Consentement

Quand on planifie avoir une activité sensuelle ou sexuelle avec une ou des autres personnes, il faut passer par une étape essentielle : le consentement enthousiaste, continu et réitéré de toutes les personnes impliquées. Ça veut dire quoi concrètement? Que les personnes qui s’engagent dans une activité sensuelle/sexuelle ne doivent pas être stones, saoules ou inconscientes. Et que lorsqu’elles disent oui explicitement, elles sont d’accord pour participer à une activité qui va leur procurer du plaisir et ce, à chaque « étape » de l’activité sexuelle.

Voici quelques questions pour vous aider à réfléchir à la question du consentement :

  1. As-tu déjà demandé à quelqu’un-e : « à quoi devrais-je faire attention ou quels sont les signes qui m’indiqueront que tu vis un moment où il est plus difficile de verbaliser ce qui ne va pas ? »
  2. Penses-tu que la responsabilité de parler revient aux personnes qui ne se sentent pas bien avec ce qui se passe ?
  3. Penses-tu que c’est facile de dire non à une personne que tu aimes ?
  4. Si des mois, des jours ou des années plus tard, une personne te dit qu’elle s’est sentie mal à l’aise face à ce que tu as fait, est-ce que tu l’interroges davantage là-dessus ? Est-ce que tu en tiens compte?

On peut avoir envie de s’embrasser, de se laisser toucher mais ne pas être prêt-e à voir notre partenaire nu-e. Consentir à une activité sexuelle ne signifie pas consentir à toute activité sexuelle. Avoir consenti une fois, ou plusieurs à une certaine activité sexuelle ne signifie pas que ce sera ok la prochaine fois.

Lorsque les partenaires ont une relation de confiance et connaissent bien la signification de leurs réactions, le consentement peut être non verbal : un gémissement enthousiaste, une poussée des reins peuvent équivaloir à un oui. Mais dans le doute, on s’arrête, on prend une pause, on pose la question…

On peut imaginer des milliers de questions, toutes plus sexy les unes que les autres. En voici quelques exemples, mais on peut aussi formuler ses propres listes : Est-ce que je peux te lécher ici? Ça m’excite quand tu me touches ici, est-ce que ça te dit? Est-ce que je peux te montrer un jouet sexuel? Ça te tenterait qu’on l’utilise? Dis-moi si c’est bon comme ça. Est-ce que tu préfères que j’y aille plus fort/ moins fort? As-tu déjà essayé ça? Est-ce que ça te tente? J’aime vraiment la façon dont tu m’embrasses. J’aimerai qu’on continue à le faire, sans aller plus loin.

On peut aussi dire certaines choses qui encouragent notre partenaire à nous dire ce dont il/elle a envie. Pour créer ce genre d’environnement, on peut, dès le début, avant même de commencer à se toucher, annoncer à notre partenaire qu’on accorde une grande importance au consentement et à la réciprocité du désir et du plaisir. On peut exprimer ça en disant : « si quelque chose ne te plait pas, dit le moi. J’ai seulement envie de ce qui nous plaît à nous deux. » Ou « C’est plus important pour moi qu’on soit honnête l’un-e envers l’autre, plutôt qu’on essaie de se plaire ou de faire des choses qu’on n’a pas vraiment envie de faire pour plaire à l’autre ».

Comment savoir si on a obtenu le consentement de sa/son partenaire?[1] :

Rouge : c’est le temps d’arrêter

  • Tu es trop intoxiqué-e pour évaluer ou donner un consentement
  • Ton/ta partenaire est endormi-e, intoxiqué-e ou tombé-e sans connaissance
  • Tu espères que ton/ta partenaire ne dira rien et suivra le courant
  • Ton/ta partenaire s’arrête ou ne donne plus de réponse/réaction (il/elle est figé-e)
  • Tu as l’intention de prendre tous les moyens possibles pour avoir une relation sexuelle (p. ex., utiliser des tactiques qui correspondent à tricher, à faire des mamours pour atteindre ton but, à intimider l’autre personne, ou à la forcer à faire quelque chose)

Jaune : c’est le temps d’une pause pour vérifier

  • Tu ne sais pas clairement ce que l’autre personne désire
  • Tu as l’impression de recevoir des signaux contradictoire, confus
  • Tu n’as pas parlé de ce que tu veux faire, ou vous n’avez pas discuté de ce que ton/ta partenaire est à l’aise de faire
  • Tu imagines simplement que vous allez faire les mêmes choses que la fois précédente

Vert : maintenez la communication!

  • Les partenaires arrivent à une décision commune, ensemble, sur la limite jusqu’où aller
  • Les partenaires expriment clairement qu’ils ou elles sont à l’aise et d’accord avec la situation
  • Tu te sens à l’aise, et en sécurité pour arrêter n’importe quand
  • Les partenaires sont excité-e-s et les deux ont du plaisir à ce qu’ils/elles font!

Quand quelqu’un nous dit non, ou n’est pas clair-e par rapport à son désir de poursuivre, il y a une seule réponse à avoir: accepter inconditionnellement le choix de l’autre et arrêter ce qu’on était en train de faire ou ce qu'on s’apprêtait à faire. Ces moment peuvent être frustrants, tristes ou insécurisants, mais il est important de bien gérer ses émotions. Exprimer sa colère ou se taire peut forcer notre partenaire à changer d’avis ou à faire quelque chose qu’elle/il n’a pas envie de faire.

Pour mieux comprendre et faire comprendre le concept, voici une courte vidéoCe lien ouvre une nouvelle fenêtre. dans laquelle le consentement est habilement expliqué à l’aide de la métaphore de la tasse de thé

Ou cette video (en anglais) Ce lien ouvre une nouvelle fenêtre. par Lacigreen

Gardons en tête que tout, sauf oui, veut dire non! Un non, une hésitation, une absence de réponse ou une réponse évasive sont des signes qu’il n’y a pas de consentement. Parfois on va dire « est-ce qu’on peut juste se coller ce soir » ou « je suis fatigué-e ». Dans ces cas, le silence ou l’absence d’un « non » explicite ne devrait pas être interprété comme un « oui ». On peut s’arrêter, prendre une pause, recommencer, poser des questions, changer d’activité, mais avant tout porter attention à l’autre et à soi. Et s’il n’y a pas de consentement, c’est une agression sexuelle. Et là, ce n’est plus drôle du tout.


[1]http://srhweek.ca/sexualite-saine-relations-saines/la-demarche-du-consentement/?lang=fr

Date de dernière modification : 7 juillet 2016

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