Le Sommet ACSEXE+ le 17 juin prochain: save the date !

Note: traduction à venir.

FORMULAIRE D’INSCRIPTION ICI !

La Fédération du Québec pour le Planning des Naissances annonce la tenue du tout premier Sommet ACSEXE+: Sexualités, accessibilité et handicaps !

Au menu: santé sexuelle, consentement, dynamiques relationnelles, sextoys (oui oui!), communication, rencontres, diversité sexuelle, pluralité des genres et plus encore ! 

L’événement se tiendra dimanche le 17 juin prochain de 9h à 20h à la Maison du Développement Durable, au 50, Sainte-Catherine Ouest, Tio’tia:ke (Montréal), QC, H2X 3V4, dans la salle Clark.

La Maison du Développement Durable (MDD) est entièrement accessible aux personnes utilisant des appareils de mobilité. La station de métro accessible la plus près est Berri-UQAM (à environ 10 minutes, pente douce descendante vers la MDD via la rue Sainte-Catherine).

Les présentations seront offertes en anglais avec traduction simultanée en français et en LSQ.

LE FORMULAIRE D’INSCRIPTION SERA DISPONIBLE SOUS PEU!
Pour être tenu.e au courant, gardez un oeil sur nos réseaux sociaux (Facebook et Twitter).

EN VEDETTE…

SHAY ERLICH         JENNA ROY       KIRSTEN SCHULTZ         ABBY KIDD
… et vous !

Les ateliers présentés durant la journée

« From medical to sexual: negotiations of consent » par Shay Erlich et Jenna Roy

« The notion of « consent » can be complex for disabled people in a world where worthiness can be judged by the willingness to offer one’s consent. Within the disabled world it is expected that we give free consent over our bodies to medical practitioners, attendants, and to those in the community who « just want to help. »Failure to provide this consent can be used as a basis for withdrawal of services and supports and can earn the label of non-compliance. How then is it possible to empower disabled people to make decisions about consent and enforce their consent in relationships that are not bound in coercion? This workshop will explore the various settings where disabled people are asked to provide consent and provide concrete tools and approaches to being able to more assertively enforce consent with medical practitioners, attendants/other disability support workers, community members, and significant others. »

« Hurts so good » par Kirsten Schlutz

« Kirsten has lived with chronic pain all their life. When they wanted answers about relationships, sex, illness, and more, they couldn’t find much. This presentation will cover the basics of how illness, pain, and disability affect our sexy times. We’ll talk about ways to fight that– from sexual health care and medications to relationship dynamics and communication tips. »

« Everybody’s doing it: Talking About Sex and Disability » par Abby Kidd (Venus Envy)

« It’s a persistant myth that good sex should be spontaneous and should involve (at least!) one party member hanging upside down with their legs wrapped around their ears. At Venus Envy we know that everyone and anyone can have hot sex, regardless of abilities, shapes, sizes, colours, gender, orientation, etc. In this workshop we will outline ways in which folks who experience pain, or altered mobility and/or sensation, can spice up their sex life using toys and position accessories. »

« Queer crip discussion space » par Shay Erlich et Jenna Roy

« A space designed for individuals who are both disabled and queer. Members from the LGBTQ2IA+ community who are disabled often face unique challenges that others who do not live at this intersection of identity may not fully understand or acknowledge.  This discussion space is where individuals can gather to share knowledge and ideas for future mobilization towards building community. »

Nous terminerons la journée avec une activité de speed dating avec Rencontre Adaptée.

Tarifs

La contribution suggérée pour l’ensemble de la journée est de 75$.

Contribution libre: notez qu’il y aura une option disponible pour les personnes dont les revenus ne permettent pas la contribution suggérée. Personne ne sera refusé par manque de fonds.

Une option sera également offerte à celles et ceux qui souhaitent payer au suivant (leur propre contribution et celle d’une autre personne aux revenus plus faibles).

Il sera possible de s’inscrire pour une partie de la journée seulement (matin, après-midi ou fin de journée) ou pour l’ensemble de la journée. Le montant de l’inscription sera à remettre à votre arrivée en argent comptant.

