Positions, positions, positions!

«Une bonne position sexuelle est une position qui est confortable, qui vous permet de faire ce que vous voulez faire et de toucher les parties de votre partenaire ou de vous-mêmes que vous voulez toucher. »

Voici quelques-unes des positions décrites dans le livre Ultimate guide to sex and disability. Ce pourrait être une source d’inspiration pour vos moments sexys.

  1. Le/la partenaire sur le dessus

« Si l’un.e des partenaires a plus de force physique et de contrôle de ses mouvements  que l’autre, ça peut faire du sens qu’il/elle s’installe par-dessus l’autre personne, qui reste alors allongée sur le dos ou sur le côté »

Certaines personnes pensent qu’être « au-dessus » est un signe de supériorité ou de contrôle, mais il est tout à fait possible pour la personne qui est  « en dessous » d’avoir du contrôle, qu’il s’exerce de façon verbale ou non verbale. Quelque chose d’aussi subtil qu’un froncement de sourcil ou un regard appuyé peut inciter le/la partenaire à intensifier la pression, faire les choses différemment ou autre.

Il y a des objets qui peuvent améliorer le confort en cas de douleurs ou de raideurs. Il est possible par exemple de placer un coussin ou deux sous les genoux, afin d’alléger la tension dans les jambes. Ou de rouler une serviette et de la placer sous les reins pour ne pas avoir mal au dos. Ce ne sont que quelques idées, il faut tenter l’expérience avec différents types de support jusqu’à ce qu’on trouve ce qui nous convient le mieux. La personne qui est « en dessous » – si elle le peut/veut- peut aussi placer ses genoux sur la poitrine du /de la partenaire, ou par-dessus ses épaules. Cela permet une pénétration plus profonde et un meilleur accès au clitoris et à la région génitale.

Illustration de Fiona Smyth tirée du livre Ultimate guide to sex and disability représentant deux personnes en train de faire l'amour dont une allongée sur le dos et soutenue par des coussins

Illustration de Fiona Smyth dans le Ultimate guide to sex and disability

  1. Dans un fauteuil roulant!

 «Le sexe en fauteuil offre l’avantage de la rapidité si vous n’avez de temps que pour une « petite vite ». Même pas besoin de se déshabiller! »

Quelques considérations sur le sexe en fauteuil : si c’est une chaise manuelle ou si les accoudoirs sont amovibles, il est possible de les surélever ou de les enlever afin que la personne qui est plus mobile puisse vous chevaucher. Celui ou celle qui est « au-dessus » peut aussi bien se mettre de face que de dos, ce qui offre une alternative à la position de la levrette. La personne dans le fauteuil peut aussi avancer le bassin pour faciliter le toucher ou la pénétration. C’est aussi une bonne position pour recevoir du sexe oral.

Illustration de Fiona Smyth tirée de Ultimate guide to sex and disability représentant deux personnes en train de faire l'amour, une assise sur un fauteuil roulant et l'autre la chevauchant de face.

Illustration de Fiona Smyth dans le Ultimate guide to sex and disability

  1. Couché.e sur le coté

Dans un lit, les possibilités de positions pour faire l’amour sont tellement nombreuses! L’une d’elle consiste à rester couché.e sur le côté, ce qui est particulièrement pratique pour les personnes qui ont un cathéter avec une poche de jambe. C’est aussi une position avantageuse pour les personnes qui ont des douleurs dans les hanches ou les articulations parce que ça permet de ne pas mettre trop de poids ou de pression sur les jambes. Cette position est aussi plus facile que le missionnaire (couché.e.s l’un.e sur l’autre, face à face) ou la levrette (à quatre patte avec l’autre personne en arrière) pour ceux et celles qui ont les muscles ou les tendons des hanches ou des jambes plus courts.

illustration de Fiona smyth tirée de ultimate guide to sex and disability représentant deux personnes en train de faire l'amour allongées dans un lit sur le coté.

Illustration de Fiona Smyth dans le Ultimate guide to sex and disability

La question de l’angle-

Avec la position couchée sur le côté, la question de l’angle est importante. Pour une pénétration (que ce soit avec la main, un dildo ou un pénis) on peut soit se placer en cuillère, soit dans une sorte de T avec chaque personne dans un axe du lit différent. On peut aussi s’installer face à face pour de la masturbation mutuelle avec les mains ou des jouets, ou même une pénétration. Il y a aussi le fameux 69 dans lequel on se fait face mais tête-bêche pour du sexe oral différé ou simultané.

