Nos définitions de la santé
reproductive
et services de planning des naissances [note]
1.1 La santé reproductive
1.2 Des services de planning des naissances complets, c'est
quoi?
1.2.1 L'éducation sexuelle
1.2.2 La contraception
1.2.3 Les méthodes d'urgence
1.2.4 La stérilisation
1.2.5 L'avortement
Le choix de la maternité est au cœur de la vie de toutes
les femmes, même pour celles qui ne désirent pas avoir d'enfant.
Les femmes sont fertiles de la puberté (10-14 ans) à la
ménopause (50-55 ans). Régulièrement, durant cette
période qui s'étend sur une quarantaine d'années,
elles auront à prendre des dérisions face à la maternité
en fonction de leur âge, leur sexualité, leur désir
d'avoir ou de ne pas avoir un enfant, leur désir d'espacer les
naissances, leur état de santé, etc. Pour ce faire, elles
auront souvent recours aux services de médecins, d'infirmières
et autre personnel intervenant en santé. Ces services doivent viser
à soutenir les femmes dans leurs choix face à leur corps
et leur sexualité, tout en protégeant leur fertilité
future et leur santé.
Le libre choix face à la maternité est fondamental à
toute intervention en matière de santé reproductive. Bien
que ce libre choix s'exerce sur le plan individuel, il est aussi grandement
influencé par le contexte social, politique et économique
dans lequel nous évoluons. Les conditions dans lesquelles s'exercent
nos choix et les comportements qui en découlent dépassent
la notion individualiste. Notre regard féministe sur la santé,
qui fait le lien entre la santé, les rapports sociaux et les conditions
de vie des femmes, nous amène à promouvoir une approche
globale de la santé qui se doit de tenir compte de toute la personne,
de sa réalité et du contexte dans lequel cette personne
évolue. Cette approche, de même que les définitions
de concepts qui suivent, forme le cadre d'analyse de la présente
recherche-action.
retour en haut
1.1
La santé reproductive
La santé reproductive sous-entend la possibilité pour les
femmes de décider d'avoir un enfant au moment choisi ou de ne pas
avoir d'enfant, et ce, sans discrimination, sans contrainte et sans violence.
Elle implique que femmes et hommes aient accès à de l'information
sur toutes les méthodes de contraception et que celles-ci soient
sûres, efficaces, abordables et sans effets nocifs sur la santé.
Elle doit se traduire aussi par l'accès à des services de
santé assurant le bon déroulement de la grossesse et de
l'accouchement. Il faut donc entendre par services de santé reproductive
l'ensemble des méthodes, techniques et services qui contribuent
au bien-être entourant notre capacité de reproduction tout
en prévenant et résolvant les problèmes qui peuvent
se poser. La santé reproductive englobe la santé en matière
de sexualité. Elle suppose que les conditions qui favorisent une
vie sexuelle satisfaisante, harmonieuse et sécuritaire soient présentes.
Enfin, les conseils et les soins prodigués ne doivent pas être
limités au seul domaine de la reproduction et des maladies transmises
sexuellement, mais doivent aussi viser à protéger et améliorer
la qualité de vie, les relations interpersonnelles, le respect
mutuel et l'égalité entre les sexes (Capen, 1996, p. 4).
Au Québec, le mouvement pour la santé des femmes s'est
surtout développé autour de la question du libre choix en
matière de reproduction et de sexualité, plus particulièrement
à partir de revendications touchant le droit de décider
et d'avoir accès à des services de contraception et d'avortement,
et ce, pour toutes les femmes sans discrimination. Dès 1970, «l'analyse
de ces militantes les conduit à critiquer et à condamner
la surmédicalisation des étapes normales de la vie des femmes
et la dévalorisation de leur savoir par la science et la médecine.