Les contributions suggérées servent à couvrir différents frais comme les repas (végétariens!) offerts et aussi par solidarité pour les  participant.e.s les plus éloigné.e.s ou à faibles revenus.


Informations supplémentaires

Vous aimeriez être bénévole durant le fantastique événement que sera le premier SOMMET ACSEXE+ ?

Vous aimeriez héberger des gens qui souhaitent participer au Sommet mais qui habitent à l’extérieur de la métropole ?

Vous désirez tenir un kiosque pour promouvoir vos activités pendant la journée – moyennant certains frais ?

Vous aimeriez être présentateur.trice pour le prochain Sommet (en français cette fois) ?

Vous avez des questions ? Des suggestions ? Des idées pour un afterparty accessible, agréable et sexy ?

N’hésitez pas à contacter Marie-Édith Vigneau, responsable du projet ACSEXE+, à mevigneau@fqpn.qc.ca ! Au plaisir ! 

HandyLover, la sexualité décomplexée

Article publié le 7 septembre 2017 sur le site Internet 7 à Poitiers.

Innovation technique pour les personnes handicapées, le HandyLover ?« made in Poitiers » a pour but de leur faciliter l’accès à une sexualité sans complexe. Mais pour le vendre, son concepteur va devoir lever un vrai tabou.

Le HandyLover est prêt. Bardé d’accessoires, ce siège coulis- sant modulable est né dans la Vienne. Le « 7 » évoquait déjà la mise au point d’un prototype en 2015 (n°269)… Sa vocation consiste à apporter une aide technique aux personnes handicapées physiques désireuses de maintenir une activité sexuelle. « Cet appareil répond à toutes les orientations et pratiques des utilisateurs, sans discrimination : hétérosexuelles, homosexuelles, bisexuelles, précise son concepteur Rodolphe Brichet. Il est aussi bien destiné aux personnes seules à mobilité réduite qu’aux personnes valides, ce qui permet son utilisation en couple « mixte ». »

Dans l’esprit de cet ingénieur spécialisé en ergométrie, l’idée a germé en 2014. Sans hésiter, il a créé une entreprise baptisée Mobility Desire et hébergée au sein de la pépinière de la Technopole du Futuroscope. Son objectif consiste à développer un produit fiable, en s’appuyant sur des compétences accumulées auprès des chercheurs en mécanique du geste sportif de l’université de Poitiers. Mais c’est en 2016 que les événements se sont accélérés. Le HandyLover a reçu le prix international de l’innovation de l’Unesco pour « la santé sexuelle et les droits humains ». Rien que cela ! Spécialisé dans ce domaine depuis plus de vingt ans, l’hôpital Henry-Gabrielle de Lyon lui a apporté sa caution médicale. Le concept séduit. En juin dernier, le projet a même été primé lors d’un concours national organisé par l’Ocirp (une référence en matière de prévoyance santé), dont le jury était présidé par le généticien Axel Khan.

« Oser l’acheter« 
Tout semble sourire à Rodolphe Brichet, qui est pourtant confronté à un sérieux obstacle. En France, la sexualité comme le handicap sont des sujets tabous. Autant dire que cet objet n’est pas facile à com- mercialiser. « Indépendamment de la reconnaissance et de l’intérêt portés par le corps médical, il faut que le HandyLover soit connu et expliqué aux utilisateurs », reconnaît le chef d’entreprise. Autrement dit, les personnes en situation de handicap vont devoir  « oser acheter » cet équipement. Première note d’optimisme, le réseau Harmonie Médical Service vient d’ajouter le HandyLover à son catalogue et sur Amazon. De quoi booster les ventes. Par ailleurs, Rodolphe Brichet offre quinze jours d’essai et une promotion à tous ceux qui s’engagent à laisser un com- mentaire sur leur expérience. « J’ai besoin de témoignages d’utilisateurs pour convaincre les plus réticents », explique l’intéressé.