Il y a plein de façons de détourner de leurs usages traditionnels des meubles ou des produits de la vie courante à des fins sexuelles.  Un lit, une chaise, un coussin, un piano ou autre peuvent aider à trouver des positions qui soient plus confortables et appréciables. Certains produits sont vendus avec l’objectif spécifique d’aider à se positionner pendant le sexe : le Sling par exemple, ou des coussins spéciaux qui peuvent servir autant pour la vie sexuelle que pour aider à se placer de façon confortable pour lire ou travailler au lit. Ces produits sont toutefois assez dispendieux et selon le Ultimate guide to sex and disability, ils ne sont pas toujours de la meilleure qualité et peuvent facilement se déchirer.

Pour en savoir plus, consultez « Pleasure abble, sexual device manual for persons with disabilities »

Les possibilités en termes de positions sexuelles sont infinies! On vous a juste partagé quelques exemples tirés de ce livre fantastique qu’est le Ultimate guide to sex and disability, et on espère que ça va contribuer à alimenter aussi bien vos réflexions que vos actions. La chose la plus importante est de s’assurer que vous et votre/vos partenaires sexuels soient à l’aise tout au long -à communication!

Puis si jamais vous n’êtes pas confortable, essayez d’imaginer ce qui pourrait aider à améliorer votre position. Dans le doute, ayez toujours des coussins et des couvertures extra à portée de la main pour les ajustements de dernière minute!

Post de Aimee Louw inspiré par le livre « The Ultimate Guide to Sex and Disability: For All of Us Who Live with Disabilities, Chronic Pain, and Illness» (2007) par Miriam Kaufman , Cory Silverberg , Fran Odette

Pour la personne qui va à une première date et qui se demande si et comment dévoiler sa maladie/ son handicap à l’heureux/heureuse élu.e

Ce post est une contribution originale de notre blogueuse Aimee Louw, traduite de l’anglais par la FQPN. Consultez toutes ses contributions. 

J’espère que vous avez du fun lors de vos dates ! Dans mon cas, je ne dévoile des informations relatives à mon corps que lorsque j’ai confiance en l’autre personne et que je me sens à l’aise avec elle. Le premier conseil, c’est de se faire confiance. On peut se demander : « est-ce que je me sens à l’aise de parler de ça maintenant ? Est-ce que ça va me mettre à l’aise ?  » Je rajouterais qu’il ne faut pas se sentir obligé.e de partager des informations qu’on ne souhaite pas divulguer. Si ça arrive sur le tapis et que vous avez envie de parler de votre maladie ou de votre handicap, tant mieux ! En même temps, vous n’avez pas à répondre à toutes les questions que votre fantastique date peut avoir. J’ai déjà été à des rendez-vous au cours desquels les personnes demandaient : « oh, ça veut dire que tu ne peux pas –xyz- ? » et je n’avais pas forcément envie de répondre à ça, ou je trouvais que la question allait trop loin. Il est possible de répondre «  Je partagerai ces infos quand le temps sera venu », ou « je ne pense pas que ce soit pertinent de savoir ça à ce moment-là » ou quelque chose du genre afin de faire comprendre à l’autre personne que vous appréciez son intérêt/sa question mais que vous avez des limites et que vous les respectez.

Et rappelez-vous, vous n’êtes pas en train de lui annoncer une terrible nouvelle, vous êtes juste en train de partager un aspect important de votre vie, ce qui est un grand honneur, si on y pense bien ! (Je ne considère absolument pas mon handicap comme quelque chose de négatif).

Pour l’amour du homard

Ce post est une contribution originale de notre blogueuse Aimee Louw traduite de l’anglais par la FQPN. Consultez toutes ses contributions. 

Et me voilà, assise au Boston Pizza, en train de manger une salade d’épinards avec un type plus âgé que j’ai rencontré dans le stationnement de l’épicerie. C’est une première date. On n’a rien en commun.

