Avortement

Manifestation: Nos corps, nos choix, c'est aux femmes de décider., Cliquer pour voir en grand et pour avoir accès à une description

par Ainsley Jenicek

Même si cela fait 25 ans que l'avortement est décriminalisé au Canada, beaucoup de mythes circulent encore et cet acte reste stigmatisé: peu en parlent, la peur du jugement persiste. Pourtant, il faut savoir qu'une femme sur trois aura recours à l'avortement dans sa vie en Amérique du Nord...Effectivement, quand on y pense, sur 30 ans de fertilité, difficile de ne jamais faire d'erreur ou d'oubli ou de ne pas avoir d'accident! Et contrairement à ce qu'affirment les rumeurs alarmistes, ce taux n'est pas en augmentation et est équivalent à celui des autres pays industrialisés.

Les personnes trans et non-binaires ont également recours à des avortements. Il est cependant très difficile de déterminer le pourcentage exact de patient.e.s trans/non-binaires qui ont eu recours à des avortements. En effet, comme le suggère A.J. Lowik dans “Trans-Feminisms and Trans-Inclusive Abortion Clinics: The tension between gender identity and corporeality”, certaines personnes trans/non-binaires évitent de dévoiler leur identité de genre lorsqu’elles accèdent aux soins en avortement dans le but d’éviter la discrimination, les jugements et les remarques inappropriées qui pourraient découler de leur interactions avec les professionnel.le.s de la santé. Parce que l’identité de genre des personnes qui accèdent aux services d’avortement est assumée être « femme », il est difficile d’évaluer le nombre de personnes concernées par la problématique.

Lorsqu'on veut prendre une décision éclairée, il est important d'avoir toutes les cartes en main pour le faire.

Il existe deux méthodes d'avortement:

  • l'avortement par instrument, qui est une intervention mineure qui dure moins de 10 minutes, sous anesthésie locale.
  • l'avortement par médicament, qui consiste en la prise d'une combinaison médicamenteuse qui provoque l'arrêt et l'expulsion de la grossesse. L'avortement par médicament est désormais disponible au Québec et consiste en une combinaison mifépristone-misoprostol. Cette combinaison, aussi connue sous le nom de Mifégymiso, été approuvée par Santé Canada en Août 2015.

Pour obtenir un avortement, il faut auparavant avoir confirmé la grossesse avec un test de grossesse. On en trouve en vente libre en pharmacie (5-15$), gratuitement au CLSC ou même dans certains magasins à 1$. Un test de grossesse doit être effectué après qu'un retard de règles a été constaté. Si on le fait plus tôt, le taux d'hormones ne sera pas suffisamment élevé pour être décelé.

L'avancement de la grossesse est calculé à partir du premier jour des dernières menstruations. Lors de la prise de rendez-vous, il est important de connaitre cette date. Si on ne s'en souvient pas, il faut le mentionner. En effet,  connaitre le nombre de semaines/jours de la grossesse permet de procurer la méthode d'avortement la plus sécuritaire et adaptée. Une échographie est systématiquement réalisée avant l'intervention.

Selon la région dans laquelle on vit, les délais pour obtenir un rendez-vous varient de une à trois semaines.

Au Canada, il n'y a pas de date limite légale pour avorter mais la pratique est encadrée par les ordres professionnels. Un avortement par médicament est actuellement autorisé jusqu'à 63 jours de grossesse. Une grossesse de plus de 24 semaines est référée aux États-Unis pour l'intervention.

Il faut savoir que plus de 90% des avortements ont lieu durant le premier trimestre (-de 12 semaines de grossesse).

Accessibilité

L'avortement est un service médical essentiel reconnu et est  légal partout au Canada. Pourtant, certaines provinces ont peu (ou pas pas dans le cas de l'Île du Prince Édouard) de points de service, ce qui oblige les personnes qui souhaitent recourir à l'avortement à se déplacer sur de longues distances.

Il existe aussi d'autres barrières d'accès, au delà du territoire géographique: la langue dans laquelle sont fournis les services, l'accessibilité physique pour les personnes en situation de handicap, la méconnaissance des enjeux trans... Certaines d'entre nous (immigrantes non-reçues ou en attente de statut, étudiantes étrangères) ne sont pas couvertes par l'assurance maladie ou une assurance privée et doivent payer de leur poche pour le service. Bref, l'accès n'est pas garanti pour toutes, mais on travaille à améliorer la situation!

Pour trouver un service d'avortement proche de chez vous au Québec, consultez la brochure sur les points de service d'avortement mise à jour en septembre 2016. Ou appelez la FQPN au 514 866 3721.

Pour trouver un service ou obtenir des informations sur l'avortement dans le reste du Canada, appelez la ligne d'écoute d' Action CanadaCe lien ouvre une nouvelle fenêtre. ou de la National Abortion FederationCe lien ouvre une nouvelle fenêtre.

Quel est le coût d'un avortement?

Depuis 2008, les services d'avortement sont entièrement financés par l'État et sont donc accessibles gratuitement partout au Québec, y compris dans les cliniques à gestion privées et au sein des Centres de santé des femmes (Montréal, Mauricie et Outaouais). Il faut néanmoins détenir une carte d’assurance maladie (communément appelée la « carte soleil ») délivrée par le Régime d’assurance maladie du Québec (RAMQ) ou relever du programme de soutien aux réfugié.e.s.

Pour celles d'entre nous qui ne sont pas couvertes par l’assurance maladie, il est possible d'obtenir le service en le payant (les coûts varient de 200$ à 1300$ selon le lieu et le nombre de semaines de  grossesse). Il existe des alternatives pour celles qui n'ont pas les fonds suffisants. Pour en savoir plus, contactez la FQPN, 514 866 3721 ou Action CanadaCe lien ouvre une nouvelle fenêtre. ou de la National Abortion FederationCe lien ouvre une nouvelle fenêtre..

Pour l'avortement par médicament, les modalités de couverture sont actuellement inconnues.

Qui peut obtenir un avortement?

Si on a plus de 14 ans, on peut obtenir un avortement sans le consentement de notre famille ou de notre tuteur ou tutrice. Toutefois, si une hospitalisation de plus de 12 heures s'avère nécessaire et que nous sommes mineure, les personnes majeures responsables doivent être prévenues.

Pour celles d'entre nous qui ont moins de 14 ans, le consentement des parents ou des tuteurs ou tutrices est nécessaire.

Consultez le répertoire et le centre de documentation de la FQPN  pour trouver des ressources supplémentaires, de l'information, du soutien ou des services offrant l’avortement.

Date de dernière modification : 24 mai 2018

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