Tous ces éléments mis bout à bout confortent l’enthousiasme du fondateur de Mobility Desire, qui admet « ne pas encore se rémunérer ». Seize configurations différentes ont déjà été dessinées. Reste à trouver la trésorerie pour les développer et montrer à nouveau que les Français de- meurent les experts de l’amour sous toutes ses formes.

5 conseils pour trouver l’amour en ligne lorsqu’on a un handicap

Article publié le 12 février 2016 sur le site Internet Ici Radio-Canada.

Quand handicap ne rime pas nécessairement avec asexualité

Article publié le 24 mai 2017 sur le site Internet Le cabinet de curiosité féminine.

Deux sociologues, Johann Chaulet qui a bien voulu répondre à  mes questions, et Sébastien Roux ont décidé de bousculer les idées reçues et de faire tomber les barrières en matière de sexualité et de handicap. Une démarche audacieuse et passionnante.

Johann âgé de 36 ans, est atteint de myopathie des ceintures. Son état nécessite une assistance respiratoire, ainsi qu’une présence humaine permanente. Il a 8 ans quand tombe le diagnostic. Et marchera encore jusqu’à l’âge de 11 ans. Le choc de l’annonce passé, ses parents se battront pour qu’il mène une vie la plus ordinaire possible et qu’il soit scolarisé comme tous les enfants de son âge. Mais Johann veut davantage, gommer au maximum sa maladie. Cette volonté lui permettra, notamment, de faire des études supérieures et de mener une vie sexuelle la plus épanouissante possible. Aujourd’hui sociologue, il est en couple depuis 2 ans. Portrait d’un homme lumineux.

Vous avez publié un article à propos de votre vie sexuelle. Comment est née cette idée ?

J’étais à un tournant dans ma vie sentimentale, avec des questionnements sur ma sexualité, quand un nouveau chercheur a été recruté dans mon labo. Nous sommes rapidement devenus amis, puis confidents. Sébastien travaillait sur ce type de sujet et nous avons pensé faire de nos conversations amicales un objet de recherche. La méthode consistait à répondre à ses questions qui orientaient le débat. Nous nous sommes réunis 5 ou 6 fois pour des échanges enregistrés, qui duraient deux heures environ. Au départ, on pensait écrire un livre, mais finalement on a décidé de commencer par retranscrire notre travail dans un premier article construit autour d’un récit auto-ethnographique.

Y avait-il une démarche militante derrière cette envie de vous mettre en récit?

Au départ non. Ce travail est né de la fin difficile d’une relation amoureuse. J’ai douté pour la première fois de mes aspirations à une vie sexuelle et sentimentale ordinaire en mettant, à tort, sur le compte de mon handicap les complications sexuelles apparues peu avant le terme de cette histoire. Mais très vite l’aspect militant est apparu. Je souhaitais que mon questionnement se fasse en dehors de tous les débats institutionnels sur la sexualité. Moi je ne réclame rien, aucune mesure compensatoire en raison de ma situation. Je voulais seulement montrer que malgré les difficultés, un épanouissement sentimental et sexuel est possible.

Vous « revendiquez » donc plus qu’une relation sexuelle tarifée avec une assistante comme en Suisse par exemple ?

Je ne nie pas que cela puisse apparaître pour certains comme une nécessité et je ne veux pas faire de ma situation personnelle une généralité. Pourtant  je pense que ce type de dispositif, et surtout le fait qu’il concentre toute l’attention sur nous peut avoir des effets pervers. Il peut en effet conduire à nous catégoriser davantage. Cela sous entendrait également que nous n’avons pas la possibilité d’avoir une vie sexuelle basée sur un désir et une attirance réciproques. De plus, il semble inenvisageable d’aller trouver la MDPH en réclamant des moyens, ne serait-ce que matériels, pour une sexualité épanouie. Mais peut-être que si quelqu’un le faisait, ça ferait évoluer les mentalités.

Vous dites qu’en dehors de cette rupture, vous n’avez jamais douté de la possibilité de parvenir à une vie sexuelle et amoureuse. Y compris à l’adolescence ?

