La Société des obstétriciens et gynécologues
du Canada n’appuie pas les césariennes de convenance: «À
l’heure actuelle il n’y a aucune indication à l’effet
que les césariennes sont plus sécuritaires pour la mère
et le bébé que l’accouchement par voie vaginale».
Pour l’Association canadienne des sages-femmes, «offrir
à toutes les femmes la possibilité de choisir une césarienne
n’est pas sécuritaire, en plus d’être contraire
à l’éthique. Ce n’est pas en disposant d’un
«menu» de choix que les femmes pourront se prendre en main,
mais plutôt en participant à un processus de prise de décisions
partagée.»
Parmi les arguments invoqués aux États-Unis pour élargir
l'accès à la césarienne, on plaide le droit à
l'autonomie des femmes de réclamer une telle intervention, si rien
ne permet au médecin de conclure qu'une césarienne nuit
à la santé générale de la mère et de
l'enfant.
Selon le consensus international de 1997, les césariennes ne
sont nécessaires et bénéfiques que dans 10 à
15% des naissances. Des taux élevés de césariennes
ne sont pas souhaitables parce qu’ils sont associés à
des taux plus élevés de morbidité et de mortalité
de la mère, à une augmentation de problèmes psychosociaux
de la mère et à des coûts de santé plus élevés.
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RISQUES
ASSOCIÉS À UNE CÉSARIENNE
Les risques reliés à un accouchement naturel sont toutefois
augmentés lorsqu’on doit procéder à une césarienne
effectuée d'urgence et, à l'heure actuelle, jusqu'au tiers
des accouchements dits normaux se terminent par une telle procédure.
Des données indiquent que lors d'une présentation du bébé
par le siège, les risques encourus par la mère et le bébé
sont environ 10 fois plus élevés lors d'un accouchement
vaginal que lors d'une césarienne planifiée. Les risques
d’une césarienne d’urgence dans ce cas sont de 40%.
Pour la mère:
- bien que très faible, le taux de mortalité maternelle
est plus élevé lors d’une césarienne que
par un accouchement naturel (5,9 pour césarienne sur demande,
18,2 pour une césarienne d’urgence comparativement à
2,1 pour accouchement naturel sur 100 000 grossesses à terme
en Angleterre);
- réactions à l’anesthésie et autres complications
possibles liées à la chirurgie;
- hémorragies;
- atteintes possibles à la vessie, à l’intestin
et aux vaisseaux sanguins;
- hospitalisation et période de rétablissement plus longues
et possibilité accrue de retour à l’hôpital
en raison d’une plus grande probabilité d’infection;
- douleurs qui durent plus longtemps (plusieurs semaines après
l’accouchement);
- impact possible sur les premiers rapports avec le bébé:
premier contact plus tardif avec le bébé et difficulté
accrue d’allaitement au sein (la montée de lait peut être
plus tardive);
- possibilité que d’autres interventions chirurgicales
s’avèrent nécessaires ultérieurement, notamment
l’hystérectomie;
- risque de complications accrues lors des grossesses subséquentes
(saignements abondants, grossesse ectopique, difficultés avec
le placenta et rupture de la cicatrice utérine);
- difficulté accrue de devenir enceinte dans l’avenir.
Pour l’enfant:
- problèmes de respiration, notamment une incidence accrue de
détresse respiratoire néonatale;
- plus grande susceptibilité de souffrir d’asthme durant
l’enfance ou à l’âge adulte;
- risque de subir une coupure accidentelle au cours de la chirurgie,
même si cette coupure est souvent bénigne;
- premier contact avec la mère retardé;
- probabilité moindre de bénéficier de l’allaitement
au sein.
