Fécondation in vitro

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DESCRIPTION

La fécondation in vitro (FIV) consiste à recréer le moment de la fécondation (la fusion d’un ovule et d’un spermatozoïde) à l’extérieur du corps (in vitro). Il faut pour cela prélever un ovule et un spermatozoïde, les mettre en contact dans un milieu de culture et transférer ensuite les embryons formés dans l'utérus. Une autre technique consiste à injecter directement un seul spermatozoïde dans un ovule, l’ICSI (injection intra-cytoplasmique de spermatozoïde). En 2012, 68 % des FIV au Canada ont été réalisées à l’aide de l’ICSI. La FIV peut être effectuée avec les ovules provenant de la personne qui désire être enceinte ou avec ceux d’une donneuse, et avec le sperme du conjoint ou d’un donneur. Il existe plusieurs variantes de FIV :

  •     La FIV sur cycle stimulé, avec stimulation ovarienne et récolte de plusieurs ovules. C'est le modèle standard de pratique.
  •     La FIV naturelle, réalisée en suivant le cycle menstruel naturel et en ne récoltant qu'un seul ovule.

CLIENTÈLE

Femmes dont les trompes de Fallope sont obstruées, infertilité inexpliquée, ménopause précoce, insuffisance ovarienne, personnes trans*, personnes qui ont connu plusieurs essais infructueux d’insémination artificielle. La FIV est une étape essentielle pour réaliser un diagnostic préimplantatoire ou la maturation in vitro. C’est aussi la technique la plus souvent utilisée dans le contexte d’une gestation pour autrui (avec mère porteuse).

FONCTIONNEMENT

La fonction ovarienne est suspendue afin de remplacer le cycle menstruel naturel par un cycle artificiel plus facile à contrôler. On procède alors à une stimulation ovarienne et à un prélèvement d'ovules grâce à une sonde échographique insérée dans le vagin. Les ovules recueillis sont ensuite mis en contact avec des spermatozoïdes du conjoint ou d’un donneur pour être fécondés. Le plus souvent, cette étape est réalisée à l’aide de l’ICSI.  Environ trois à cinq jours plus tard, les embryons qui se sont bien développés sont transférés dans l’utérus de la personne qui désire être enceinte ou de la mère porteuse. À la suite du transfert d’embryons, il y a prise d’hormones (progestérone) afin de favoriser l’implantation du ou des embryons. Il faut attendre deux semaines avant de savoir s’il y a début de grossesse. Les embryons non transférés sont congelés. Si le premier essai de FIV est un échec, les essais successifs sont réalisés à l’aide des embryons congelés surnuméraires.

EFFICACITÉ

Les taux d’efficacité de la FIV varient considérablement en fonction de divers facteurs, dont l’âge, la cause de l’infertilité, le type de technique ou de gamètes utilisées. Selon les données canadiennes les plus récentes (2011) , le taux de naissances vivantes découlant d’une FIV est de 33% pour les femmes de moins de 35 ans, 24% pour les femmes entre 35 et 39 ans et 10% pour les femmes de plus de 40 ans. De tous les cycles de FIV entamés au Canada en 2011, 14,5 % ont résulté en la naissance d’un enfant unique en santé. La grande majorité des naissances (80,5 %) issues de la FIV étaient d’enfant unique.  Il y a eu  naissance de jumeaux dans 19,1 % des cas et le nombre de triplets et plus ne représente que 0,4 % des naissances.

RISQUES

Risques associés à la stimulation ovarienne

Selon les données canadiennes de 2011, de tous les cycles de FIV effectués, il y a eu 144 cas de syndrome d’hyperstimulation ovarienne modéré (1 % des cycles), dont 15 (10 %) ont nécessité une hospitalisation et 69 cas de syndrome grave (0,5 % des cycles), dont 33 cas (48 %) ont nécessité une hospitalisation.

Risques associés aux grossesses multiples

En raison du transfert de plus d’un embryon dans l’utérus, les grossesses multiples sont plus fréquentes que lors d'une conception naturelle. Elles augmentent les risques de naissances prématurées (et leurs séquelles). Pour les personnes désirant être enceintes, les complications les plus fréquentes sont l’anémie, l’hypertension, la pré-éclampsie, le diabète gestationnel, le risque d’hémorragie ainsi que les risques liés à une césarienne. En plus de s’accompagner de complications médicales, les grossesses multiples engendrent aussi des coûts importants sur les plans économique et psychosocial.

Risques associés à la technique de FIV/ICSI

Le recours à la FIV semble être associé à un risque accru d’accouchement prématuré comparativement aux grossesses spontanées, ainsi qu’à la naissance d’enfants de faible poids. Les enfants issus de la FIV/ICSI sont légèrement plus susceptibles d’avoir des anomalies ou des malformations congénitales. Certaines études soutiennent que les enfants issus de la FIV ont un risque accru de développer un cancer au cours de leur vie. Comme la majorité des enfants issus de la FIV/ICSI ont moins de 30 ans, il n'est pas possible de bien évaluer les effets à long termes sur la santé des personnes issues de techniques de procréation assistée.

COMMENTAIRES

Sur les risques

Il est difficile de dire si les risques que comporte la FIV sont liés à la technique comme telle ou à l’infertilité des personnes qui y recourent.  Une importante étude réalisée en Californie a ainsi comparé les issues de grossesses de trois groupes de femmes entre 2009 et 2011 : des femmes qui ont eu recours à la procréation assistée, des femmes infertiles qui ont eu des enfants sans recourir à la procréation assistée et des femmes fertiles qui ont eu des grossesses spontanées. Dans tous les cas, les risques sont plus importants chez les femmes qui ont conçu à l’aide de techniques de procréation assistée.

Sur les taux de succès

Les taux d’efficacité de la FIV peuvent être calculés de multiples manières. Par exemple, on peut parler des taux d’implantation, des taux de grossesses cliniques ou encore des taux de naissances vivantes. Même les taux de naissances vivantes peuvent être présentés de diverses façons : en fonction du nombre de cycles entamés, du nombre d’ovules prélevés ou encore en fonction du nombre d’embryons transférés. Les taux d’efficacité de la FIV sont aussi souvent présentés en fonction des caractéristiques des embryons utilisés (avec les ovules de la personne désirant être enceinte, avec les ovules d’une donneuse, avec des embryons décongelés ou des embryons décongelés issus d’un don d’ovules). Enfin, comme les taux de succès varient beaucoup en fonction de l’âge, les données sont souvent découpées par groupe d’âge. Il est donc important de toujours mettre les données présentées en contexte.

Sur le nombre d’embryons transférés

En raison des risques que comportent les grossesses multiples, de nombreux pays ont commencé à limiter le nombre d’embryons pouvant être transférés et de multiples études s’intéressent aux chances de réussite avec le transfert d’un nombre limité d’embryons. Une récente étude britannique de grande envergure a révélé que le transfert de 3 embryons et plus n’engendrait pas de hausse des taux de succès, et ce, même chez les femmes de 40 ans et plus. Au Québec, le gouvernement finance, depuis août 2010, trois cycles de FIV avec stimulation ovarienne ou 6 cycles de FIVn (FIV sur cycle naturel).  Le financement étant lié au transfert d’un seul embryon lorsque la situation s’y prête, le taux de transfert d’un seul embryon a augmenté de 1,6 à 50 % et aurait réduit le taux de grossesses multiples de 32% en 2009 à 18.4% en 2012.

Pour des informations et ressources complémentaires, consultez ce document et notre centre de documentation

Date de dernière modification : 19 novembre 2014

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