Lui, c’est un pêcheur de la côte Est qui veut avoir du bon temps, de préférence sur un fond de musique rock des années 80. Moi, je suis une étudiante en musique mal dans sa peau à la recherche d’un peu d’expérience, d’excitation et de validation.

Il mange de bon cœur et me raconte tout ce qu’il y a à savoir sur le homard, tout en tournant les pages d’un album de photos développées en pharmacie datant des années 90. Il décrit les différents types de cages à homard et déplore qu’il y ait de moins en moins de travail en mer chaque année. Je hoche la tête et je joue avec ma nourriture, pensant qu’il va me trouver plus attirante si je mange moins.

On fait une drôle de paire, c’est sûr, mais pas pour la raison à laquelle il pense.

On mange, il parle, je l’écoute, et là la question est posée. Une question que je me suis habituée à attendre, ayant grandi avec un corps atypique, mais une question qui continue tout de même à me choquer et à me blesser quand je l’entends :

-« Alors, c’est quoi ton…ton… » accompagné de gestes avec les mains, attendant que je complète la phrase.

– « Mon ? »

– « Ta, ta…tu sais… »

– « hum… »

Je ne l’aide pas.

Le silence, la salade, la honte et des images de homard se mélangent dans ma tête. Puis il dit :

« t’inquiètes pas, ça ne me gêne pas, j’ai une nièce qui est née avec…enfin…elle a besoin d’aide »

« Oh… »

« T’inquiètes pas, je te trouve très belle de toute façon »

Ça m’a fait mal de réaliser qu’alors que j’étais en train de me demander si ma date me trouvait cute et voudrait me revoir, il était en train de se demander c’était quoi mon problème.  Ça m’a fait me sentir mal à l’aise. À l’époque je ne savais pas exactement pourquoi.

Le temps a passé et j’ai fait pas mal d’introspection. Ma façon de penser le handicap et les attentes qu’on a envers les personnes en situation de handicap s’est modifiée. Bien du temps a passé, et maintenant je suis capable d’expliquer pourquoi ça m’a rendu inconfortable.

Il y a souvent des attentes implicites envers les personnes en situation de handicap. Par exemple qu’on devrait :

a) se justifier quand on date

b) savoir qu’on est déficientes et donc être reconnaissantes lorsque quelqu’un.e daigne nous donner de l’attention

Il est attendu de nous qu’on corresponde aux standards d’apparence et de communication des personnes qui ne sont pas en situation de handicap. Et si on n’y parvient pas, on s’attend à ce qu’on s’en excuse, et à ce qu’on s’explique. Selon leurs termes.

Sur le coup, je me suis sentie mal à l’aise parce que je n’étais pas la personne qui amenait le sujet du handicap. C’était lui qui le faisait. Il y a une forme de pouvoir qui s’exerce lorsqu’on demande à une personne issue d’une minorité de partager son expérience. Je n’avais pas ouvert la porte à une discussion sur cette partie assez intime de moi-même. Ça ne m’avait même pas traversé l’esprit en fait, jusqu’à ce qu’il aborde le sujet. À cette époque, j’étais juste en train d’apprivoiser ce que mon handicap signifiait pour moi- j’étais loin de penser à ce qu’il pouvait signifier pour les autres.

C’était notre premier rendez-vous! Il s’est senti complètement autorisé à poser des questions très personnelles, sans prendre en considération le respect de ma vie privée. Il n’a pas pensé un instant à comment sa question pouvait me faire me sentir.

C’est difficile pour une jeune fille qui cherche l’amour de s’affirmer, surtout quand les sentiments se mettent de la partie. Et si je rigole maintenant en repensant à cette date vraiment mal assortie, à l’époque j’étais vraiment énamourée et je ne l’ai pas repoussé, même si il avait dépassé mes limites.

La fille que je suis aujourd’hui aurait giflé cet homme plus âgé qui datait une fille qui avait la moitié de son âge et qui cherchait à miner sa confiance en elle pour mieux la réconforter ensuite.

Celle que je suis aujourd’hui dirait à la plus jeune version d’elle-même que c’est de sa faute à lui si les choses sont étranges et malaisantes. Si c’était à refaire, je le laisserais s’enfoncer et énoncer tout haut ses préjugés. En silence. Je ne répondrais pas à ces questions sur mon corps. Envoye-z-en du malaise!

