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L’INJECTION CONTRACEPTIVE

AUTRES APPELLATIONS

  • Le Depo-Provera ; le Depo ; le contraceptif injectable ; le progestatif injectable ; la piqûre ; l’injection d’acétate de médroxyprogestérone-retard (AMPR).

DESCRIPTION

  • L’injection contraceptive est un contraceptif donné en injection profonde dans un muscle (bras, cuisse ou fesse) à tous les trois mois.
  • L’injection est un contraceptif hormonal qui ne contient qu’un seul type d’hormone, soit un progestatif (acétate de médroxyprogestérone-retard).
  • Il n’existe qu’une marque d’injection contraceptive au Canada : Depo-Provera.
  • Ce contraceptif remplace le cycle menstruel naturel de la femme par un cycle menstruel artificiel.
L’injection contraceptive ne protège pas contre les infections transmissibles sexuellement (ITS) ni contre le VIH.


FONCTIONNEMENT

L’injection contraceptive agit de différentes façons :

  • inhibe l’ovulation ;
  • épaissit la glaire cervicale, ce qui nuit au passage des spermatozoïdes vers l’utérus ;
  • amincit l’endomètre (la paroi de l’utérus), ce qui a pour effet de nuire à l’implantation.

UTILISATION

Il est fortement recommandé de lire le feuillet d’informations fourni avec le contraceptif.

  • Consulter d’abord un médecin afin d’obtenir une ordonnance.
  • La première injection doit être administrée dans les cinq premiers jours du cycle menstruel. De cette façon, l’injection est efficace dès le jour de l’injection.
  • La première injection peut également se faire à un autre moment du cycle. Il faudra cependant utiliser une autre méthode contraceptive non hormonale (telle que le condom) pendant sept jours afin d’éviter une grossesse.
  • Les injections suivantes devront se faire à environ tous les trois mois, soit entre la 10 e et la 13 e semaine après l’injection précédente. L’intervalle entre les injections ne doit pas dépasser 13 semaines.
  • Si l’intervalle de 13 semaines entre 2 injections est dépassée, lire attentivement les instructions du feuillet d’informations ou encore appeler son médecin, son pharmacien, le service Info-santé ou un organisme de références.
  • En raison des risques de l’injection contraceptive sur la santé (voir les informations complémentaires), son utilisation doit être réservée aux femmes pour qui les autres méthodes contraceptives ne conviennent pas, et la période d’utilisation doit être la plus courte possible.

CONTRE-INDICATIONS

Les femmes qui sont dans les situations suivantes ne doivent pas prendre l’injection contraceptive :

  • femme qui n’a pas encore eu de règles ;
  • femme qui allaite et qui a accouchée depuis moins de six semaines [note 1] ;
  • a des saignements vaginaux anormaux ou inexpliqués ;
  • a des facteurs de risques liés à des problèmes cardiovasculaires ;
  • fait de l’hypertension artérielle ;
  • souffre de troubles thromboemboliques ;
  • a déjà eu un accident vasculaire cérébral ;
  • a un cancer du sein ou est en rémission ;
  • souffre de diabète accompagné de problèmes rénaux, neurologiques ou d’affections de la rétine ;
  • souffre d’une maladie du foie (hépatite, cirrhose, tumeurs) ;
  • souhaite devenir enceinte dès l’arrêt de la contraception.

EFFICACITÉ

  • Taux théorique : 99,7 %
  • Utilisation courante : 97 à 99,7 %

Deux médicaments (l’aminoglutéthimide et la névirapine) réduisent l’efficacité de l’injection contraceptive.

EFFETS INDÉSIRABLES

L’injection contraceptive est un contraceptif sur lequel les femmes n’ont pas de contrôle. Une fois injecté, son effet se prolonge durant trois mois. Ainsi, en cas d’effets indésirables importants, les femmes ne peuvent pas cesser son utilisation.

Les réactions de chaque femme à la prise d’hormones sont uniques. Néanmoins, voici la liste des effets indésirables les plus fréquents, en ordre d’importance :

  • irrégularités menstruelles : saignements irréguliers ou imprévisibles ou, plus rarement, saignements abondants et continus ;
  • absence de menstruation (chez plus de 55 % des femmes après une année
    d’utilisation) ;
  • gain de poids [note 2];
  • maux de tête ;
  • troubles abdominaux (crampes, ballonnements de l’estomac ou de l’intestin) ;
  • nervosité ;
  • étourdissements ;
  • baisse de la libido ;
  • fatigue chronique ;
  • nausées ;
  • hypersensibilité des seins ;
  • sentiment de dépression ou aggravation d’un état dépressif.

Les effets de l’injection contraceptive peuvent persister jusqu’à six mois après la dernière injection.

