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Technologies de la reproduction
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La FQPN a toujours posé un regard critique envers les nouvelles technologies de la reproduction humaine (NTRH). Nos réflexions nous ont rapidement amenées à croire que des intérêts d’ordre scientifique, commercial ou médical prenaient largement le pas sur les intérêts des femmes individuellement et des êtres humains collectivement. Nous demeurons inquiètes des conséquences de la maternité à saveur technologique, de la science qui chamboule les règles du jeu naturel de la reproduction, de l’avènement du clonage humain, de la commercialisation du matériel reproductif humain et aussi des dérives eugénistes pouvant découler de ces technologies et pratiques. Nous déplorons également le manque de véritables débats publics sur ces enjeux.

Le développement effréné des NTRH s’est effectué dans un contexte caractérisé par l’absence d’évaluation scientifique rigoureuse et d’encadrement. Ainsi, les cliniques de fertilité ont pu développer, expérimenter et pratiquer, sur les femmes et leurs enfants, des technologies dont l’innocuité n’a pas été démontrée avant qu’elles ne soient utilisées. En matière de technologies de la reproduction humaine, nous sommes rapidement passés de l’état expérimental à la pratique clinique sans suivi rigoureux et la science a rapidement pris le pas sur l’éthique.

Nous sommes aussi particulièrement inquiètes des risques que comportent les activités de procréation assistée pour la santé des femmes et des enfants qui en sont issus. L’industrie de la reproduction humaine utilise encore des technologies et des médicaments controversés et dont les effets à long terme sont peu documentés et peu connus. En fait, l’attention accordée à la santé et à la sécurité des personnes qui ont recours à ces technologies n’a pas suivi le rythme de la croissance de l’industrie, une industrie estimée à plus de 4 milliards de $ aux États-Unis.

Les NTRH se présentent souvent comme étant la solution à l’infertilité des couples. Pourtant, les taux d’échec de ces technologies sont très élevés. La grande majorité des personnes qui y ont recours ressortent de cette expérience dispendieuse et souvent éprouvante sans enfant. De plus, les NTRH ne constituent pas un traitement de l’infertilité. Ces technologies contournent les problèmes de fertilité sans les soigner ni en comprendre toujours la cause. On a délaissé la recherche sur les causes et traitements possibles de l’infertilité et sur les façons de la prévenir au profit de l’expansion d’une industrie très lucrative.

Tout en permettant à quelques couples d’avoir un enfant, les NTRH ont aussi ouvert la porte à toute une série d’expérimentations et de recherches sur le matériel humain, la fécondation, les biotechnologies et le génie génétique. Jamais dans l’histoire humaine une telle manipulation du matériel reproductif humain n’a été possible. Étroitement liées aux technologies de diagnostic préimplantatoire et prénatal, les NTRH participent à un dangereux mouvement de programmation de la conception et de design des enfants à naître. Les NTRH sont en train de changer la notion d’être humain et la nature des rapports sociaux entre les hommes et les femmes ainsi qu’entre les parents et les enfants. Il est donc toujours urgent de sensibiliser, d'encourager la réflexion et les débats afin d'accroître l'action collective face aux enjeux que ces technologies soulèvent. C’est pourquoi la FQPN a mis sur pied une importante tournée de formation afin de sensibiliser la population aux diverses questions liées aux technologies de la reproduction.

Encadrement
En mars 2004, le Canada comblait enfin le vide législatif entourant les NTRH et la recherche connexe en adoptant la Loi sur la procréation médicalement assistée (pdf). Réclamant depuis longtemps un encadrement et des dispositifs d’évaluations scientifiques rigoureux par l’entremise de mémoires et de représentations diverses, la FQPN s’est prononcée en faveur de l’approbation de la Loi même si celle-ci comporte certaines lacunes. Notre avis au comité sénatorial étudiant le projet de loi résume nos diverses préoccupations face à la Loi.

En décembre 2004, le ministre Philippe Couillard a déposé le Projet de loi 89 sur les activités cliniques et de recherches en matière de procréation assistée. La FQPN entend donc poursuivre son travail d’analyse et de pression face aux mesures adoptées au Canada et au Québec en matière de procréation assistée afin que ces dernières protègent réellement la santé des femmes et celle des enfants et l’intégrité de l’espèce humaine.

   
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