Aussi, dénoncent-elles les interventions abusives dont les femmes
sont l'objet et, également, les attitudes sexistes et méprisantes
du corps médical et paramédical à leur endroit. Ces
analyses déboucheront sur la nécessité de se doter
d'une vision globale de la santé des femmes, à l'intérieur
de laquelle leur situation économique, sociale, psychologique,
émotive et sexuelle est prise en compte. Cette façon de
concevoir la santé vise l'empowerment des femmes afin qu'elles
soient en mesure de reprendre en main tous les aspects de leur vie.»
(Tardif et Thiboutot, 1997, p. 96)
Dans cette optique, la santé reproductive signifie tout d'abord
un contrôle individuel et collectif accru des femmes sur leur fertilité,
leur corps, leur sexualité et leur vie. La santé reproductive
suppose que les femmes choisissent d'avoir ou non des enfants et qu'elles
ont la possibilité d'agir en conséquence de ces choix. En
ce sens, les services de planning des naissances devraient soutenir les
femmes dans leurs décisions.
retour en haut
1.2
Des services de planning des naissances complets, c'est quoi?
Les services de planning des naissances et de sexualité, auxquels
toutes les femmes auront recours pendant leur vie, jouent un rôle
central dans la capacité de ces dernières d'exercer des
choix face à leur santé reproductive. Ces services incluent
l'éducation sexuelle et des interventions psychosociales et médicales
humanisées avec information critique sur toutes les méthodes
contraceptives, sur l'avortement, sur la fertilité, sur la prévention
de l'infertilité et des maladies transmises sexuellement et sur
les technologies de reproduction. Ils comprennent également le
soutien pendant la grossesse, l'accouchement et la période postnatale
de même que l'accès à toutes les méthodes contraceptives,
aux méthodes d'urgence, à l'avortement et à la stérilisation.
Les services de planning doivent soutenir les femmes afin qu'elles puissent
exercer un choix éclairé pour tout ce qui a trait à
leur santé reproductive. Les personnes intervenant dans le domaine
du planning doivent respecter l'expérience unique de chaque femme
et doivent les reconnaître comme étant expertes de leurs
expériences et comme étant les premières et principales
actrices de leur santé.
retour en haut
1.2.1 L'éducation
sexuelle
L'éducation sexuelle est un droit social dont la responsabilité
doit être assumée par la collectivité en plus de l'être
par la famille. Elle doit être accessible à toutes et à
tous puisque la sexualité est présente à tous les
âges, qu'elle s'intègre aux différentes étapes
de la vie et qu'elle joue un rôle important dans le développement
des personnes et des rapports sociaux. L'éducation sexuelle doit
avoir pour objectif de promouvoir une vie sexuelle positive, satisfaisante
et harmonieuse, visant l'estime de soi dans des relations égalitaires,
non sexistes et non violentes, tout en favorisant le respect des choix,
de l'orientation et de l'épanouissement des personnes. Elle doit
viser l'élimination des tabous, des mythes et des préjugés
et une plus grande autonomie face à la santé sexuelle et
reproductive.
L'exemple des Pays-Bas nous démontre qu'une éducation sexuelle
proactive, plus positive et plus complète aurait un impact majeur
au niveau des services de planning. Dans ce pays, le taux d'avortements
est parmi les plus bas au monde. Ceci est grandement lié au fait
que la contraception y est gratuite et que l'éducation sexuelle
y est omniprésente, autant dans le milieu scolaire que dans les
médias et les discussions amicales (Enjeux, SRC, 13 février
2001).
retour en haut
1.2.2
La contraception
La contraception constitue d'emblée le cœur de la planification
des naissances. Si la contraception sert à empêcher des grossesses,
elle aide aussi à faire des choix face à la maternité.
Le choix contraceptif, quelle que soit la méthode, implique une
plus grande autonomie des femmes face à leur propre corps, leur
sexualité et leur santé. En ce sens, les méthodes
contraceptives devraient protéger la fertilité ultérieure
et la santé, et non les menacer.
