Micro injection (ICSI)

 

DESCRIPTION

L’ICSI (injection intra-cytoplasmique de sperme) est une technique de fécondation in vitro (FIV) qui consiste à introduire, à l’aide d’une très fine pipette, un seul spermatozoïde à l’intérieur d’un ovule afin de le féconder. L’ICSI est aussi appelée micro-injection.

CLIENTÈLE

Cas d’infertilité masculine, quantités trop petites de spermatozoïdes dans l’éjaculat, incapacité des spermatozoïdes de percer l’enveloppe de l’ovule. L’ICSI est également utilisée dans les cas d’infertilité inexpliquée ou en cas d’échecs successifs avec la FIV classique.

FONCTIONNEMENT

L’ICSI se fait en laboratoire, à l’aide d’une aiguille très fine avec laquelle on fait pénétrer un seul spermatozoïde dans le cytoplasme de l’ovule.  Cette intervention, qui fait partie du processus de fécondation in vitro, se fait après un traitement de et une ponction d’ovules. L’ICSI peut être effectuée avec le sperme frais du conjoint ou avec du sperme congelé d’un donneur.

Au fil des ans, l’usage de l’ICSI au Canada n’a cessé d’augmenter. En 2012, 68 % des FIV au Canada on été réalisées à l’aide de l’ICSI.

EFFICACITÉ

Les données canadiennes présentent toujours les taux de succès de la FIV classique et de la FIV avec ICSI ensemble. Il est ainsi impossible d’isoler les résultats pour l’ICSI seulement. On  considère que les taux de naissances vivantes de la FIV avec ICSI sont les mêmes que ceux présentés pour la fécondation in vitro en général, soit 33% pour les femmes de moins de 35 ans, 24% pour les femmes âgées de 35 à 39 ans et 10% pour les femmes de 40 ans et plus.

RISQUES

En plus des risques associés à la fécondation in vitro et à la stimulation ovarienne, une étude effectuée en 2009 a constaté que les enfants issus de l’ICSI sont plus à risque d’avoir des anomalies congénitales et des syndromes génétiques tels que le syndrome de Beckwith-Wiedemann. L’incidence demeure cependant très faible.

En outre, le risque de prématurité est de 9,3% pour les enfants conçus par ICSI, comparativement à 6,4% pour ceux conçus naturellement. Le risque de petit poids est presque deux fois plus élevé. Le risque de malformation majeure quant à lui est significativement plus fort chez les enfants conçus par fécondation in vitro ou par ICSI, comparativement aux enfants conçus naturellement : il est estimé en moyenne à 5,9 % (FIV, ICSI) contre 3,6 % (conception naturelle). La fréquence des anomalies chromosomiques observée chez les enfants issus d’ICSI est également accrue, en moyenne 3 % versus 0,37 % pour la population générale.

L’ICSI est une technique relativement nouvelle puisqu’elle a été utilisée pour la première fois en 1992. Ainsi, les effets à long terme sur la santé des enfants qui en sont issus ne peuvent pas encore être évalués.

COMMENTAIRES

L’ICSI a souvent été critiquée pour avoir été utilisée directement chez les humains, sans expérimentation animale. Lorsqu’elle a été mise au point en 1992, il n’existait aucune étude pouvant démontrer l’innocuité pour la santé des rejetons issus de cette technique, et ce, même chez les espèces animales.

La technique de sélection et d'injection du spermatozoïde dans l'ovule ne permet pas le processus de sélection naturelle du spermatozoïde- ce qui peut augmenter les chances qu'il soit porteur de défauts et d'anormalités chromosomiques-  et soulève des questions quant au risque d'endommager l'ovule. La Société des obstétriciens et des gynécologues du Canada recommande aux hommes qui utilisent cette technique en raison d’une production déficiente de spermatozoïdes de recourir à des services de counseling génétique.

Enfin, pour toutes ces raisons, plusieurs études soulignent la nécessité d’évaluer la fertilité future et la santé à long terme des personnes issues de l’ICSI.

En France, un rapport de la Haute autorité de santé explique que les études de grande cohorte avec un long suivi à 5 ans n’ont pas rapporté de différences majeures entre les enfants conçus naturellement ou après ICSI quant au développement physique, cognitif et psychologique.

Pour des informations et ressources complémentaires, consultez ce document et notre centre de documentation

Date de dernière modification : 19 novembre 2014

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