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« Connue des autorités civiles et religieuses, la pratique des avortements clandestins est assez répandue. Par exemple, en 1924, « un avocat siégeant à la Commission d’enquête Coderre sur la police de Montréal mentionne 25 maisons de la rue Saint-Denis, entre les rues Craig et Roy, où se pratiqueraient des opérations illégales ». Mais il est impossible d’en évaluer le nombre, car seuls ceux qui se terminent par des complications médicales ou qui sont suivis d’un décès sont révélés au grand jour.

Selon le Bureau fédéral de la statistique (BFS), pour la période de 1960-1966, l’avortement, avec ou sans mention d’infection ou de toxémie, a causé le décès de 150 femmes, et ces chiffres officiels seraient bien en deçà de la réalité ! À titre d’indicateur de l’ampleur du phénomène, le BFS rapporte en 1968 43 491 hospitalisations de Canadiennes pour des complications résultant d’un avortement légal ou illégal3. En 1966, toujours selon le BFS, l’avortement était la principale cause d’hospitalisation des femmes avec 45 482 admissions et en 1962, il atteignait le chiffre record de 57 617 admissions4. La difficulté d’établir la preuve et l’absence de témoin font en sorte qu’il y aura peu de poursuites judiciaires.

Ainsi, les rapports annuels fédéraux sur la criminalité ne rapportent que « 77 accusations d’avortements et de tentatives d’avortement au Québec de 1919 à 1939, dont 58 se soldèrent par des condamnations ». Pour la période de 1960 à 1966, 215 personnes ont été accusées au Canada d’avortement et de tentatives d’avortement, en vertu des articles 237 et 238 du Code criminel; sur ce nombre, 160 furent déclarées coupables.»

Source : Louise Desmarais, La bataille de l’avortement. Chronique québécoise, Les éditions du remue-ménage, Montréal, 2016, p. 24-25.

Voici également une liste de documents à consulter en lien avec l'avortement:

Date de dernière modification : 23 janvier 2018

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