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BÉNÉFICES
D’UNE CÉSARIENNE
- réduire le risque d’incontinence urinaire;
- pas de douleur reliée au travail;
- diminution de l’anxiété reliée au travail
ou à la naissance;
- moins d’inquiétude face à la santé du bébé;
- capable de planifier l’heure exacte de la naissance;
- éviter une naissance avec le monitoring du cœur fœtal,
l’induction du travail, l’épidurale, l’utilisation
de forceps, l’épisiotomie, une rotation du personnel qui
peut aussi ne pas sembler naturel.
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ENJEUX
SOCIAUX
Les recherches sur les césariennes non requises pour raisons
médicales sont rares. Nous n’avons pas toute l’information
nécessaire pour évaluer les risques que peuvent encourir
les femmes et leurs bébés en subissant ce genre de césarienne.
On remet en question la capacité des femmes à accoucher
naturellement. Les femmes n’ont pas assez de soutien.
Dernièrement, on attribuait la hausse du taux de césarienne
à un problème de surmédicalisation de l'accouchement,
au détriment du choix des femmes. Aujourd'hui, il semble que ce
soit au nom du droit de décider pour elles-mêmes que plusieurs
femmes réclament cette intervention.
Les coûts associés à cette intervention sont énormes
et plus coûteux qu’un accouchement naturel. On mobilise une
salle d’opération, tout le personnel et l’équipement
alors que les urgences sont engorgées et que l’on fait face
à une pénurie de médecins et d’infirmières.
La rémunération du médecin est plus élevée
s'il pratique une césarienne plutôt qu'un accouchement par
voie vaginale.
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PISTES
DE RÉFLEXION
Les femmes choisiraient-elles la césarienne si:
- elles avaient tout le soutien nécessaire pour les préparer
et les soutenir lors d’un accouchement par voie naturelle?
- elles connaissaient tous les risques et conséquences d’une
césarienne?
- elles pouvaient choisir l’endroit et le type de professionnel-le
avec qui elles souhaitent accoucher?
- les milieux hospitaliers adoptaient une philosophie voyant dans l’accouchement
un processus physiologique normal?
- les milieux hospitaliers s’engageaient à prodiguer des
soins individualisés pendant la phase active du travail?
Quels sont les avantages pour les obstétriciens de planifier une
césarienne élective?
Fait important: 25% des femmes disent qu’elles
aimeraient avoir les services d’une sage-femme, les sages-femmes
assistent seulement 3% des naissances au Canada. Les services d'une sage-femme
ne sont pas couverts dans six provinces canadiennes et au Yukon et les
femmes doivent payer jusqu’à 2 500 $ pour avoir la présence
d’une sage-femme lors de leur accouchement.
Comment les médecins peuvent-ils considérer les césariennes
de convenance comme une option possible et un choix éclairé
alors que des données critiques sur les effets qu’elles peuvent
avoir sont inexistantes ou insuffisantes?
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QUESTIONNEMENTS
- Est-ce que la césarienne élective accroît l’autonomie
des femmes en matière de santé reproductive?
- Comment répond-t-on quand on nous dit que la césarienne
est une question de choix?
- Qu’est-ce qui nous préoccupe le plus par rapport à
la césarienne?
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RÉFÉRENCES
- BRETON, Pascale, «Le taux de césariennes grimpe à
22,5%», La Presse, jeudi 22 avril 2004, p. A6.
- Conseil ontarien des services de santé pour les femmes, «Pratiques
exemplaires concernant les césariennes», 2 octobre 2000.
- CAREY, Elaine, Caesarean births reach all-time high in Canada, 22
avril 2004.
- FREKETICH, «Caesarean births climbing», The Hamilton Spectator,
22 avril 2004.
- LIPPMAN, Abby, «La césarienne sur demande. Plus qu’une
simple question de choix». Le Réseau, été/automne
2004.
- LIPPMAN, Abby, «Volte-face dans la lutte contre la césarienne»,
Globe and Mail, 3 mars 2004, p A21.
- ST-JACQUES, Sylvie, «Pousser, moi?», La Presse, 16 novembre
2003.
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