La contraception au Québec

La contraception au Québec et au Canada, c'est légal!

En 1892, le Code criminel du Canada considérait comme criminelles la vente, la publicité ou l’offre de contraception. Pour prévenir ou espacer les grossesses, on utilisait alors la méthode du calendrier, l'allaitement, les condoms, les douches vaginales et les diaphragmes.

La pilule a été introduite sur le marché canadien en 1961. Qualifiée de "produit d’hygiène féminine", elle était officiellement prescrite afin de "régulariser le cycle menstruel".

Il a fallu attendre 1969 pour que la contraception soit décriminalisée. Mais avant cela déjà, des femmes et des professionnels et professionnelles de la santé militaient pour le planning des naissances. En 1970 par exemple, le Front de libération des femmes du Québec traduit le Birth control handbookCe lien ouvre une nouvelle fenêtre. produit par le Montreal's Women Liberation Movement. 

Depuis, au Canada, nous avons le droit de recourir à la contraception, peut importe notre âge tant qu'on est en mesure de comprendre les avantages et les risques liés à ce produit. Au Québec, c'est un peu différent: l'âge du consentement médical est fixé à 14 ans. Avant cet âge, il est nécessaire d'obtenir une autorisation parentale ou tutorale pour obtenir une contraception sous prescription médicale. Mais on peut toujours se procurer des condoms!

Et confidentiel...

La personne qui nous prescrit une méthode de contraception est tenue au secret médical et n'est pas autorisée à en parler à la famille, au(x)  partenaire(s) ou autre personne à moins d'un consentement écrit de notre part. Il existe une exception: si le personnel médical croit que nous sommes victime d'abus et considère qu'il est de son devoir d'en informer d'autres professionnels et professionnelles en intervention.

La contraception d’urgence

Au Canada, la pilule contraceptive d’urgence est disponible sans ordonnance dans les pharmacies.  Au Québec, il faut consulter le ou la pharmacienne et avoir plus de 14 ans, ou une autorisation parentale ou tutoriale pour y avoir accès. Le ou la pharmacienne est tenue au secret médical, et ne peut révéler au(x) partenaire(s), à la famille ou autre personne que  nous avons eu recours à la contraception d'urgence sans notre consentement écrit. L'exception en lien avec le soupçon d'abus est également applicable ici.

Celles et ceux d'entre nous qui ne sont pas couvert.e.s par l'assurance maladie provinciale ou un régime d'assurance privé doivent assumer le coût de la contraception d'urgence (environ 25$) et de la consultation avec un ou une pharmacienne (40$).

Le personnel de la pharmacie, pour des raisons morales ou religieuses, peut refuser de nous vendre la contraception d'urgence mais il est obligé de nous référer à une autre personne afin que nous puissions l'obtenir dans les meilleurs délais.

La contraception est disponible...

Certaines méthodes comme les condoms sont disponibles en vente libre ou même gratuitement (dans les CLSC, les maisons de jeunes, les associations...).

Les méthodes naturelles (calendrier, retrait, observation du cycle) ne nécessitent pas de matériel spécifique ou de prescription mais demandent d'avoir une excellente connaissance de notre corps, de son fonctionnement et un cycle très régulier pour être efficaces.

Les méthodes barrières telles que le diaphragme ou la cape cervicale peuvent être difficiles à trouver et demandent une excellente connaissance de notre corps et de son fonctionnement.

Le stérilet de cuivre est une méthode de contraception très efficace mais il peut être difficile de trouver du personnel qualifié pour l'installer, et il n'est pas remboursé par le régime provincial d'assurance maladie.

Les méthodes les plus utilisées, comme les méthodes hormonales, requièrent une prescription médicale et donc un accès aux services de santé. Depuis 2005, les infirmiers et infirmières qui travaillent en planning des naissances ou auprès des jeunes peuvent les prescrire pour une période d'un an.

Cela ne résout pas la difficulté d'accès à ces méthodes contraceptives pour celles et ceux d'entre nous qui ne sont pas couvert.e.s par le régime provincial d'assurance maladie ou un régime d'assurance privé car elles et ils devront payer pour la consultation et la méthode de contraception.

La contraception, combien ça coûte?

Pour les personnes couvertes par l'assurance maladie provinciale, la contraception hormonale (injection, pilule, stérilet Mirena, timbre, anneau) est remboursée. Elle est complètement gratuite pour les personnes qui reçoivent l'aide sociale, ont moins de 18 ans ou qui sont aux études à temps plein et ont moins de 25 ans. Les autres doivent payer la  franchise de 16,25$ /mois lorsqu'elles vont chercher leur méthode de contraception hormonale à la pharmacie.

Pour les personnes qui ne sont pas couvertes par l'assurance maladie provinciale ou un régime d'assurance privé (sans-statut, en attente de statut ou autre), il faut payer les contraceptifs hormonaux.

Dans tous les cas, quelle que soit notre couverture médicale, le stérilet de cuivre, le diaphragme, les spermicides, les condoms et la cape cervicale ne sont pas remboursés.

Estimé des coûts des contraceptifs (les contraceptifs marqués d'un (*) sont couverts en tout ou en partie par l'assurance maladie du Québec): 

  • Condoms masculins (boite de trois): 3 à 5 $
  • Condoms féminins (boite de trois): 15$
  • (*) Stérilet Mirena: 350$- (90$ pour celles qui sont couvertes par la RAMQ)/ 5 ans
  • Stérilet de cuivre: à partir de 65$/ 5 ans
  • (*) Pilule combinée: 15$/ mois
  • (*) Minipilule: 17$/ mois
  • (*) Injection (3 mois): 35$
  • (*) Timbre: 23$/ mois
  • (*) Anneau: 25$/ mois
  • Cape cervicale Femcap: 89$ US + frais de poste/ 1 an ou plus
  • Diaphragme: 60$/ un an ou plus

Nous ne disposons pas de cette information pour les autres méthodes de contraception.

Date de dernière modification : 14 septembre 2016

Imprimer Partager par courriel. Partager sur : FaceBook Twitter LinkedIn