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Aider les familles au détriment des femmes?

25 septembre 2026 par
info@fqpn.qc.ca

Lettre d'opinion publiée dans Le Devoir, 25 septembre, 2026 – Nous voyons circuler depuis le début de la campagne des promesses électorales visant à aider les familles. Il est bien sûr important de mettre en place des mesures pour soutenir les couples et toutes les personnes qui souhaitent avoir des enfants ou agrandir leur famille. Il existe cependant une différence mince, mais significative, entre prôner des mesures qui viennent réellement en aide aux familles et des mesures pro-natalistes. Les mesures pro-famille visent à améliorer les conditions qui permettent à celles et ceux qui le veulent de fonder une famille alors que les mesures pro-natalistes visent à augmenter le taux de natalité au Québec.

L’histoire et l’exemple d’autres pays nous montrent que les incitatifs financiers n’ont pas de réelle incidence sur le taux de natalité. En effet, des incitatifs de 100$ par semaine ou 350$ par année sont purement symboliques et ne s’attaquent aucunement aux enjeux réels qui limitent les plans parentaux des Québécoises et Québécois. L’inefficacité de ces programmes est bien documentée donc nous ne croyons pas les partis quand ils prétendent vouloir aider les familles. L’objectif de ces mesures est plutôt de signaler une adhésion aux valeurs traditionnelles d’une belle époque québécoise fantasmée. Ces mesures électoralistes ne font qu’accentuer le modèle de famille normatif. Les discours doivent changer, et les mentalités aussi.

Que nous nous comprenions bien : Une mère ou un parent qui souhaite rester à la maison pour s’occuper de ses enfants devrait toujours avoir le choix de le faire. Cependant, proposer un « salaire » annuel de 5 200$ (imposables) est pire que symbolique, c’est insultant. Cet argent serait beaucoup mieux investi pour créer les 30 000 places qui manquent dans le réseau de CPE. Et que dire du dérisoire 350$ par année pour inciter les familles à avoir un 3e ou 4e enfant lorsque nous savons qu’élever un enfant coûte entre 18 000$ et 22 000$ par année … Il s’agit clairement d’un coup d’épée dans l’eau pour une facture salée de 220 millions de dollars.

Il est aussi important de nommer que ces mesures s’inscrivent dans un contexte où certains partis déplorent la croissance démographique actuelle due au seuil d’immigration au Québec. Ces mêmes partis, qui constatent aujourd’hui le déclin du taux de natalité au Québec et veulent en faire une priorité, décriaient hier le débordement de nos écoles. Il semblerait que nos écoles soient trop pleines de certains enfants et pas assez d’autres…

Chaque mesure visant les familles affecte particulièrement les femmes. Elles sont plus nombreuses à être locataires, à vivre en dessous du seuil de la pauvreté et à élever des enfants seules. Les Québécoises souffrent de la crise du logement, de la hausse du coût de la vie, de la violence conjugale, des répercussions des changements climatiques, et bien d’autres enjeux systémiques. Ces promesses insuffisantes démontrent un décalage sévère entre les partis et la réalité où nous peinons à rêver d’un avenir pour nous-mêmes et nos enfants.

La FQPN dénonce les mesures simplistes qui coûteraient cher à l’état, mais qui n’auront pas de retombées positives pour les femmes ou les familles. En comparaison, rendre la contraception gratuite coûterait 22 millions de dollars par année et permettrait à toutes les femmes de faire un réel choix en matière de contraception et décider quand et si elles veulent des enfants. Parce que l’accès à la contraception est une action concrète pour améliorer l’égalité des genres et qui crée les conditions qui permettent d’avoir la famille de son choix. Seul Québec Solidaire s’est engagé à mettre en place cette mesure.

À la Fédération du Québec pour le planning des naissances (FQPN), nous défendrons toujours le libre choix d’avoir des enfants ou non. Les partis sont assez créatifs, qu’ils trouvent des moyens d’aider les familles sans nuire aux femmes.