Terminologie

Le langage qu'on utilise lorsqu'on parle de santé et de droits sexuels et reproductifs est important, car il est parfois porteur de stéréotypes dommageables et il peut être très chargé politiquement.

Par exemple, lorsqu'on parle d'avortement, on ne dit pas "enfant à naître" ou "bébé" mais "embryon" et "fœtus" à partir du troisième mois, car c'est l'appellation biologique exacte. En revanche, lors de l'intervention auprès de la clientèle, on reprend le vocabulaire utilisé par la personne concernée, quel qu'il soit. Les contextes sont différents, mais il faut y prêter attention car l'impact sur les personnes  peut être très négatif (créer de la culpabilité, une impression de jugement)

La personne qui fait face à une grossesse non planifiée et/ ou qui fait le choix d'avorter n'est pas une "mère" ou une "maman". C'est une personne enceinte. À moins qu'elle ait déjà fondé une famille et souhaite être définie ainsi.

Quant au mouvement qui s'oppose au droit des femmes à choisir leur maternité, il est qualifié d'anti-choix, pas de pro-vie, car il s'oppose à la possibilité des individus de choisir ce qui est le mieux pour eux et elles, dans une situation donnée.

L'utilisation de ce vocabulaire n'est pas une coquetterie de langage.  Elle résulte de décennies de réflexion et de pratique d'intervention auprès de la population qui a recours aux services de santé sexuelle et reproductive.

Ces quelques exemples concernent l'avortement, mais il en va de même pour une multitude de domaines. Certaines expressions véhiculent des stéréotypes très négatifs et contribuent à davantage marginaliser certains groupes de personnes. Le vocabulaire est en évolution constante, parce que nos sociétés sont en mouvement...ainsi on ne dit pas maladie sexuellement transmissible mais Infection transmissible sexuellement et par le sang (ITSS). On ne parle par de personnes handicapées mais de personnes en situation de handicap, etc.

Si vous vous posez des questions sur les termes utilisés dans le milieu, et leurs impacts, contactez-nous,  il nous fera plaisir de vous répondre, dans la mesure de nos connaissances, ou de vous référer à des personnes plus aptes à y répondre.

Date de dernière modification : 1 janvier 2017