Déficience intellectuelle et intimité: des outils

Reportage radio de l’émission Portrait de famille, abordant la sexualité des personnes ayant une déficience intellectuelle.

Transcription d’une entrevue de Carole Boucher, sexologue et agente de planification, de programmation et de recherche au  CIUSSS Mauricie et Centre-du-Québec (segment débutant à 11 minutes 20)

Marianne Paquette (animatrice) : Carole Boucher, bonjour!

Carole Boucher (sexologue) : Oui bonjour!

Marianne: Sexologue attachée au CIUSSS de la Mauricie et Centre-du-Québec, spécialisée en déficience intellectuelle. Carole, vous avez entendu les paroles d’Hugo, établir les limites avec un jeune ado qui a une déficience intellectuelle, ça peut être un petit peu plus complexe. Qu’est-ce que vous pourriez dire à Hugo pour lui donner quelques trucs en ce sens-là?

Carole: D’abord bonjour monsieur Latulippe!

Hugo Latulippe (parent d’une jeune ado ayant une déficience intellectuelle): Bonjour!

Carole: Je crois que tout passe par l’éducation à la sexualité, l’éducation à la santé sexuelle. Quand on fait de l’éducation, quand on se préoccupe de nos adolescents, de nos préadolescents et de nos adolescents, c’est pour leur apprendre d’abord qui ils sont vraiment, et pour qu’ils deviennent des adultes épanouis et responsables, bien sûr. Alors quand on va faire de l’éducation sexuelle avec eux, on va d’abord leur apprendre leur corps. Surtout à l’adolescence parce que le corps change énormément et on veut éviter, je ne dirais pas des traumatismes, mais je dirais des inquiétudes, par rapport aux changements du corps, donc on va travailler cet aspect-là avec eux. On va travailler aussi le fait d’être capable de s’exprimer, je pense qu’il y a du beau travail qui a été fait ici si j’ai bien compris, dans ce cas-ci. Il faut leur apprendre à s’exprimer, mais il faut aussi leur apprendre à dire non, et accepter quand ils disent non. Ils ont droit de dire non à plein de choses dans la vie et il faut qu’on accepte. Alors, je vous donne juste un petit exemple, vraiment pour expliquer ce que je tente de dire: souvent, on a des visiteurs à la maison et on dit aux enfants «va embrasser grand-père ou grand-mère» et l’enfant nous dit «non, je veux pas y aller» et dans certaines familles souvent on fait des remarques en lui disant «tu es impoli, tu dois aller embrasser ton grand-père et ta grand-mère, ça ne se fait pas» alors que c’est le contraire, il faut accepter qu’ils disent non à certains de ces gestes-là et comprendre qu’en fait ils s’expriment sur quelque chose dont ils n’ont pas envie. Et à travailler comme ça l’aspect du respect de nos enfants, de nos adolescents qui vivent avec une déficience, on finit par leur faire comprendre que quand ils ne sont pas à l’aise avec quelque chose, quand ils ne sont pas confortables dans leur cœur et dans leur corps, ils ont droit de dire non et personne va passer des remarques. C’est un premier pas je dirais vers la prévention de l’agression sexuelle, c’est d’accepter qu’ils puissent s’exprimer et dire non à plein de choses.

Marianne: Carole, tout à l’heure Hugo parlait de ces statistiques extrêmement inquiétantes, 60% c’est 4 femmes sur 5 présentant une déficience intellectuelle, qui vivront dans leur vie une agression sexuelle, il y a de quoi s’inquiéter Hugo en effet.

Hugo: Moi en fait dans le cas d’Alphée, ce qui me préoccupe c’est plus la distinction qu’elle ne fait pas entre les différentes personnes qui entrent dans sa vie. Donc, elle va par exemple aller faire un câlin à une nouvelle personne qui elle peut être mal à l’aise, mais dans le cas où cette personne-là pourrait avoir des intentions qu’on ne souhaite pas, ça pourrait être dangereux pour Alphée, donc c’est plus ça notre préoccupation, qu’elle-même ne distingue pas bien les cercles d’intimité disons, ou degrés d’intimité.

