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L'AVORTEMENT TOUJOURS MENACÉ

Motion M-83
Fermeture de la Clinique de Notre-Dame

Motion M-83
Toujours active sur le dossier de l'avortement, la FQPN a dû déployer son réseau d'action à deux reprises l'automne dernier pour répondre à la conjoncture qui s'attaquait aux services d'avortement et de planning en général.

En effet, le 30 septembre dernier, la Chambre des communes devait réagir à la motion M-83 qui menaçait le droit à l'avortement. Cette motion, déposée par un député de l'Alliance canadienne, demandait à ce que le Comité permanent de la santé évalue les risques pour la santé auxquels s'exposent les femmes qui se font avorter, par rapport à celles qui mènent leur grossesse à terme. Dans un deuxième temps, elle proposait que soit examinée la nécessité médicale de la pratique de l'avortement pour protéger la santé, éviter la maladie ou diagnostiquer ou traiter une blessure, une maladie ou une incapacité.

Même si cette motion avait peu de chance de passer à la Chambre des communes, la FQPN a tout de même lancé une campagne courriel auprès de son réseau d'action pour faire connaître sa position à l'ensemble des députés fédéraux et pour souligner la fragilité de ce droit que plus d'un s'acharne à remettre en cause. Pour la FQPN, de vouloir comparer les risques d'un IVG pour la santé des femmes avec ceux liés à une grossesse menée à terme détournait le débat du véritable enjeu : celui de pouvoir exercer le libre choix à la maternité. La décision d'interrompre une grossesse n'est jamais facile et représente l'aboutissement de la réflexion d'une femme ou d'un couple sur son désir ou non d'avoir un enfant à un moment précis dans sa vie. Les conséquences sur la santé mentale et physique des femmes à qui l'on refuserait l'avortement seraient majeures, sans compter les séquelles sur les enfants non désirés qui naissent. Par ailleurs, IVG, lorsqu'elle est effectuée dans des conditions sécuritaires comporte moins de conséquences psychiques négatives que la naissance d'un enfant non désiré. II est également faux de prétendre que l'avortement a des conséquences graves pour!a santé physique des femmes.

Résultats? Suite au lancement de la campagne, de nombreux députés nous ont écrit pour nous appuyer dans cette démarche. D'ailleurs, le 30 septembre 2003, la grande majorité d'entre eux votait contre la motion M-83.

Fermeture de la Clinique de Notre-Dame
Mais tout n'était pas fini. Au même moment, on apprenait avec stupéfaction que la clinique de planning des naissances de l'hôpital Notre-Dame, première clinique de planning au Québec, fermerait ses portes le 5 décembre 2003 sans justification évidente. Pourtant cette clinique desservait plus de 4 000 femmes et pratiquait 500 avortements annuellement. Cette fermeture a été justifiée par les démarches de redressement des finances de l'hôpital Notre-Dame. Comme chaque département se devait de récupérer un peu d'argent, le département de médecine générale a mis le couteau dans les services de planning qui, dans les faits, représentaient une part insignifiante de l'ensemble des dépenses générales du département.
Bien que les 500 avortements annuels aient été transférés à l'hôpital LaSalle, la fermeture de la clinique de planning de l'hôpital Notre-Dame constitue une perte énorme au niveau de l'expertise en planning des naissances au sein d'un service qui existait depuis plus de 30 ans et qui demeurait, pour plusieurs femmes, le lieu premier de référence. II s'agissait aussi d'un des seuls centres hospitaliers à offrir un service téléphonique personnalisé pour les rendez-vous en avortement, cinq jours par semaine. De plus ce transfert signifie que 500 femmes devront, chaque année, parcourir un long trajet en métro et en autobus pour se rendre à LaSalle...et en revenir!

Même si cette décision était irréversible, la FQPN a voulu décrier cette fermeture par le biais d'un communiqué, signé conjointement avec le Comité vigilance (qui regroupe les professionnels de la santé travaillant dans les services d'interruption volontaire de grossesse à travers le Québec).

Pour la FQPN, cette fermeture constitue, encore une fois, un recul dans l'accessibilité aux services de planning des naissances, mouvance qui risque de s'accentuer dans un contexte de fusion des établissements et de délaissement des services de première ligne vers ceux de troisième ligne ultra spécialisés. Ainsi, il y a lieu de se questionner sur la place qui sera faite aux services de planning qui sont davantage de l'ordre de la prévention et qui répondent aux besoins essentiels de base des femmes qui y ont recours tout au long de leur vie sexuelle et reproductive.

   
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