A cette même époque j’ai pris mes distances avec les associations et les institutions parce que je voulais que ma maladie « disparaisse ». Je refusais d’être stigmatisé avec un rôle à minima. J’étais décidé à faire des études, à voyager, à « baiser », etc. Cette volonté m’a permis de repousser mes limites. J’ai préféré envisager ce que je pouvais faire plutôt que ce que je ne pouvais pas faire.

A la lecture de votre récit, on comprend qu’il vous a fallu faire preuve d’inventivité pour parvenir à cette intimité épanouissante à la fois pour vous et votre amie :

Oui, il s’agit en même temps d’une sexualité ordinaire, un mec qui baise avec une femme et d’une situation qui reste unique et spécifique. Moi qui suis plutôt sexuellement dominant, il a fallu que malgré mon incapacité à bouger, je trouve le moyen d’exercer cette domination en intimant des ordres à ma partenaire. Le fait d’y parvenir est d’autant plus puissant. Cependant, j’ai bien conscience que tout repose sur celle qui accepte de se faire guider pour m’aider à bouger. Il faut avoir présent à l’esprit que l’autre ne pourra ou ne voudra peut être pas. Mais cela ne m’est jamais arrivé, ce qui montre bien que c’est possible. Ma compagne actuelle a douté d’y parvenir au départ. Mais en expliquant et en donnant la direction, les craintes se dissipent.

Le fait de vous dévoiler si intimement dans ce récit a-t-il été difficile?

Je suis pudique pour l’autre, je ne veux pas imposer à l’autre mon impudeur. Il y a des gens autour de moi qui ont refusé de lire mon texte et je respecte totalement leur position. Mais ma situation m’a bien obligé à abandonner toute pudeur. Lorsque je sors, je dois demander à quelqu’un de m’accompagner pour aller aux toilettes et je suis nu devant ceux qui m’aident au quotidien depuis que j’ai 11 ans.

Enfin, mon amie et moi tenons un blog érotique avec des textes et des photos qui ont une visée artistique. Je pense aussi à un film qui montrerait la réalité du rapport sexuel, mais toujours dans un cadre artistique.

Au niveau sociologique, existe-t-il des données, des études sur sexualité et handicap?

En France, il n’existe pas de données chiffrées à ma connaissance. Cela reste tabou, même dans les associations dont certaines font, par ailleurs, un travail remarquable. Les parents d’enfant(s) en situation de handicap ne conçoivent pas pour eux la sexualité et la procréation. Ils considèrent que cela relève de l’impossible. Il faut être convaincu soi même pour convaincre les autres. Cependant, il y a des études de plus en plus nombreuses sur la question de la sexualité et du handicap, à la fois dans notre pays et aux Etats-Unis. En comparaison, les sociologues américains ont davantage développé le genre auto-ethnographique, en particulier sur ces thématiques. Ici, il reste très marginal.

Merci beaucoup à Johann pour ce témoignage riche d’enseignement. Le travail sociologique qui l’accompagne est rare et précieux. C’est grâce à des personnes telles que Johann que l’on peut espérer faire évoluer les mentalités et le regard que nous portons sur le handicap. Je ne saurais trop conseiller aux lecteurs d’aller lire son récit, très bien écrit qui plus est.

Réaction de Laurence Parent au documentaire Recontres particulières

Laurence Parent nous a autorisé à partager ce statut Facebook qu’elle a publié le 10 avril 2017:

L’an passé, j’ai donné une entrevue dans le cadre d’un documentaire sur l’assistance sexuelle « pour » les personnes handicapées. J’ai accepté en espérant apporter un regard critique sur cet enjeu. En gros, je trouve qu’il y a une tendance à résumer la sexualité des personnes handicapées à l’assistance sexuelle et je trouve que c’est important d’éviter de tomber dans ce piège. De plus, les médias parlent généralement exclusivement de la sexualité des hommes handicapés hétérosexuels.