Carole: Alors tout à fait, on a des programmes bien spécifiques qui nous permettent d’apprendre aux adolescents ou même aux adultes qui vivent avec une déficience quel type de relation ils doivent établir avec les gens. C’est possible de leur apprendre avec des couleurs, des cercles, bon vous l’avez dit, il y a plein de façons de fonctionner pour leur apprendre ces gestes-là. Mais, je vais vous dire quelque chose, je trouve ça dommage, mais quand on est parent d’un enfant déficient, il faut éduquer notre enfant, mais il faut aussi éduquer notre environnement. Ça veut dire qu’il faut éduquer les gens autour à ne pas recevoir ce type de comportement, surtout quand on arrive à l’adolescence. Un autre exemple que je pourrais vous donner, vous avez le droit de dire à des gens qui vont chez vous «si ma fille se jette à ton cou je te suggère de la repousser gentiment et de lui dire  «mais tu ne me connais pas, si tu veux on va se donner la main.»  Alors, c’est malheureux, mais on est obligés de faire ça aussi dans notre environnement. Ce qui veut dire qu’on est pas tout seul à éduquer cet adolescent ou cet enfant déficient, les autres peuvent y participer aussi en prenant eux-mêmes ces décisions-là quant au type de comportement qu’ils voudraient avoir avec les personnes qui présentent une déficience.

Marianne: C’est intéressant, je n’avais jamais entendu ça Carole avant, ça revient à «ça prend un village pour élever un enfant.»

Carole: Oui exactement, c’est vraiment la maxime la plus intéressante, alors ça veut dire que dans nos familles, il faut informer les gens. Vous savez, un autre exemple, cet oncle qui prend toujours sa petite nièce sur ses genoux pour lui faire un câlin, mais quand elle a 18 ans, il ne faut plus qu’il la prenne sur ses genoux. D’ailleurs, il aurait dû arrêter de la prendre depuis bien longtemps. Souvent, il le fait parce que la jeune fille va s’asseoir sur lui et il ne sait pas quoi faire, il est comme figé, alors malheureusement les parents doivent éduquer et la jeune fille, et l’oncle.

Marianne: Et l’entourage.

Carole: Oui. Lui apprendre que non, ça fait longtemps qu’on aurait dû cesser ces comportements-là.

Marianne: Hugo, est-ce que vous avez déjà, est-ce que ça vous est déjà passé par la tête d’en parler aux proches, aux visiteurs qui viennent chez vous?

Hugo: Oui, j’ai des situations en tête, parce que nous on a un cercle d’amis assez étendu, puis on a souvent des gens a la maison, des amis qui ont des enfants, des petites familles, puis avec les papas par exemple, souvent Alphée va les enlacer et moi je leur dis «mets tes limites», ça m’est arrivé de dire ça, puis souvent je me suis entendu dire «c’est correct», mais là je prends des notes.

Marianne: Oui, ça vous confirme. Carole je vais laisser toutes les informations à Hugo et bien sûr, ça se retrouvera sur notre site, sur ce tout nouveau programme d’éducation à la santé sexuelle pour les adolescents qui présentent une déficience intellectuelle. Ça s’adresse aux ados entre 10 et 15 ans, c’est un outil pour les parents, on parle autant de puberté, d’hygiène, d’intimité, c’est un très très bel outil que vous avez coécrit d’ailleurs Carole.

Carole: Oui. Alors on peut se parler de cet outil-là. Où on va le trouver, où on va trouver le soutien les ressources, alors les milieux de la réadaptation, partout dans les CISSS et dans les CIUSSS, il y a de la réadaptation en déficience intellectuelle. Dans les milieux scolaires où il y a des personnes, des adolescents qui vivent avec une déficience et ces milieux-là vont se procurer le programme, mais on leur demande de travailler en étroite collaboration avec les parents, parce qu’on pense que c’est les parents qui doivent faire l’éducation sexuelle de leurs enfants bien sûr.

Marianne: Donc je laisse l’adresse www.ciusssmcq.ca. MCQ pour Mauricie et Centre du Québec, c’est là que vous trouverez les programmes et toute l’information. Carole Boucher vous êtes sexologue attachée justement à ce CIUSSS, spécialisée en déficience intellectuelle. Merci beaucoup, c’est toujours un plaisir.