Je dirais à cette fille que cette salade d’épinards est délicieuse, mais que ce n’est en rien suffisant pour calmer le solide appétit qu’elle avait et a encore. Qu’on ne se fait pas de chum en limitant son appétit. Je l’encouragerais à bien manger et avec plaisir. Parce qu’on ne devrait jamais se priver pour essayer de se faire accepter.

Mais surtout, je lui dirais qu’elle n’a pas à révéler quoi que ce soit qu’elle n’a pas envie de réveler…jamais! Ni à une date, ni à une amie, ni à son boss, à personne. Et que si elle a envie de partager cette partie d’elle-même, elle ne doit accepter rien de moins que du respect et de l’ouverture de la part de l’autre personne.

Mardi après-midi: un moment parfait pour…

Trouver les muscles de votre plancher pelvien!

Vous vous demandez comment augmenter votre plaisir tout en étant connecté.e avec les processus physiologiques de l’excitation? Cette astuce, qui s’adresse aux personnes avec un vagin, est pour vous!

Les muscles du plancher pelvien se contractent avec l’orgasme. C’est eux qui interviennent dans la régulation du flot d’urine, l’accouchement et l’éjaculation. Prendre conscience de ces muscles et les renforcer peut permettre d’améliorer la jouissance, de mieux contrôler la miction, d’éjaculer et faciliter l’accouchement.

Comment ça marche?

1.Pour apprendre à reconnaître ces muscles, vous pouvez retenir le flot d’urine lorsque vous êtes aux toilettes

2. Lorsque vous vaquez à vos occupations mondaines ou que vous êtes dans le transport en commun ou au travail, contractez et relâchez ces muscles le plus rapidement possible, confortablement, pendant 10 secondes.  (Ce sera notre petit secret:)

3.Répétez l’exercice de 2 à 30 fois.

Ces exercices ne devraient pas être douloureux. Si vous ressentez un inconfort, s’il vous plaît, arrêtez. <3

=> Ces exercices se nomment les exercices de Kegel

=> Ils peuvent aider à diminuer l’incontinence et à augmenter le plaisir sexuel

=> Quand on parle de plaisir sexuel, il n’y a pas de recette miracle qui fonctionne à tous les coups .

Pour certaines personnes, renforcer le plancher pelvien peut être une avenue. Mais il existe d’autres trucs et astuces pour répondre à la diversité des besoins et des gens. Continuez à suivre les posts d’ACSEXE+ ! <3

Source: Ultimate Guide to sex and disability

Dates et capacitisme

Le capacitisme est partout. En avez-vous déjà vécu lors de vos dates ou dans le cadre de vos relations intimes?

« Lorsqu’on date, le capacitisme n’est pas flagrant, agressif ou nécessairement oppressif. Cela se manifeste plus sous la forme de non-dits,  de questions, d’occasions manquées dues à la peur…»

-Andrew Morrison-Gurza, Fondateur de Deliciously Disabled

Le capacitisme peut être défini comme la discrimination systémique basée sur la situation de handicap. Vous savez, ces moments qui vous font sentir mal à propos de votre handicap? Ou ces barrières qui se dressent entre vos besoins et vos désirs et leur réalisation?

Nous avons été collecter quelques expériences de capacitisme dans le domaine des dates, auprès de personnes qui vivent en situation de handicap au Québec ou au-delà. Voici quelques extraits de ces conversations ou entrevues qui ont été réalisées au téléphone ou par courriel. Certaines personnes ont préféré garder l’anonymat, d’autres non. Certaines ont des sites web et des blogues…Allez y jeter un coup d’œil!

Témoignage:

« À quelques reprises, j’ai essayé les sites de rencontres en ligne. C’était tellement stressant! Parce que mon handicap n’est pas visible lors d’un contact en ligne, il fallait que je fasse une « sortie du placard » et que je répète mon histoire: «hey, je suis handicapée, mais ce n’est pas si pire que ça.» Je ne le fais plus, ça me rend malade.

Mes ami.e.s me disent que je devrais faire plus d’effort et avoir plus de dates mais j’ai juste l’impression que j’ai pas suffisamment d’énergie pour ça en ce moment. »-ANONYME I

D’après certain.e.s, le capacitisme est plus présent dans les familles que chez les partenaires.