La sexualité des personnes handicapées est tellement plus complexe. L’assistance sexuelle offerte par des travailleuses et travailleurs du sexe n’en est qu’une dimension qui, du même coup, comporte aussi son lot d’enjeux et de questions. Enfin bref.

Je reconnais toutefois la pertinence d’en parler. Parce que oui, des hommes handicapés ont exprimé le désir d’y avoir recours (note : les gens travaillant sur le documentaire n’ont pas trouvé une femme y ayant recours). Bon.

Le documentaire en question sera présenté demain à TV5. Une bande-annonce est disponible en ligne et deux articles ont été écrits sur le sujet. Un dans La Presse et un dans Le Devoir. Ce n’est pas rien! C’est plutôt rare que les grands médias francophones s’intéressent aux enjeux touchant les personnes handicapées.

J’ai toutefois, une fois de plus, été obligé de constater le recours aux traditionnels clichés capacitistes et j’ai ressenti un profond malaise.

Exemples :

Article de La Presse :
« plusieurs personnes souffrant de handicaps divers »
http://plus.lapresse.ca/…/9d20a680-45e6-47c9-8580-6c1cea8c6…

Article du Devoir :
« Entre libido et tendresse : Mathieu Vachon met en images la misère sexuelle des personnes handicapées »
http://www.ledevoir.com/…/documentaire-travailleuses-du-sex…

Dans la bande-annonce, une voix off dit : « On les imagine asexuées et quand on les touche, c’est pour des raisons médicales ou d’hygiène. »
Eh boy. Par où commencer? *À ceux et celles tenter de me dire « ouin mais c’est court une bande-annonce, on peut pas tout dire ». Je l’sais ben. Mais on peut dire les choses autrement pour éviter de contribuer à la stigmatisation que l’on prétend vouloir remettre en question.

1- Ce ne sont pas toutes les personnes handicapées qui sont touchées que pour des raisons médicales ou d’hygiène. Loin de là…
Plusieurs ont des vies sexuelles actives avec des partenaires handicapés et non-handicapés, toutes orientations sexuelles confondues.
Plusieurs ont été agressé sexuellement (les statistiques démontrent que les femmes handicapées vivent plus de violence sexuelle que les femmes non handicapées).
2- Ce « on » employé par la voix off exclue les personnes handicapées. En 2017, ne serait-il pas temps d’inclure les personnes handicapées dans ce « on » collectif? Ce serait déjà une avancée pour l’inclusion de la diversité sexuelle et des corps. Je dis ça de même.

Le fameux « tabou » relatif à la sexualité dépasse le débat sur l’assistance sexuelle. La bande-annonce et les deux articles cités plus haut en sont la preuve. La télé québécoise notamment regorge de clichés véhiculant l’idée selon laquelle les personnes handicapées n’ont pas de sexualité ou ne sont pas aptes à avoir une sexualité satisfaisante. (Je pense entre autres à l’émission Ruptures où la pauvre femme handicapée de Guillaume Lemay-Thivierge est si tristement confinée à un fauteuil roulant et est, ainsi, inadapte ou inintéressée à avoir une vie sexuelle avec son mari qui, lui, a ainsi toute la légitimité du monde à avoir une sexualité des plus passionnées avec l’héroïne de la série. %?&*(*&!!

Je suis impatiente de voir des représentations diversifiées qui auront, selon moi, des impacts plus grands pour lutter contre les préjugés et les « tabous » stigmatisant les sexualités des personnes handicapées.

Nouveau programme d’éducation à la santé sexuelle pour les adolescents ayant une déficience intellectuelle


Mauricie et Centre-du-Québec, le 17 mars 2017 – L’Institut universitaire en déficience intellectuelle (DI) et en trouble du spectre de l’autisme (TSA) profite de la vitrine qui lui est offerte en cette Semaine québécoise de la déficience intellectuelle pour annoncer le lancement prochain de son nouveau Programme d’éducation à la santé sexuelle pour les adolescents présentant une déficience intellectuelle (PÉSSADI). Le nouvel outil spécialisé sera présenté au cours du printemps en mode virtuel aux intervenants du réseau de la santé et des services sociaux, du réseau de l’éducation ainsi qu’aux membres d’ordres professionnels.