Carole: Merci au revoir !

Photographie associée au texte de Geoffroy Beauchemin

Un reportage de Banc Public aborde la sexualité des personnes handicapées motrices

Dans cet épisode de Banc Public, l’animatrice Guylaine Tremblay rencontre Mélody Courtois Poulin, qui a une maladie dégénérative. Mélody et son conjoint expliquent comment ils arrivent à avoir une vie sexuelle épanouie. Également, le reportage présente une entrevue avec Alexandre Vallerand, qui explique comment il vit sa sexualité. Zoé Vourantoni, sexologue au centre de réadaptation Lucie-Bruneau, commente et fait des liens avec les situations des patient.e.s rencontré.e.s dans le cadre de sa pratique.

Voir la vidéo sur la page Web de l’émission.

Sexy-able: relations saines et égalitaires

Ce post est une transcription de l’émission radio “Ça vaut le détour” du 11avril 2016 sur Canal M. Animatrice : Maxime D.-Pomerleau, en entrevue avec Marianne Rodrigue de Vie autonome- Montréal. Transcription par la FQPN.

Maxime D Pomerleau: C’est la chronique mensuelle sexy-able, santé et sexualité avec Marianne Rodrigue, stagiaire en sexologie chez Vie autonome- Montréal. Aujourd’hui, on parle des liens entre relations saines et égalitaires et sexualité. Bonjour Marianne.

Marianne Rodrigue : Bonjour

Maxime D Pomerleau: Et bienvenue dans nos studios!

Marianne: Merci.

Maxime D Pomerleau: Donc c’était pour faire suite aux précédentes chroniques qu’on a eues. Après avoir rencontré le ou la partenaire, après avoir séduit le ou la partenaire, on va maintenant parler de relations saines et égalitaires.

Marianne: Exactement. Plusieurs statistiques sur la situation de handicap montrent qu’il y a plus de victimisation sexuelle et de violence conjugale et pour plusieurs raisons et c’est pour ça que je voulais focuser, pas vraiment sur le négatif mais plus sur ce qu’on peut faire pour avoir des relations saines, que ce soit égalitaire et sécuritaire.

Maxime D Pomerleau: C’est quelque chose qui est quand même connu qu’il y a plus des femmes et d’hommes aussi qui peuvent être victimes d’abus parce qu’ils sont en situation de handicap. Ils sont souvent en situation plus vulnérable par rapport à une autre personne, parfois même ils sont en situation de dépendance aussi par rapport aux autres personnes. Qu’est-ce qu’on peut faire, qu’est-ce qu’on peut mettre en place quand on crée une relation avec quelqu’un pour essayer d’éviter ces situations-là d’abus?

Marianne: Et bien il y a certains signes à regarder en fait, quand on établit une relation avec quelqu’un.e. Il y a certaines choses comme la compatibilité, s’assurer que nos besoins et les besoins de l’autre personne, nos désirs, nos envies, nos intérêts sont semblables.

S’assurer d’avoir une communication saine aussi, il faut se sentir confortable de parler de ce dont on veut parler avec notre partenaire et de ressentir aussi que notre partenaire est confortable à communiquer avec nous. Il faut être honnête et responsable dans le sens où la responsabilité c’est d’assumer ses sentiments puis ses comportements. Souvent on va avoir peur de dire certaines choses à notre partenaire parce qu’on a peur de ses réactions. Mais être responsable, c’est vraiment s’assurer que le ou la partenaire, l’autre on lui donne toutes les informations pour bien répondre à nos besoins et la première étape, c’est de communiquer ces besoins-là.

S’assurer qu’il y a un partage des pouvoirs égalitaires, le pouvoir change dans les relations dépendamment des sujets mais de vraiment s’assurer qu’on se sent en sécurité, qu’on se sent respecté.e, écouté.e. Quand il y a des désagréments il faut qu’il y ait de la place à la négociation aussi dans un couple. C’est un mot qu’on n’associe pas forcement avec les relations saines, la négociation, on a souvent l’idée que tout doit être parfait dès le début mais une relation saine c’est du travail. Mais le jeu en vaut quand même la chandelle!