Plusieurs facteurs entrent en jeu dans le choix d'une méthode
contraceptive : la vie sexuelle de la personne (le nombre de partenaires,
la fréquence des relations sexuelles); sa relation égalitaire
ou non avec le ou les partenaires; ses conditions de vie; sa culture;
son âge; son désir d'espacer les naissances ou son désir
de ne pas avoir d'enfant; l'aisance face à son corps; son état
de santé; les avantages, les inconvénients ainsi que les
risques et les effets secondaires reliés à chaque moyen
contraceptif; les conséquences probables d'un échec du contraceptif;
les coûts; l'accessibilité et la disponibilité des
moyens selon la région; etc.
Plusieurs méthodes de contraception ont été développées
au cours des deux derniers siècles. Leur accessibilité était
cependant limitée. Il faut se rappeler que l'information, la diffusion
ou la vente de méthodes contraceptives étaient des actes
criminels au Canada jusqu'en 1969. La diffusion d'information et la prescription
de certaines méthodes de barrière étaient rendues
possibles grâce à des personnes ou des organismes qui acceptaient
de le faire malgré l'interdit. Au Québec, l'accessibilité
aux différentes méthodes s'est surtout élargie au
début des années 1970 avec l'arrivée des contraceptifs
oraux (la pilule) et la décriminalisation de l'information et de
la vente de contraceptifs.
La variété des moyens contraceptifs disponibles n'a pas
beaucoup augmentée avec le temps. La recherche en la matière
a surtout permis d'améliorer nos connaissances sur les bénéfices
et les risques pour la santé associés à l'usage des
contraceptifs oraux. Ces recherches ont mené à une réduction
importante des doses d'hormones contenues dans les contraceptifs oraux
et à la fabrication de la minipilule à base de progestérone
seulement.
Durant les dernières années, les développements
en matière de contraception ont surtout mené à l'arrivée
de méthodes hormonales à effet prolongé et avec un
taux d'efficacité très élevé: l'injection
contraceptive Depo-Provera et les implants Norplant. Ces méthodes,
dont les conséquences sur la santé des femmes sont encore
objet de controverses, nécessitent un contrôle médical
accru et diminuent le pouvoir des femmes sur leur corps puisque ces dernières
ne peuvent pas arrêter leurs effets lorsqu'elles le désirent
ou ne peuvent pas retirer le contraceptif sans intervention médicale.
Les nouveautés telles que timbre contraceptif et l’anneau
vaginale demeurent des méthodes hormonales dont la principale différence
est le mode d’utilisation.
Bref, la méthode contraceptive sûre, efficace, réversible
et sans effets nocifs sur la santé n'existe toujours pas aujourd'hui.
Quelle que soit la méthode utilisée, les femmes doivent
faire des compromis soit au niveau de son efficacité, soit au niveau
des effets sur leur santé physique ou mentale.
Pour faciliter le choix des femmes, une information complète et
critique doit être accessible, et ce, pour l'ensemble des contraceptifs
disponibles. Un choix éclairé doit tenir compte à
la fois des aspects médicaux, psychosociaux et sexuels de chaque
femme. Favoriser un choix éclairé exige du temps d'information
et de réflexion avec les femmes afin de se pencher sur leur réalité
et leurs besoins. Il peut être d'ailleurs plus profitable de tenir
une consultation en deux temps. Les femmes qui le désireraient
pourraient ainsi penser aux informations reçues et poser de nouvelles
questions lors d'une deuxième rencontre avant de fixer leurs choix.
retour en haut
1.2.3
Les méthodes d'urgence
Suite à une relation sexuelle non protégée ou à
un problème avec une méthode contraceptive, les femmes peuvent
recourir à des méthodes d'urgence afin d'éviter une
grossesse non désirée. Deux méthodes existent actuellement
: les contraceptifs oraux d'urgence (pilule du lendemain) et le stérilet
postcoïtal. La pilule du lendemain est efficace si elle est prise
dans les cinq jours suivant la relation. Par contre, son efficacité
est à son maximum dans les premières 24 heures. Il est donc
important que les femmes connaissent cette méthode et y aient accès
rapidement.
