LA FQPN RÉAGIT
Récemment, dans un article paru dans La Presse, était
émise l’idée que la RAMQ couvre éventuellement
les services de fécondation in vitro afin de venir en aide aux
personnes ayant des problèmes d’infertilité. Cette
idée pourrait faire son chemin et comme nous ne connaissons pas
encore les intentions du ministère de la Santé et des Services
Sociaux (MSSS) en matière de procréation assistée,
nous croyons qu’il est important de demeurer vigilantes sur cette
question. Nous vous présentons ici la lettre d’opinion que
nous avons fait parvenir à La Presse à ce sujet mais qui,
malheureusement, n’a pas été publiée.
Services de fécondation in
vitro couverts par la RAMQ?
Dans l’article paru le 19 octobre dernier intitulé Stérilisation
et dénatalité: le Dr Lamontagne crée un choc, il
est mentionné que pour tenter de freiner la dénatalité,
les obstétriciens invitent le gouvernement à «commencer
par le début en aidant les personnes qui ont un problème
de fertilité». En effet, dit-on, les services de fécondation
in vitro ne sont pas couverts par la RAMQ. Voilà qui serait
une bien mauvaise façon d’aborder la question.
Soulignons d’abord que la fécondation in vitro n’est
pas un traitement à l’infertilité, mais bien une façon
de la contourner. Les problèmes d’infertilité ont
de multiples causes qui peuvent être autant d’ordre médical,
que d’ordre environnemental et social.
Concernant les problèmes d’origines biomédicales,
ceux-ci résultent notamment d’infections transmises sexuellement
(ITS) non-traitées ou mal diagnostiquées puisque souvent
asymptomatiques (telle que la chlamydia, cause connue d’infertilité
chez les femmes) et de l’exposition à de multiples toxines
environnementales, tels que les pesticides, qui affectent la fertilité
des hommes et des femmes.
De plus, le report de la première grossesse à des âges
où les femmes commencent à être de moins en moins
fertiles contribue certainement au recours à la procréation
assistée. Par conséquent, le report de la grossesse, ainsi
que la diminution du nombre d’enfants par femme, ne s’expliqueraient-ils
pas davantage par des facteurs socioéconomiques tels que la prolongation
des études, le remboursement des prêts étudiants et
la situation économique fragile que cela implique, les difficultés
à envisager la conciliation travail-famille, la précarité
des conditions de travail et des liens d’emploi, etc.?
Or, voilà divers facteurs liés à l’infertilité
sur lesquels il est possible d’intervenir en amont et qui pourraient
sans doute avoir une influence plus grande sur le taux de natalité
au Québec. Par exemple, en permettant aux jeunes couples de fonder
leur famille dans des conditions socioéconomiques facilitantes
(avantage fiscaux, délais du remboursement de la dette étudiante,
amélioration des conditions de travail et du système de
garderie, etc.), en assurant un environnement sain, de même qu’en
pratiquant un dépistage systématique de la chlamydia lors
d’examens gynécologiques de routine.
Autre argument justifiant notre désaccord à l’idée
que la RAMQ puisse éventuellement couvrir les services de fécondation
in vitro, est le fait que ces technologies aient été peu
évaluées à ce jour, qu’elles demeurent expérimentales
et non sans risque pour la santé des femmes et des enfants qui
en sont issus et qui, de plus, soulèvent d’importants enjeux
éthiques.
Présentement, des sommes importantes sont investies dans la recherche
et le développement de nouvelles technologies, alors que très
peu sont investies dans la prévention et la recherche des causes
de l’infertilité, domaines, qui pourtant, contribueraient
davantage à permettre aux couples de préserver leur fertilité
afin de réaliser leur désir d’avoir des enfants. |