RISQUES POUR LA SANTÉ

  • Diminution importante de la densité osseuse qui s’accroît avec la durée d’utilisation du contraceptif et qui pourrait ne pas être entièrement réversible (lire les informations complémentaires à ce sujet).
  • Risque de fractures et d’ostéoporose.
  • Pour les adolescentes qui sont toujours en développement, la perte de densité osseuse pourrait entraver l’atteinte du niveau maximal de la masse osseuse.
  • Pour les femmes qui approchent la ménopause, la possibilité de restaurer leur densité osseuse avant la ménopause pourrait être perdue.
  • Légère augmentation du risque de cancer du col utérin.

AVANTAGES

  • Ne nécessite pas une attention quotidienne.
  • Peut convenir aux femmes qui ne peuvent pas prendre d’oestrogènes.
  • Peut convenir aux femmes qui allaitent (six semaines après l’accouchement) [note 1].
  • Peut convenir aux femmes de plus de 35 ans ou aux fumeuses (quel que soit leur âge).
  • N’entrave pas la spontanéité durant les rapports sexuels.

INCONVÉNIENTS

  • Requiert une prescription médicale.
  • Cette méthode ne peut pas être cessée immédiatement si des effets indésirables se produisent.
  • Le retour à la fertilité peut se faire attendre en moyenne jusqu’à 9 mois après la dernière injection. En fait, 6 mois seront nécessaires avant que le cycle menstruel régulier soit rétabli. Seulement 50 % des femmes qui le souhaitaient sont devenues enceintes 10 mois après l’arrêt de la méthode et 90 % le sont devenues deux ans après la dernière injection.
  • Provoque l’arrêt des menstruations chez 55 à 60 % des femmes après un an d’utilisation.
  • Diminue la possibilité pour les femmes de bien connaître le fonctionnement de leur corps et de leur cycle menstruel.

COÛT

  • Entre 38 $ et 40 $ pour trois mois (l’injection contraceptive est couverte par les régimes d’assurances public et privés).

OÙ SE LA PROCURER

  • Disponible dans la majorité des pharmacies avec présentation d’une prescription médicale.

INFORMATIONS COMPLÉMENTAIRES

  • L’injection contraceptive est un contraceptif hormonal compatible avec l’allaitement. Il faut tout de même attendre au moins 6 à 8 semaines afin de laisser le temps à la production de lait maternel de bien s’établir. Il existe très peu d’études sur la contraception hormonale et l’allaitement. Les informations quant aux impacts sur la production de lait ainsi que sur les effets sur le nourrisson sont donc encore très limitées.
  • Le Depo-Provera est un médicament qui a d’abord été conçu pour le traitement de l’endométriose et de certains cancers. Son utilisation comme contraceptif a été approuvé au Canada en 1997, après avoir essuyé trois refus de la part de Santé Canada. Les groupes de femmes, dont la FQPN, se sont opposés à son approbation comme contraceptif en raison des risques pour la santé que ce contraceptif comporte (notamment la perte de densité osseuse) et de ses nombreux effets indésirables importants.
  • L’effet de l’injection contraceptive sur la perte de densité osseuse a longtemps été objet de controverses. Une faible densité osseuse peut nuire au développement et à la solidité des os, menant à des risques accrus de fractures et d’ostéoporose à un âge plus avancé. Ce risque est d’autant plus important chez les adolescentes qui sont toujours en pleine croissance et qui se trouvent dans la période où le niveau maximal (le pic) de la masse osseuse est habituellement en voie d’être atteint. Nous ne savons pas si la perte de densité osseuse occasionnée par l’injection contraceptive peut nuire à l’obtention de ce niveau maximal, même après avoir cessé de l’utiliser. Le milieu médical a longtemps soutenu que la perte de densité osseuse occasionnée par l’injection contraceptive était réversible, c’est-à-dire qu’elle pouvait être récupérée une fois qu’on cesse d’utiliser ce contraceptif. Cependant, en juin 2005, Santé Canada et le fabricant du produit ont émis un avertissement qui reconnaît que l’utilisation du Depo-Provera est associée à une perte notable de densité minérale osseuse qui pourrait ne pas être entièrement réversible. Pour cette raison, le recours au Depo-Provera doit être réservé aux situations où les autres méthodes contraceptives ne conviennent pas, et la période d’utilisation doit être la plus courte possible.
  • Pour toutes ces raisons, la FQPN recommande la prudence à toutes les femmes qui envisagent d’utiliser l’injection contraceptive et de la considérer comme une méthode de dernier recours.

Notes

  1. Selon l’Organisation mondiale de la santé, on peut craindre des risques pour le nouveau-né s’il est exposé aux progestatifs via le lait maternel pendant les six premières semaines après l’accouchement. Pour les femmes qui allaitent, la prise de progestatifs ne devrait donc pas être entamée avant six semaines après l’accouchement.
  2. Selon une étude récente (2006) effectuée auprès de 450 adolescentes âgées de 12 à 18 ans, l’injection contraceptive provoquerait un gain de poids encore plus marqué (de l’ordre de 9,4 kg) chez les adolescentes obèses. L’étude conclut donc que la contribution potentielle du Depo-Provera à l’obésité sévère est préoccupante.

 

Dernière mise à jour : juillet 2007

   
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