Maxime D Pomerleau: Justement cet aspect de négociation et de partage des pouvoirs c’est aussi dans l’idée de faire des compromis et c’est dans tous les types de relation.

Marianne: Exactement

Maxime D Pomerleau: Est-ce que vous avez un exemple justement sur ce côté de partage du pouvoir ou en tout cas de la balance du pouvoir, s’assurer que ce soit équilibré dans une relation?

Marianne: Oui en fait c’est de s’assurer que ce ne soient pas toujours les mêmes personnes qui prennent les décisions, on peut dire “regarde, cette fois-ci ça me tient vraiment à cœur” par exemple quand on décide où on s’en va en vacances, “mais la prochaine fois ça va être toi”. De laisser vraiment la place à l’autre et de pas toujours prendre les décisions parce que ça enlève du pouvoir à l’autre personne, ça fait qu’elle se sent moins estimée, se sent moins importante et elle va avoir tendance à ne pas prendre autant de place qu’elle le devrait dans la relation.

Maxime D Pomerleau: Une autre caractéristique de la sexualité dans un contexte de relation saine, une fois qu’on a mis en place ces bons moyens de communication, et de communication claire, car ça arrive qu’on ait des difficultés d’élocution ou qu’on communique avec la langue des signes. Il faut trouver le meilleur moyen de communiquer.

Marianne: Oui, exactement, la communication c’est pas toujours verbal, ça peut être non verbal aussi, il faut être attentif, quand quelqu’un nous dit c’est correct avec une petite sad face ben on peut peut-être vérifier si c’est vraiment correct.

Maxime D Pomerleau: Justement ça m’amène à parler de la notion de consentement qui est très très très importante et qui n’est pas un mot qu’on a entendu dans les cours d’éducation sexuelle d’il y a 15 ans ou 20 ans, c’est une notion qui est beaucoup plus récente et qui est importante et j’aimerais qu’on prenne quelques minutes pour la définir…

Marianne : Oui en fait comme tu disais le consentement c’est vraiment quelque chose qui est ressorti dans les dernières années, je pense que vous avez eu d’autres entrevues à la station là-dessus. Le consentement dans un contexte de sexualité c’est un accord d’une personne à une activité sexuelle manifestée de façon volontaire, donc ce n’est pas seulement ne pas dire non, c’est dire oui, c’est quelque chose d’actif. Le consentement doit être libre, éclairé, continu et personnel.

  • Libre, donc il ne doit pas y avoir de menace ou avoir peur de représailles donc faut vraiment que ce soit en toute liberté.
  • Il doit être éclairé donc si on est sous l’effet de substances comme alcool, drogues, médications lourdes, ça peut être un indice que le consentement peut être biaisé.
  • Le consentement doit être aussi continu, avant, pendant et après. On peut retirer son consentement à n’importe quel moment et c’est important d’avoir une communication saine en continu avec son ou sa partenaire pour vérifier à tout moment le consentement.
  • Et le consentement doit être personnel, ça veut dire que je ne peux pas donner le consentement à la place de quelqu’un d’autre, mon père pourrait pas donner mon consentement à mon conjoint, ça vient vraiment de la personne et ça, ça peut être une notion importante pour les personnes en situation de handicap ou justement qui ont de la difficulté à communiquer ou qui ont des préposé.e.s, là la notion peut être un peu biaisée, c’est vraiment important de vérifier, d’établir des façons de communiquer le consentement, de le vérifier et aussi de l’accepter.

Maxime D Pomerleau: Tout à fait parce que c’est ça le principe du consentement en fait c’est avant d’aller de l’avant ou de continuer dans l’activité sexuelle, de s’assurer que les deux personnes sont à l’aise et sont bien, c’est l’objectif d’une vie sexuelle épanouie. Justement cet aspect-là de consentement on dit que c’est personnel, donc un.e proche aidant.e, un.e préposé.e ne peut pas affirmer quelque chose à la place de la personne dont il ou elle est en charge. Je lisais justement que les personnes handicapées qui sont habituées dans leur quotidien à recevoir des soins intimes, des soins d’hygiène corporelle peuvent tolérer parfois certaines formes moins sévères d’abus à caractère sexuel parce que justement ils et elles sont habitué.e.s à se faire toucher, à ce que leur intimité soit..