Ce programme viendra soutenir les intervenants dans leur accompagnement offert aux familles pour la mise en place des bases de la santé sexuelle auprès des adolescents, garçons et filles. Son objectif principal est de favoriser chez l’adolescent le développement des habiletés nécessaires à l’épanouissement de sa santé sexuelle.

Le PÉSSADI est conçu pour des jeunes âgés de 10 à 15 ans présentant une déficience intellectuelle légère ou moyenne. Ce programme comprend dix thèmes qui abordent la puberté et l’hygiène relative à la période d’adolescence. Il touche aussi les thèmes en lien avec les sentiments amicaux et amoureux à l’adolescence. Le programme est également un outil de prévention à l’égard des risques liés à la technologie (Internet, médias sociaux) ainsi que la prévention de l’agression sexuelle. Pour chacun des thèmes abordés, les parents et intervenants trouveront des activités à réaliser avec l’adolescent. De plus, certaines activités permettent de travailler l’expression des émotions et l’affirmation de soi.

Mme Carole Boucher, l’une des quatre co-auteurs du programme, explique que les grands principes du PÉSSADI sont de favoriser la connaissance de la réalité des adolescents qui présentent une déficience intellectuelle, de développer leurs habiletés sociales et relationnelles afin d’augmenter leur participation sociale. Le développement des habiletés sociales accentue l’autodétermination des adolescents et les incitent à se responsabiliser. « La responsabilisation ouvre toutes les portes à une meilleure santé sexuelle parce qu’elle permet aux adolescents de se prendre en main, de prendre des décisions éclairées, de se respecter et de respecter les autres, de poser des questions ou d’aller chercher de l’aide si nécessaire. Le but ultime est donc le bien-être des adolescents qui présentent une déficience intellectuelle », précise-t-elle.

De plus, ce programme favorise l’apprentissage de la responsabilisation dans la mesure des capacités des jeunes âgés de 10 à 15 ans, à travers les activités proposées. « Le programme éduque aussi sur plusieurs autres valeurs : l’égalité entre les hommes et les femmes, l’ouverture aux autres et le respect des différences, les relations interpersonnelles enrichissantes, les habiletés sociales respectueuses des codes, des normes et des lois, l’importance de la santé tant physique que psychologique pour tous et le respect du cheminement, considérant les caractéristiques de chaque individu », ajoute Mme Louise Labbé, également co-auteure du programme.

Inspirés des meilleures pratiques, les différents thèmes du PÉSSADI ont été élaborés à la suite de données recueillies dans le cadre des évaluations du Programme d’éducation à la vie affective, amoureuse et sexuelle (PÉVAAS) destinés aux adultes ayant une DI moyenne. Il répond également aux critères des lignes directrices sur la santé sexuelle proposées entre autre par l’Organisation mondiale de la santé et Santé Canada.

Défaire les préjugés sur la vie sexuelle des personnes handicapées

Article de Catherine Bouchard publié le 9 mars 2017 sur le site Internet de Radio-Canada Alberta.

De nombreux préjugés concernant la vie sexuelle des personnes handicapées demeurent bien présents dans la société. Des Albertains tentent toutefois de faire changer les mentalités en parlant ouvertement de cet enjeu.

Bean Gill a été paralysée des hanches jusqu’au bas du corps subitement en 2012 en raison d’un virus.

Alors nouvellement célibataire, elle a dû conjuguer avec de nouveaux problèmes d’estime de soi. « Je croyais que personne ne voudrait sortir avec moi. J’étais nouvellement célibataire. Je me sentais perdue », relate la jeune femme.

À mesure qu’elle retrouvait de la mobilité grâce à la réadaptation physique, la femme de 35 ans s’est mise à reconnecter avec sa sexualité, bien que les sensations sont devenues différentes. Certains aspects ont changé, tels des spasmes dans ses jambes.