Le stérilet postcoïtal est utilisé moins fréquemment
car il exige une intervention médicale. Il peut être utile
pour les femmes qui ne peuvent pas prendre les hormones contenues dans
la pilule ou pour celles qui désirent le stérilet comme
méthode de contraception. La plupart du temps, les femmes recevront
des antibiotiques lors de la pose afin de les protéger des maladies
transmises sexuellement ou d'une infection. Le stérilet postcoïtal
peut être efficace s'il est installé dans les sept jours
suivant la relation sexuelle.
Plusieurs femmes auront recours à une méthode de contraception
d'urgence durant leur vie reproductive, il est donc important de les faire
connaître et de les rendre accessibles en tout temps.
retour en haut
1.2.4
La stérilisation
Lorsqu'une personne décide de ne pas ou de ne plus avoir d'enfant,
elle peut avoir accès à une méthode de stérilisation:
ligature des trompes ou vasectomie. Ces méthodes de contraception
ont la particularité d'être irréversibles. Certes,
certaines opérations permettent de rétablir la fertilité
après une stérilisation, mais ces opérations sont
lourdes et leur taux de réussite demeure très variable —
de 43 à 88 % de succès suite à une ligature et de
16 à 79 % suite à une vasectomie (Hatcher et collab., 1998,
p. 577). La stérilisation devrait donc être considérée
comme une méthode de contraception définitive. Encore aujourd'hui,
la plupart des établissements qui pratiquent ces interventions
demandent une évaluation psychosociale avant de les réaliser.
L'accessibilité à la ligature des trompes et à la
vasectomie a beaucoup fluctué durant les dernières décennies.
Durant les années 1960-1970, ces interventions sont accordées
selon une règle mathématique basée sur l'âge
et le nombre d'enfants. Durant les années 1980, la stérilisation
est accordée davantage sur la base du choix individuel. Cependant,
dès le début des années 1990, le ministère
de la Santé et des Services sociaux s'inquiète du nombre
élevé de couples de 30 ans et plus dont l'un des partenaires
est stérilisé. Un nombre grandissant de recherches sont
alors publiées sur l'un ou l'autre des aspects liés à
la stérilisation, tels que le facteur de regret ou encore les impacts
démographiques. Aujourd'hui, le ministère de la Santé
et des Services sociaux considère toujours la décision de
recourir à la stérilisation comme étant «lourde
de conséquences, particulièrement pour les personnes de
moins de 35 ans.» (Québec, Orientations ministérielles
en matière de planification des naissances, p. 15).
L'Institut de la statistique du Québec signale que les ligatures
des trompes sont en décroissance depuis un certain nombre d'années.
De 26 705 en 1980, elles sont passées à 9 947 en 1999. Durant
la même période, le nombre de vasectomie a augmenté
de 15 317 à 18 113. Plusieurs raisons peuvent expliquer ce renversement
de situation: les hommes assument une plus grande responsabilité
face à leur fertilité; la vasectomie est une intervention
chirurgicale moins lourde et moins coûteuse que la ligature, etc.
Globalement, le nombre de stérilisations féminines et masculines
a chuté de 42 000 à 28 000 ces 20 dernières années.
Le nombre moins élevé d'enfants par famille expliquerait-il,
en partie, la diminution du recours à la stérilisation?
Le fait que de plus en plus de femmes aient leur premier enfant à
un âge plus avancé serait-il un autre élément
d'explication? Ou est-ce l'impact de méthodes contraceptives ayant
des taux d'efficacité plus élevés? Ici aussi, ces
questions mériteraient d'être approfondies.
