Expressions et identités de genre

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Le sexe désigne l’ensemble des attributs biologiques et physiologiques tels que les organes génitaux, les gonades (testicules/ovaires), les chromosomes, ou les hormones qui nous permettent de répartir les individus en 2 groupes distincts, mâle et femelle. Par exemple, les femmes cisgenres ont généralement des menstruations, ce qui n’est pas le cas pour les hommes cisgenres.

Le mot "genre" sert à évoquer les rôles qui sont déterminés socialement, les comportements, les activités et les attributs qu'une société considère comme appropriés pour les hommes et les femmes. Le genre fait également référence à la manière dont on est perçu par les autres, ou le fait d’apparaître féminin-e ou masculin-e. Quand on parle de genre, on fait souvent référence à deux choses : l’identité de genre et l’expression de genre.

  • L’identité de genre désigne le sentiment personnel d’appartenir à un genre. Il est donc possible de s’identifier comme homme ou comme femme indifféremment du sexe qui nous a été assigné à la naissance, de s’identifier plus à un homme à un moment et plus à une femme à un autre, ou de ne pas se reconnaître dans ces catégories et de s’identifier comme genderqueer[1] ou sans genre. Comme elle reflète la vision que nous avons de nous-même, l’identité de genre peut demeurer invisible aux autres.
  • L’expression de genre réfère aux attributs externes, aux comportements, à l’apparence, au style vestimentaire et autres caractéristiques que les individus adoptent pour exprimer leur genre ainsi que la façon dont les autres perçoivent le genre de cet individu.

Il est important de se rappeler que l’identité de genre et l’expression de genre ne sont pas nécessairement rattachées. On appelle cisgenres les personnes dont le sexe assigné à la naissance et le genre sont identiques. Les personnes qui quant à elles ont un genre différent du sexe qui leur ont été assigné à la  naissance, diffèrent sont généralement appelées « trans* ». Lorsqu’on dit qu’un sexe nous a été assigné à la naissance, ce qu’on veut dire c’est que lorsqu’on naît, les médecins décident, en fonction de l’apparence de nos organes génitaux et d’autres facteurs liés au sexe, de nous assigner le sexe mâle ou femelle, de dire si nous allons grandir comme fille ou comme garçon. Mais comme dans plusieurs domaines de la vie humaine, la réalité entre mâle et femelle est parfois floue. Certaines personnes, notamment les personnes intersexes peuvent avoir des organes génitaux, des hormones et des chromosomes qui ne sont pas typiquement masculins ou féminins. Lorsqu’elles naissent, ces personnes subissent parfois des chirurgies non-consensuelles pour leur assigner l’un des deux sexes binaires.

Concrètement ça veut dire quoi? On s’attend à ce que les femmes soient féminines et que les hommes soient masculins. Certaines personnes disent que le genre est appris et que cet apprentissage commence dès l’enfance. Dans la littérature jeunesse par exemple, les personnages et héros masculins sont surreprésentés. Les garçons sont généralement présentés à l'extérieur, les filles à l'intérieur. Les personnages féminins sont confinés au rôle maternel où à des tâches domestiques, les hommes présentés faisant du sport ou dans leur milieu professionnel. Cette socialisation par rapport aux sexes des enfants mène à la formation de stéréotypes et d’attentes sur ce que doit être une femme et ce que doit être un homme. Ces attentes vont influencer nos façons d’être et de se percevoir, et la façon dont on est perçu-es socialement.

Cette vision stricte de ce qu’est un homme ou une femme couplée à la confusion qui existe entre le sexe et le genre a de nombreuses conséquences. D’abord les stéréotypes liés aux genres peuvent être source de discrimination et d’inégalité entre ceux-ci et peuvent même mener à de la violence.  Certains stéréotypes (que les hommes expriment leur virilité via la force physique par exemple) vont renforcer l'acceptation par les femmes de comportements violents et irrespectueux dans les relations de couple. De plus les jeunes filles et garçons se sentent contraint.e.s pour être accepté.e.s par leurs pairs de se conformer à ces stéréotypes ou à ces normes alors qu’ils et elles sont en désaccord avec ceux-ci. Ceux qui ne se conforment pas s’exposent à de la discrimination, voire de la violence. Par exemple, un homme qui ne suit pas les règles de la masculinité peut être victime d’homophonie alors que celui-ci n’est pas homosexuel.

Quand on transpose ces rôles stéréotypés dans la sexualité on obtient : « les hommes qui ont plusieurs partenaires sexuelles à la fois sont des héros alors que les femmes sont des saloppes». Certaines personnes vont même dire que ce sont les hommes qui ont la responsabilité de fournir les condoms et de faire les premiers pas, alors que la femme, elle, doit mettre les limites et s’occuper de la contraception.

Changer ces rôles peut sembler (et est) extrêmement ardu et complexe, même quand on veut choisir  la manière dont on se présente dans nos relations interpersonnelles, ou comment on se perçoit, dans nos têtes! Y en a pour qui les catégories homme-femme sont définitivement trop étroites et qui refusent de s’y inscrire. Ces personnes bricolent leur propre rapport à eux-/elles-mêmes, aux autres et au monde.

Ces stéréotypes et ces catégories de sexe et de genre dissimulent également des réalités beaucoup plus variées et complexes concernant les être humains… ce n’est pas tout le monde qui est à l’aise avec le genre qu’on leur assigne et les rôles qui viennent avec, et ce que ça implique… Alors pourquoi ne pas embrasser la diversité de nos identités, et être respectueux et respectueuse de celle des autres : par exemple en n’assumant jamais le genre d’une personne et en demandant gentiment quel pronom elle préfère utiliser. Et non, ce n’est jamais, jamais approprié de poser des questions sur les organes génitaux d’autrui…à moins d’y être invité-e!

Tout ceci n’a aucun lien avec notre orientation sexuelle, c'est-à-dire qui nous attire romantiquement ou sexuellement. Et en plus, ce n’est pas gravé dans la pierre. Notre genre, notre identité peuvent changer, évoluer, se transformer…ou pas.

Ça semble complexe? Ça ne l’est que parce qu’on est habitué-e-s à penser le monde en petite case à cocher. Mais si on y pense deux minutes, personne ne « fitte » jamais complètement dans une case.


[1] Personne dont l’identité ou l’expression de genre est fluide, inclassifiable ou non socialement valorisée.

 

Date de dernière modification : 24 septembre 2015

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