Justice reproductive

Le contrôle et la régulation du genre, des corps, de la sexualité et de la reproduction affecte chaque personne, mais différemment selon nos appartenances sociales et nos identités.

Ainsi, si certaines d'entre nous se sont battues et continuent de le faire pour obtenir le droit et l'accès à la contraception et à l'avortement, d'autres, comme celles qui sont en situation de handicap, les femmes autochtones ou les femmes incarcérées doivent encore lutter pour que soit reconnue leur capacité à être mères et pour que cessent les stérilisations, les pressions à l'avortement et l'utilisation disproportionnée de contraceptifs invasifs. Ces oppressions liées à la vie sexuelle, reproductive et maternelle affectent des individus mais aussi des communautés à travers le croisement de divers systèmes d’oppression basés sur la "race", la classe, le genre, la sexualité, la citoyenneté, l’âge, la capacité, le lieu de résidence, les croyances religieuses/spirituelles, etc.

Le mouvement pour la défense des droits sexuels, reproductifs et maternels  doit tenir compte du contexte social et politique inégalitaire dans lequel s'expriment les oppressions reproductives afin de formuler des réponses adaptées à ces situations, qui tiennent compte de la réalité de toutes et tous et qui ne reproduisent pas les mécanismes d'exclusion et de marginalisation à l’œuvre dans la société.

Pour s'aider dans sa démarche, la FQPN a décidé de s'inspirer des analyses du mouvement pour la  justice reproductive.

La justice reproductive est à la fois un cadre d’analyse et de pratique et un mouvement social apparu aux États-Unis dans le courant des années 1990. Le terme a été consacré par des femmes africaines-américaines lors de la Conférence Internationale sur la Population et le Développement qui a eu lieu au Caire en 1994. Il est le résultat de l’amalgame entre « justice sociale » et « droits reproductifs ». Le mouvement s’inscrit dans la continuité des luttes et des résistances menées par les communautés traditionnellement marginalisées, notamment racisées et autochtones. Il vise à réconcilier dans un même mouvement la militance sur divers enjeux sociaux liés à des catégories d’appartenance- (racisation, situation de handicap, statut migratoire ou autre) et la lutte pour l’autonomie et le respect des droits sexuels, reproductifs et maternels.

La justice reproductive en tant que grille d'analyse  est une source d'inspiration pour la FQPN dans le sens où elle est une application de l'approche intersectionnelle au domaine de la santé et des droits sexuels, reproductifs et maternels. Elle propose de lutter contre les oppressions reproductives en tenant compte de la réalité et du vécu des femmes et des communautés dans leurs diversités et elle questionne les revendications et les modes d’organisation traditionnels du mouvement pour la santé des femmes et le libre-choix.

Pour des informations et ressources complémentaires, consultez notre centre de documentation ou les parutions de la FQPN

Date de dernière modification : 14 décembre 2015

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