Avant cet âge, il est nécessaire d’obtenir une autorisation parentale ou tutorale pour obtenir une contraception sous prescription médicale. Mais on peut toujours se procurer des condoms!
Et confidentiel...
La personne qui nous prescrit une méthode de contraception est tenue au secret médical et n’est pas autorisée à en parler à la famille, au(x) partenaire(s) ou autre personne à moins d’un consentement écrit de notre part. Il existe une exception: si le personnel médical croit que nous sommes victime d’abus et considère qu’il est de son devoir d’en informer d’autres professionnels et professionnelles en intervention.
Ça coûte combien ?
Pour les personnes couvertes par l'assurance maladie provinciale, la contraception hormonale (injection, pilule, stérilet Mirena, timbre, anneau) est remboursée. Elle est complètement gratuite pour les personnes qui reçoivent l'aide sociale, ont moins de 18 ans ou qui sont aux études à temps plein et ont moins de 25 ans. Les autres doivent payer la franchise de 16,25$ /mois lorsqu'elles vont chercher leur méthode de contraception hormonale à la pharmacie.
Pour les personnes qui ne sont pas couvertes par l'assurance maladie provinciale ou un régime d'assurance privé (sans-statut, en attente de statut ou autre), il faut payer les contraceptifs hormonaux.
Dans tous les cas, quelle que soit notre couverture médicale, le stérilet de cuivre, le diaphragme, les spermicides, les condoms et la cape cervicale ne sont pas remboursés.
Estimé des coûts des contraceptifs (les contraceptifs marqués d'un (*) sont couverts en tout ou en partie par l'assurance maladie du Québec:
- Condom masculin (boîte de trois) 3 à 5$
- Condoms féminins (boîte de trois) 15$
- Stérilet Mirena 350$-400$ (90$ pour celles qui sont couvertes par la RAMQ)/ 5 ans
- Stérilet de cuivre à partir de 70$ jusqu'à 200$ (pour une durée de 5 ans) Gratuit si inséré lors d'un avortement
- Pilule combinée 15$/ mois
- Minipilule 19$/ mois
- Injection (3 mois) 40$
- Timbre 23$/ mois
- Anneau 25$/ mois
- Diaphragme 60$/ un an ou plus
- Implant contraceptif sous-cutané Nexplanon 285$/3 ans
La FQPN et la contraception
La contraception est au cœur de la planification des naissances car elle permet de prévenir, de contrôler ou d'espacer les grossesses. Elle offre ainsi aux femmes, aux hommes et aux personnes non-binaires une plus grande autonomie vis-à-vis de leur corps, de leur sexualité et de leur désir d’avoir ou non un enfant, au moment qui leur convient.
La méthode contraceptive sûre, efficace à tout coup, accessible, réversible, facile d’utilisation et sans effets nocifs sur la santé n’existe toujours pas.
C'est pourquoi, afin d'aider les femmes, les hommes trans et les personnes non-binaires dans leurs choix, la FQPN dispose de dossiers sur chacune des méthodes contraceptives. La FQPN analyse les méthodes en fonction de leurs impacts sur la santé et l'autonomie. Elle prend aussi en considération les diverses facettes de la vie qui influencent les choix en matière de contraception, telles que les aspects sexuel, relationnel et social.
La FQPN déplore le manque d’accès à certaines méthodes de même que la non gratuité des méthodes contraceptives qui ne sont pas hormonales. Au fil des ans, elle a aussi produit des avis et recommandations et des critiques de certaines méthodes et de la façon dont elles ont été utilisées.
Projets et mobilisations
2024
Lancement de la campagne "Révolution contraceptive: Liberté de choix, égalité d'accès"
Pétition à l'Assemblée nationale
2020
Mise à jour du jeu de cartes Sexe & santé : en savoir plus sur la contraception en collaboration avec S.O.S. Grossesse Estrie, S.O.S. Grossesse et Sexplique
2015
Réalisation de l'outil Sexe & Santé, en savoir plus sur la contraception
- Sexe & Santé, en savoir plus sur la contraception
2013
Mise à jour des informations publiques (site web) sur les méthodes contraceptives