Marianne: Oui en fait c’est une étude très intéressante, certain.e.s répondant.es disaient qu’ils et elles n’avaient pas compris ça, pas vécu ça comme une agression sexuelle parce qu’ils et elles sont tellement habitués à avoir des gens qui les touchent et qui ne demandent pas nécessairement leur consentement, qui prodiguent les soins sans vérifier et donc il y a une espèce de déconnexion entre oui j’ai le droit de vouloir quelque chose ou pas et ce qui m’arrive. Et certaines personnes aussi peuvent être en situation de dépendance et se dire je n’étais pas consentant.e mais ce n’est pas si pire, ou si je dis quelque chose je peux avoir des représailles, ou si je sors de cette relation comment est-ce que je vais faire pour me trouver une autre relation ou trouver quelqu’un qui m’apporte ces bénéfices-là de prodiguer les soins ou d’être mon compagnon?

Maxime D Pomerleau: Tout à fait parce qu’il y a cette inquiétude-là parfois chez certaines personnes en situation de handicap de ne pas trouver de partenaire.

Marianne: Oui dans une autre étude c’est ressorti, une étude qui mettait l’emphase sur les femmes ça ressortait que les femmes portaient tellement d’importance à être en couple, plus que les hommes et donc qu’elles pouvaient être prêtes à subir ou à vivre des choses qu’elles préfèreraient ne pas vivre mais elles choisissent de rester dans ces situations là justement pour ne pas être seules, pour ne pas être célibataires.

Maxime D Pomerleau: Donc il y a encore une certaine part d’éducation et de sensibilisation à faire afin de bien déceler justement ce qui devient un abus à caractère sexuel, dans quel contexte est-ce que ça a lieu pour le repérer et essayer de réduire ces situations-là qui peuvent survenir. Ce contexte de consentement, on a fait un bon morceau là-dessus mais ce n’est pas la seule chose non plus qui est importante quand on développe une relation saine. Pour la sexualité, il y a aussi la communication, on peut peut-être aussi parler de protection contre les ITSS entre autres, de moyens de contraception.

Marianne: Exactement puis c’est important d’avoir une discussion là-dessus, de pas prendre pour acquis que son ou sa partenaire va se protéger, utilise le condom ou utilise la pilule. C’est vraiment important d’avoir une conversation et de répartir aussi, de séparer le poids contraceptif et de protection. Si on est ménopausée bien là on n’a pas besoin de prendre la pilule donc ça peut être le partenaire qui utilise le condom. Autrement si onCRéDAVIS est dans une relation monogame, la femme peut choisir de prendre la pilule et l’homme de ne pas utiliser le condom, mais c’est important de parler et de choisir ensemble une stratégie contraceptive et de protection.

Maxime D Pomerleau: Et c’est la responsabilité des deux partenaires et non pas d’une personne. En terminant Marianne vous aviez aussi peut-être des ressources si on souhaite aller chercher plus d’informations?

Marianne: Oui en fait il y a un TED talk de Al Vernacchio qui est très intéressant. Lui il compare les relations sexuelles à des pizzas et donc il dit qu’est-ce que la première chose qu’on fait quand on veut manger une pizza avec quelqu’un: on discute des ingrédients qu’on veut et donc on négocie et on choisit ensemble comme ça on s’assure d’aimer tous les deux la pizza qu’on va manger. Et donc on devrait faire ça aussi avec les relations sexuelles. Et il y a des millions de façons de manger une pizza et d’avoir des ingrédients donc je vous invite à aller écouter cette discussion et sinon sur le site de la Fédération du Québec pour le planning des naissances il y a un outil qui s’appelle la « liste sexy » qui est un outil qui parle de plusieurs comportements sexuels. On peut regarder voir ce qu’on serait prêt à faire, avec quelle personne et dans quel contexte, ça peut être quelque chose d’intéressant à faire avec son ou sa  partenaire, remplir ça et ensuite en discuter pour s’assurer d’avoir le consentement et dans quel contexte aussi.

Maxime D Pomerleau: Merci pour ces ressources Marianne Rodrigue, vous êtes stagiaire en sexologie chez Vie autonome- Montréal, merci de nous avoir partagé ces petits trucs pour une santé sexuelle et des relations saine et équitables à développer!