Les services en matière de stérilisation doivent favoriser
l'exercice de choix éclairés. Les femmes et les hommes qui
envisagent la stérilisation devraient être informés
sur les différentes méthodes, leurs avantages et leurs inconvénients
et sur leur irréversibilité. Les personnes qui ne désirent
pas ou qui ne désirent plus avoir d'enfant devraient pouvoir y
avoir accès sans que des critères d'évaluation extérieurs
aux leurs les contraignent dans leur choix. La consultation doit faciliter
la prise de décision éclairée et ne doit pas devenir
la base d'une évaluation ayant pour but d'autoriser ou non l'intervention.
retour en haut
1.2.5
L'avortement
Devant une grossesse non planifiée, les femmes peuvent vivre des
sentiments d'ambivalence importants. Quelle que soit la cause de cette
grossesse (relation sexuelle non protégée, échec
de la contraception, agression sexuelle, etc.), les femmes doivent choisir
de poursuivre ou non leur grossesse. Pour celles qui choisissent d'interrompre
leur grossesse, des services d'avortement sont nécessaires.
Au début des années 1980, quelques centres hospitaliers
(CH) offraient des services d'avortement selon les règles du Code
criminel canadien, c'est-à-dire avec l'approbation d'un comité
d'avortement thérapeutique composé de trois médecins.
Des cliniques privées, des centres de santé des femmes et
quelques CLSC donnaient ces services sans ces comités, donc illégalement.
En 1988, la Cour suprême du Canada décriminalisait l'avortement.
Depuis ce temps, des services en CH et en CLSC se sont ajoutés.
Cependant, le financement à cette fin est resté le même
depuis la fin des années 1980 (La Presse, 4 avril 2000),
et ce, malgré l'augmentation du nombre d'avortements.
Le nombre d'avortements augmente très légèrement
d'année en année. Environ 28 000 avortements ont été
pratiqués en 1999 au Québec. Malgré cela, les statistiques
en matière d'avortement provoquent régulièrement
des cris d'alarme. On entend, par exemple, souvent dire que le taux d'avortements
a plus que doublé au cours des dernières 20 années.
En fait, ce taux calcule le nombre d'avortements par rapport au nombre
de naissances vivantes, nombre qui diminue au Québec depuis les
années 1990. Le nombre d'avortement étant relativement stable
ces dernières années, l'augmentation du taux d'avortement
reflète davantage la diminution des naissances qu'une augmentation
importante du nombre d'avortements.
En 1980, les avortements n'étaient pas compilés de la façon
qu'ils le sont aujourd'hui. Rappelons qu'à cette époque,
un avortement n'était accordé que si la santé de
la femme ou de l'enfant à naître était en danger.
Par exemple, les femmes qui avortaient dans une clinique ou un CLSC opérant
illégalement ou celles qui allaient aux États-Unis n'étaient
pas incluses dans les statistiques. Les statistiques ne permettent donc
à personne de se prononcer sur les tendances des dernières
années en matière d'avortement et gagneraient à être
mieux analysées ou remises en perspective en fonction des lacunes
dans leur interprétation ou dans leur compilation.
Les besoins exprimés il y a 30 ans par le mouvement pour la santé
des femmes face aux services d'avortement restent d'actualité.
Les femmes doivent avoir accès, si désiré, à
des services leur donnant la possibilité de discuter et de soupeser
leur choix. Une fois que la décision d'avorter est prise, l'intervention
devrait avoir lieu à l'intérieur d'une semaine. L'avortement
doit être réalisé avec des techniques sécuritaires
et les moins invasives possible, le suivi postavortement médical
est nécessaire. Les femmes qui désirent avoir un suivi psychosocial
devraient aussi y avoir accès. Autant dans les services d'avortement
que dans l'ensemble des interventions en planning des naissances, la confidentialité,
le respect et la neutralité du personnel intervenant sont de mise.
Note: Texte composé d’extraits
tirés librement du document: Le
planning des naissances au Québec: portrait des services et paroles
de femmes (pdf) 2001 |