Elle ne voulait toutefois pas, dans les premiers temps, recommencer à sortir avec des hommes, en raison de ses insécurités. C’est sa psychologue qui l’a convaincue de s’inscrire à un site de rencontres en ligne. Elle a mis des photos d’elle avec son fauteuil roulant.

« Je voulais faire cela pour les gars pour qui cela ne comptait pas [le handicap] et plusieurs d’entre eux m’ont contactée. Ça a été vraiment bien », raconte Mme Gill.

Selon elle, les personnes avec un handicap sont souvent perçues comme asexuées.

Michelle Bissell, atteinte de paralysie cérébrale et militante contre la stigmatisation des personnes handicapées, abonde dans ce sens. Elle indique que les gens présument souvent qu’elle ne peut avoir de relations sexuelles.

« Les gens tiennent pour acquis que je n’ai pas de relations sexuelles et que je ne suis pas un être sexuel­. […] C’est une partie de moi comme tout le monde », raconte Mme Bissell.

Elle croit qu’une meilleure sensibilisation et plus d’éducation sont nécessaires pour briser ces préjugés.

Nouvelle formation pour les intervenants

Depuis l’automne, un diplôme de deuxième cycle en santé sexuelle de l’Université de l’Alberta est offert. L’objectif est d’outiller les intervenants notamment sur la question de la sexualité chez les personnes en situation de handicap.

Le professeur en ergothérapie spécialisé en santé sexuelle chez les personnes avec un handicap, Shaniff Esmail, croit que les bénéfices d’une vie sexuelle active chez cette partie de la population sont nombreux, particulièrement pour les personnes nouvelles handicapées.

« Les personnes qui composent avec leur sexualité, qui ont rétabli leur intimité, cette partie de leur vie, ont tendance à avoir une bien meilleure qualité de vie, une estime de soi plus saine, une meilleure image de leur corps, tout cela », explique M. Esmail.

Boutique érotique

Le chercheur recommande d’ailleurs à ses patients de se rendre au Traveling Tickle Trunk, une boutique érotique d’Edmonton orientée sur l’approche positive de la sexualité. Le commerce sert beaucoup de personnes en situation de handicap.

Sa propriétaire, Brenda Kerber, est travailleuse sociale spécialisée en santé sexuelle de formation. Elle aide de nombreuses personnes handicapées à trouver le jouet sexuel qui leur convient.

« Les gens qui viennent de perdre de la mobilité ont l’impression que tout doit changer. Ils se disent qu’ils vont peut-être perdre leur vie sexuelle, qu’ils ne pourront pas faire certaines choses. Certains objets dans l’industrie des jouets sexuels peuvent aider à permettre de [stimuler son partenaire] comme ils le faisaient avant », donne en exemple Mme Kerber.

Selon elle, les services de santé recommandent à leurs patients de se rendre à son commerce, car ils savent qu’en plus de trouver un environnement sans jugement, ils auront aussi de l’information sur une vie sexuelle saine.

Des initiatives comme celles-ci aident à mieux comprendre la réalité des personnes handicapées, estime pour sa part Bean Gill. Elle a d’ailleurs donné une conférence sur son expérience dans le cadre du nouveau programme en santé sexuelle de l’Université de l’Alberta.

« Nous sommes des personnes normales qui ont traversé des épreuves malheureuses, mais nous voulons toujours être désirables et attirantes », conclut-elle.

Mes amours: une initiative française inspirante pour les personnes ayant une déficience intellectuelle

Dans le cadre de la semaine québécoise de la déficience intellectuelle 2017, nous vous présentons une initiative française inspirante:

Extrait tiré d’un article de 2017 sur handicap.fr.

Contexte

 » Mes amours  » est un programme de recherche engagé par l’université Lyon II et la fédération Trisomie 21. Un outil de formation interactif conçu pour favoriser l’accès des personnes porteuses d’un handicap intellectuel à la vie amoureuse.