C comme Consentement: la “Liste Sexy”

Qu’est-ce qui fait que je suis confortable quand je suis nu.e avec quelqu’un.e? Qu’est-ce qu’un.e partenaire sexuel.le pourrait dire ou faire qui me rendrait inconfortable?

Avouons-le, communiquer ses besoins clairement peut être une tâche ardue, frustrante voire source d’angoisse, surtout pour ceux et celles d’entre nous qui communiquent plus facilement via l’écriture, un pointeur, un dispositif, pictogramme, etc. que par la parole.

Dans le post précédent, on donnait des outils pour commencer à parler de sexe avec son/sa/ses partenaire(s). Une fois qu’on a établi le dialogue, que faire?

Des listes sexy, qui nous permettent de nommer nos limites, envies et besoins et de connaitre ceux de notre/nos partenaire(s).

Pour l’exemple, il est possible de consulter la traduction française du “Yes, No, Maybe so, a sexual inventory stocklist” de Scarleteen.  Merci Scarleteen!

Il y a deux éléments dans une liste sexy:

1- Les activités sexuelles/sensuelles possibles

2- les différentes réponses

Exemple:

LES LIMITES PHYSIQUES À FRANCHIR OU À NE PAS FRANCHIR

___ Me faire toucher affectueusement sans me demander la permission

___ Toucher un.e partenaire affectueusement sans lui demander la permission

___ Me faire toucher les parties génitales sans me demander la permission

___ Toucher les parties génitales d’un.e partenaire sans lui demander la permission

___ Me faire toucher affectueusement en public

___ Toucher un.e partenaire affectueusement en public

___ Me faire toucher les parties génitales en public

___ Toucher les parties génitales d’un.e partenaire en public

___ Me faire enlever mon haut en présence d’un.e partenaire

___ Avoir un.e partenaire qui retire son haut en ma présence

___ Enlever mes pantalons lorsque je suis avec un.e partenaire

___ Avoir un.e partenaire qui retire ses pantalons en ma présence

___ Être complètement nu.e avec un.e partenaire lorsque les lumières sont éteintes ou faibles

___ Être avec un.e partenaire complètement nu.e lorsque les lumières sont éteintes ou faibles

___ Être complètement nu.e avec un.e partenaire lorsque les lumières sont allumées

___ Être avec un.e partenaire complètement nu.e lorsque les lumières sont allumées

___ Se regarder dans les yeux

___ Être regardé.e partout lorsque je suis nu.e.

___Chatouiller

___Se faire chatouiller

___Lutter ou simuler la lutte

___Donner un massage

___Recevoir un massage

___Me faire toucher la poitrine, les seins ou les mamelons

___Toucher ou frotter la poitrine, les seins ou les mamelons de mon/ma partenaire

___Se frotter l’un.e contre l’autre tout habillée.e.s

___Nous frotter les parties génitales mutuellement dans la position du ciseau (tribadisme)

___Me faire lécher ou embrasser la poitrine/seins

___Embrasser ou lécher les seins d’un.e partenaire

___Me masturber en présence d’un.e partenaire

Réponses potentielles :

  • Oui, j’ai envie de  _____ si les circonstances sont bonnes
  • Non, je n’ai pas envie de _____. Ni maintenant, ni jamais
  • Je ne sais pas, je n’ai jamais entendu parler de ____. Peux-tu m’expliquer?
  • Je serait intéressé.e à essayer ____ si:

* Il y a une bonne chimie entre nous

* J’ai tout ce qu’il me faut pour être confortable

* Je me sens bien

* Je n’ai pas trop de douleurs

* J’ai pris une douche

* Je ne suis pas en psychose ou dépression

* J’ai entrepris ces démarches d’abord: ______ et ______

* Autre…

 

Il est possible de remplir cette liste seul.e, puis ensuite avec le/la/les partenaire(s), ou de les remplir séparément et d’en discuter ensuite autour d’un breuvage frais, dans un moment de détente et sans être submergé.e par l’excitation.

Cette liste est un point de départ pour améliorer la communication et se rapprocher du/de la/des partenaires!

Qui aurait pu penser que faire une liste soit si sexy!