«  La plupart des gens avec qui je sortais étaient d’abord des ami.e.s. Le capacitisme était donc moins présent qu’avec des personnes que je ne connaissais pas. Elles savaient à quoi s’attendre. Mais la préoccupation qui ressortait, c’était la réaction de leur famille face à notre relation. »
Genre… : « ça pourrait devenir sérieux, mais ça va être compliqué avec nos familles dans le portrait ». Ils/elles étaient honnêtes, j’imagine. »
-Gift Tshuma, membre de Accessibilize Montreal, étudiant en sociologie

Dans un autre témoignage anonyme, une personne partage des expériences similaires:

    « Les expériences de capacitisme les plus fréquemment vécues sont liées à mon fauteuil ou à mon handicap langagier, et aux commentaires négativement connotés que font les autres lorsqu’ils et elles ne sont pas au courant de mon handicap. Les obstacles peuvent prendre plusieurs formes:

a) ne pas être capable d’entrer dans un bar/pub où une « date » aurait aimé passer la soirée

b) passer pour saoule à cause de mon manque de coordination et de mon langage escamoté

c) et la maladresse liée à l’initiation de l’intimité avec une nouvelle personne.

J’ai aussi constaté du capacitisme de la part de la famille et des ami.e.s de mes anciennes dates.” – ANONYME II

Dans un post précédent, on a abordé la question des
obstacles qui émergent lors des dates

Cette entrevue anonyme raconte l’expérience vécue sur les sites de rencontre en ligne :

« Il y a toutes sortes de réactions. La plupart du temps les gens se sentent désolés. Ça fait mal, comme quand une personne arrête de vous répondre parce qu’elle a peur. »-Anonyme I

Rester dans une relation pas correcte…

   « Il y a deux peurs :

1) Celle de ne pas être acceptée

2) celle d’être seule

Je suis restée dans des relations qui ne fonctionnaient pas pour ne pas me sentir seule. Mais ça fait mal, c’est un peu comme du poison, plus on s’enfonce, plus il s’infiltre. À un moment tu te demandes comment tu as pu en arriver là et tu regrettes de ne pas avoir réagi plus tôt. »    – Gift Tshuma

Ici, on ne propose pas de solutions, on se contente de partager les expériences. C’est le premier post d’une longue série. Merci à ceux et celles qui ont raconté leurs histoires avec leur cœur et leurs tripes. Vous êtes fort.e.s, et ensemble nous le sommes encore plus!

Contactez-nous si vous voulez partager votre histoire avec nous, anonymement ou pas! Ou utilisez le #ableistdate

Le sexe n’a pas besoin d’être de la gymnastique

Ce samedi soir, accompagné.e ou solo, rappelez-vous de ces mots… “Le sexe n’a pas besoin d’être de la gymnastique”. (Ultimate guide to sex and disability).

Il y a différentes manières de vivre la sexualité et les relations intimes, différents niveaux d’activité physique, d’énergie. Il est possible d’aimer faire des acrobaties au lit, et si ça vous tente allez-y, mais c’est aussi possible de prendre ça plus relax!

Trop de pression à la  performance ==> sexe pas le fun.
Et le sexe, ça doit avant tout être le fun!

<3 <3 <3

L’(in)accessibilité : un enjeu de plus lorsque qu’on a une date!

Lorsqu’on planifie un rendez-vous galant, la question de l’accessibilité n’est pas une mince affaire! Les restaurants, les parcs, les petits bars à spectacle auxquels on accède par un escalier…

Comme je parle toujours d’accessibilité, ceux et celles qui me connaissent savaient que le sujet allait immanquablement revenir sur le tapis. Car l’accessibilité affecte tous les éléments de notre vie. Si vous vivez au Québec, vous connaissez les obstacles que l’on rencontre ici. Si vous vivez ailleurs, sachez qu’il y a plusieurs types d’inaccessibilité, certains avec lesquels je suis familière parce que j’y suis confrontée ou parce qu’on m’en a fait part lors d’entrevues. Et certains que je vais découvrir une fois ce post publié grâce à vos commentaires.

Comment est-ce que l’in/accessibilité affecte nos vies, et notamment nos vies sexuelles?