Par et pour les personnes trisomiques

Comme son nom le laisse deviner, Mes amours est né d’une réflexion sur la vie amoureuse des personnes atteintes d’une déficience intellectuelle. Fruit d’une collaboration entre de nombreux acteurs, dont le CHU de Saint-Étienne et le CeRHeS (Centre ressources handicaps et sexualités) de Lyon, il consiste à former des personnes trisomiques pour intervenir auprès de leurs pairs. En clair, des ateliers sont co-animés par des binômes constitués, notamment, de personnes trisomiques. L’idée principale ? Sensibiliser d’autres personnes porteuses d’un handicap intellectuel aux questions de sexualité, de contraception, d’amour, de désir…

Formation interactive

Comment appuyer cette formation de façon ludique et durable ? Les équipes à l’origine du projet ont imaginé une exposition. Un outil créé avec et pour les personnes porteuses de trisomie 21, considérées comme expertes de leur déficience. « Cette exposition est à visée formative et interactive : elle comporte de nombreux visuels et fait appel au travail de photographes, d’infographistes, d’illustrateurs… », explique Jennifer Fournier. Ici, pas question de stigmatisation mais plutôt de recherche avec les personnes, avec une vocation à travailler ensemble. Ce qui implique échanges, partenariats et concertation.

Améliorer la qualité de vie

En conséquence, sept binômes de différentes régions se sont rassemblés durant quatre week-ends pour concevoir cet outil pédagogique. Une fois finalisé, il sera entièrement gratuit et disponible en ligne sur le site des partenaires du projet, dont celui de la FIRAH. Les premières interventions auront lieu entre avril et juin 2017 dans différents établissements (ESAT, EA…). Une première version sera proposée fin mars.

Un outil novateur

Novatrice, cette « formation préconstruite » aborde des thématiques majeures : méconnaissance du corps, des interdits et des droits, difficulté à décoder ses émotions ou survalorisation de celles-ci, incapacité à percevoir les attitudes implicites telles que la séduction, difficulté à s’affirmer ou même à répondre clairement par « oui » ou par « non »… Le but principal étant d’améliorer la qualité de vie des personnes porteuses d’un handicap intellectuel.

Josée veut échanger sur ACSEXE+ avec vous!

Notre chargée de projet, Josée, vous adresse aujourd’hui son premier « post » de blogue original:

Ça fera bientôt un mois que j’ai la chance d’être chargée de projet pour ACSEXE. Un mois à me familiariser sur ce qui a été fait, un mois à lire, discuter, penser…sans réussir à complètement me faire une tête sur quoi faire pour qu’ACSEXE rayonne encore plus et soit encore plus intéressants pour ceux/celles se sentant concerné.e.s par le projet.

Le projet ACSEXE vient me toucher personnellement. Je repense à la petite Josée adolescente, qui voyait ses amies avoir leurs premières expériences sexuelles, et qui se demandait si elle serait capable d’avoir du sexe « normal » avec ses jambes et son corps raide. Je repense à la Josée début vingtaine qui « datait » via des sites de rencontres, avec un handicap invisible sur les photos, et qui prenait des heures à réfléchir sur quand et comment et pourquoi nommer sa différence avant le premier rendez-vous. Je repense à la Josée mi-vingtaine (et ça, ça ne fait pas tellement longtemps), qui après une vie sexuelle avec le même partenaire pendant des années, se demandait comment communiquer ses différences et capacités avec des partenaires plus éphémères. Et encore plus récemment, la grande Josée, qui se demandait la semaine passée où on les trouve, ces partenaires ouverts à une belle histoire d’amour avec une personne « différente »?

J’ai le goût d’aborder tout ça avec vous. Mais ça, c’est ma réalité. Et la vôtre est différente. Vous avez certainement des questions, des solutions, des choses à dire, des idées pour le projet…

ACSEXE, ce n’est pas seulement moi, c’est nous.

Vous souhaitez embarquer dans le projet et me faire part de vos idées, échanger, collaborer sur ce blogue… J’ai envie de vous entendre! Écrivez-moi au jrochon@fqpn.qc.ca.

Josée