Nouvelles technologies de la reproduction
humaine: c'est le temps d'agir
Après plus de 10 ans de réflexion, une Commission royale
d'enquête qui a duré quatre ans (1989-1993) et coûté
30 millions de dollars aux Canadiens, l'adoption (1995) d'un moratoire
volontaire sur certaines activités telles que la recherche sur
le clonage et un projet de loi mort au feuilleton en 1996 à cause
des élections, le gouvernement fédéral déposait
enfin, en mai 2002, un projet de loi concernant la procréation
assistée et la recherche connexe. Ce dernier projet se rendra-t-il
cette fois-ci jusqu'à l'étape de l'adoption? C'est ce que
nous verrons cet automne en suivant l'évolution des travaux parlementaires.
La FQPN a donc remis la question des nouvelles technologies de la reproduction
humaine (NTRH) à son ordre du jour et souhaite sensibiliser, entre
autres, les groupes de femmes face aux enjeux que comportent ce projet
de loi et les nouvelles technologies de reproduction en général.
C'est pourquoi, en mai dernier, la FQPN organisait en collaboration avec
le protocole UQÀM/Relais-femmes du Service aux collectivités
de l'UQÀM, une journée de formation à l'intention
des groupes de femmes intitulée: Les nouvelles technologies de
la reproduction humaine.- pour mieux cerner les enjeux. Cette journée
avait comme objectifs de permettre aux groupes de femmes de s'informer
et de débattre des différents enjeux de la législation
relative aux NTRH et d'identifier des pistes d'action possibles pour le
mouvement des femmes.
La journée a débuté par une présentation
de Anne St-Cerny sur l'évolution du dossier des nouvelles technologies
de la reproduction humaine à la FQPN. Madame Abby Lippman, professeure
au département d'épidémiologie et de biostatistiques
de l'Université McGill et vice-présidente du Réseau
canadien pour la santé des femmes, nous a ensuite présenté
son analyse des lacunes et des enjeux pour les femmes du projet de loi.
Enfin, madame Louise Vandelac, professeure titulaire à l'Institut
des sciences de l'environnement et au département de sociologie
de l'UQÀM, nous a parlé des enjeux éthiques et sociaux
des technologies de la reproduction humaine.
En après-midi, les 30 participantes se sont penchées sur
les principaux enjeux ressortant des présentations et discussions
du matin et ont identifié des pistes d'action possibles. Par exemple,
les participantes suggèrent d'élaborer des outils d'éducation
populaire afin de vulgariser les informations sur les NTRH pour contrer
la mésinformation actuelle et sensibiliser sur les grands enjeux
collectifs afin de permettre aux personnes de faire des choix éclairés.
Les participantes suggèrent également de réclamer
un débat public de société sur les NTRH afin de déterminer,
entre autres, les priorités pour les gouvernements. Face au projet
de loi, les participantes souhaitent réclamer des modifications
concernant la constitution de l'Agence canadienne de contrôle de
la procréation assistée, notamment sa composition qui devrait
être citoyenne et pour exiger la levée de l'anonymat des
donneurs de matériel reproductif humain. Les participantes suggèrent
également de demander au gouvernement du Québec de créer
un bureau d'audiences publiques sur les NTRH qui aurait le double mandat
de réaliser l'évaluation scientifique et sociale des NTRH
au préalable et de réglementer les NTRH au Québec.
Sur les enjeux en matière de santé, les participantes recommandent
de faire pression pour réduire ou résoudre les causes de
l'infertilité et obtenir des conditions qui favoriseront la fertilité,
de même qu'une politique de santé sexuelle et reproductive
qui serait un premier pas si elle privilégiait la prévention.
Rappelons-le, les NTRH ne sont pas des traitements contre l'infertilité
ni la stérilité mais un moyen de contourner ces problèmes.
Bref, ce ne sont pas les idées et les suggestions d'actions qui
ont manqué lors de cette journée des plus stimulantes. La
FQPN mettra d'ailleurs sur pied un comité NTRH qui aura comme mandat
de voir au suivi de la journée de formation, aux actions à
prioriser face au projet de loi et à approfondir la réflexion
sur certains aspects des NTRH.
Le compte-rendu de la journée de réflexion sera disponible
sous peu et nous invitons les personnes intéressées à
se joindre au comité NTRH à communiquer avec Nathalie Parent. |