Il y a d’abord les questions d’accès physique aux organismes communautaires, aux magasins, au domicile des ami.es, aux bureaux de médecins, aux hôpitaux (pour ne pas citer de nom le tout nouveau Royal Victoria qui n’a pas de portes automatiques).
Puis l’impossibilité de choisir notre mode de transport, qui a un impact sur comment on se sent lorsqu’on arrive à destination, ou même si on y arrive!
L’accès aux soins à domicile et au soutien dans la vie quotidienne fait aussi toute la différence entre se sentir bien et être prêt.e à affronter le monde extérieur ou rester chez soi jusqu’à notre prochaine douche, le lendemain ou même plus tard. Les coupures budgétaires au Québec ont un impact préoccupant sur les services à domicile.
Avoir de faibles revenus limite les possibilités de prendre part à des événements culturels ou des concerts.
Et ne négligeons pas les stéréotypes et la stigmatisation qu’on vit parce qu’on est perçu.e.s comme différent.e.s, démuni.e.s, infantilisé.es, stupides, bizarres, ou autre.

L’accessibilité est la capacité d’accéder librement et de la façon choisie aux espaces physiques ou sociaux.

Toutes les considérations mentionnées précédemment sont un fardeau supplémentaire dans nos relations amoureuses ou nos dates. Parfois, on ne tient pas compte de ces difficultés parce qu’on a été socialement conditionné.e.s à les garder pour nous, ou parce qu’on essaie de se concentrer sur les aspects positifs. Mais l’inaccessibilité peut avoir des impacts majeurs et difficiles sur nos relations, et il est important de le reconnaitre. Car l’inaccessibilité n’est pas de notre faute.
L’inaccessibilité n’est pas de notre ressort et pourtant, on doit vivre avec tous les jours.

L’inaccessibilité s’incarne dans la façon dont est organisé l’environnement physique – avec des escaliers ou des lumières fluorescentes, des autobus sans annonces vocales. L’inaccessibilité est aussi dans nos relations interpersonnelles, dans les présuppositions de ceux et celles qui nous entourent sur ce que l’on est capable de faire ou pas, dans la stigmatisation qu’on vit dans nos familles, dans l’espace public, ou dans les services sociaux inadaptés à nos réalités et nos handicaps.

Mais comment est-ce que l’inaccessibilité sociale et physique affecte nos relations affectives et amoureuses, nos dates?

Imaginez : parce que les transports en commun sont un cauchemar qui vous gobent toute votre énergie, vous font souffrir ou sont tellement inadaptés que vous vous y perdez, vous préférez rester à la maison plutôt que d’aller voir votre partenaire ou cette personne qui vous intéresse tant. Vous passez moins de temps ensemble que vous ne le feriez si les transports en commun étaient accessibles et les déplacements aisés. Parfois, lorsque vous arrivez à destination, vous êtes frustré.e ou en colère ou tout simplement épuisé.e.

Pas facile d’être dans un état d’esprit romantique dans ces conditions! Parfois, votre partenaire fait les frais de la rudesse du conducteur/ de la conductrice de transport adapté ou de cette personne voyante qui vous a indiqué la mauvaise direction. Vous passez votre colère sur votre bien-aimé.e, et vous vous sentez coupable, et désolé.e, mais c’est souvent comme ça que commencent vos rendez-vous. Tout ça parce que le transport n’est pas adapté à vos besoins et à votre réalité.

Cela peut vraiment avoir un impact négatif sur la relation. Mais il faut se souvenir que ce n’est pas de notre faute si l’accessibilité n’est pas encore une réalité ici. Ailleurs dans le monde, ça l’est. Il n’y a pas de raison pour que le Québec ne devienne pas un jour un endroit accessible. Mais en attendant, il faut vivre avec, et se rappeler que ça nous demande beaucoup d’amour, d’énergie et d’attentions pour contrer tous ces aspects négatifs, et pour garder les choses fluides et agréables entre nous. Ça peut être une chose positive en soi. Plus d’amour, c’est pas si mal! Mais c’est beaucoup de soins et d’énergie à investir, et il est important de continuer à prendre soin de soi en même temps qu’on nourrit cette relation pavée d’obstacles liés à l’inaccessibilité. Et pourquoi ne pas se battre ensemble contre le capacitisme ambiant et l’inaccessibilité? Ça donne un but commun et c’est une occasion de passer plus de temps ensemble!

