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LES LENDEMAINS DE LA PILULE DU LENDEMAIN

En décembre dernier, deux comités d'experts de la Food and Drug Administration recommandaient que le contraceptif orale d'urgence Plan B soit disponible en vente libre dans les pharmacies américaines. La FDA, qui déroge rarement des recommandations de ses comités, prendra sa décision finale dans les semaines à venir.

Au Québec, la contraception orale d'urgence est, depuis novembre 2001, disponible en pharmacie, sans prescription médicale, mais avec consultation du ou de la pharmacienne en service. Cette mesure avait suscitée bien des remous puisque, faute d'entente avec le gouvernement, les pharmaciens chargeaient aux femmes des frais de consultation de 20$ à 30$ en plus des coûts de la pilule elle-même. Après plusieurs mois de négociations, le gouvernement québécois acceptait de couvrir les frais de consultation. La pilule est également couverte par les régimes d'assurance-médicaments publics et privés et des démarches sont en cours pour que les adolescents obtiennent la pilule gratuitement, sans avoir à passer par un régime d'assurance de leurs parents souvent problématique au niveau de la confidentialité.

La FQPN, bien heureuse de ces derniers développements, s'est tout de même questionnée sur la nécessité de la consultation auprès du pharmacien lors de son conseil d'administration de novembre dernier. II existe deux contraceptifs oraux d'urgence : le Plan B, approuvé pour utilisation comme contraceptif d'urgence depuis février 2000, qui est composé d'un progestatif (le lévonorgestrel) seulement et l’Ovral, un contraceptif oral composé de fortes doses d'oestrogène et de progestérone, donné en quatre comprimés pour la contraception d'urgence. Alors que l’Ovral provoque de fortes nausées et vomissements et est contre-indiquée pour les femmes de plus de 35 ans et les fumeuses, le Plan B n'est l'objet d'aucune contre-indication et ses effets secondaires sont beaucoup moins importants. La toxicité du Plan B est même comparée par certains médecins à celle du Motrin. Si aucune vérification médicale n'est nécessaire, alors à quoi sert donc la consultation auprès du pharmacien?

Une étude britannique réalisée par le Reproductive Health Alliance en décembre 2001 a démontré que le simple fait de devoir parler au pharmacien peut décourager une personne à se procurer la pilule du lendemain. Par contre, si le Plan B était en vente libre, il ne serait plus couvert par les régimes d'assurance. La vente libre fait aussi peur à v certaines personnes qui craignent une utilisation abusive ou une augmentation de l'activité sexuelle sans protection chez les jeunes. D'autres pensent qu'une trop grande accessibilité à la pilule du lendemain pourrait décourager les femmes à se trouver des moyens contraceptifs à long terme, ce qui n'a jamais été démontré.

La FQPN s'est donc positionnée, à l'instar du Réseau canadien pour la santé des femmes, en faveur de la vente libre du Plan B accompagnée d'une campagne de promotion et d'information sur son mode d'utilisation. Nous ne croyons pas, par contre, que le gouvernement québécois, qui vient tout juste d'adopter des mesures facilitant l'accès gratuit à la contraception orale d'urgence, sera ouvert, à court terme, à aller encore plus loin en matière d'accessibilité. Nous ne ferons donc pas de représentations en ce sens. Mais nous poursuivons notre réflexion afin de trouver des solutions intéressantes au dilemme du coût de la pilule en vente libre et nous suivrons avec intérêt la décision de la FDA.

   
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