Je tiens à être transparente, cette page est tirée de mon livre. Si vous en voulez plus, allez ici  lire un article sur  mon expérience de refus d’accès dans un autobus de la Société de transport de Montréal.

Mise en situation 1 : vous êtes sourd.e et votre partenaire ne l’est pas.

Vous avez développé vos propres façons de communiquer : vous avez appris à lire sur les lèvres quand vous étiez plus jeune, votre partenaire a appris à vous parler de face et à se mettre en pleine lumière et il/elle voit dans votre langage corporel si vous n’avez pas compris quelque chose et qu’il est nécessaire de répéter. Mais voilà : des ami.e.s l’invitent à voir une pièce de théâtre, et vous avec. Vous adoreriez y aller! Va-t-il y avoir de l’interprétation afin que vous ayez accès au dialogue et à l’intrigue? Non, c’est une production à petit budget, sans service d’interprète. Deux choix : y aller pour ne pas rater une occasion de socialiser et faire bonne impression auprès des ami.e.s de votre bien-aimé.e. Ou suggérer d’aller à un événement qui vous est accessible. Ou, le soir du spectacle, sortir avec vos ami.e.s de la communauté Sourde à la place.

Dans cette situation, il n’y a pas de « bonne » réponse. Tout dépend de votre état d’esprit, de vos limites et de votre zone de confort, de combien de places il y a dans le théâtre, d’où sont placés vos sièges, de si votre partenaire signe et peut servir d’interprète, et d’un million d’autres considérations. Vous faites surement des compromis, et votre partenaire aussi. Avec un peu de chance, ses ami.e.s vont comprendre que vous avez besoin d’interprétation et en faire la demande dans la mesure du possible.

Mais ce dont il faut tenir compte, en premier lieu, c’est de votre confort personnel et du plaisir que vous pouvez – ou pas – en tirer. Plaire aux personnes entendantes qui vous entourent n’est pas une fin en soi. Ce n’est pas de votre faute s’il n’y a pas de service public gratuit d’interprétation au Québec. On y travaille. Il y a d’ailleurs une pétition pour une loi pour l’accessibilité au Québec à signer, une initiative d’ À la porte en collaboration avec Portraits de Montréal.

Mise en situation 2: vous  avez rencontré une personne vraiment sweet, vous l’aimez beaucoup, et vous aimeriez sortir avec.

Ça a l’air réciproque, alors vous êtes excité.e, nerveux/euse et tout. Vous vous échangez vos numéros de téléphone et comme de fait cette personne vous invite le lendemain à la rejoindre dans un bar avec ses ami.e.s. Vous êtes ravi.e de l’invitation. Mais stressé.e parce que l’atmosphère d’un bar vous rend anxieux.se, malade et ça vous prend une journée entière pour vous en remettre. Est-ce que vous y allez, en sacrifiant vos besoins et désirs afin de ne pas rater cette opportunité de rencontre avec cet être merveilleux? Ou est-ce que vous refusez, embarrassé.e, et raccrochez très vite?

Tout dépend du temps que vous avez de disponible le lendemain. Si cette dépense d’énergie en vaut la peine, et que ça vous fait plaisir, allez-y. Si ça n’est pas possible pour vous à ce moment-là, pourquoi ne pas lui suggérer de vous rencontrer au salon de thé au coin de la rue, puis aller ensuite vous balader au parc tout proche? Vous pouvez dire : « j’aimerai bien faire de quoi avec toi, pourquoi ne pas nous retrouver dans un endroit tranquille afin qu’on prenne le temps de se parler, de se connaitre ». C’est une réponse qui montre que vous avez envie de passer du temps avec cette personne, mais qui ne vous place pas dans une situation qui va vous occasionner stress et anxiété.

Mise en situation 3: vous êtes sur un site de rencontre.

Une personne vous trouve cute. C’est réciproque. Chaque fois que la conversation s’oriente vers le fait de vous rencontrer, vous changez de sujet. Pas parce que vous ne voulez pas la rencontrer; mais parce que tous les endroits auxquels vous pouvez penser ont des escaliers.

Le timing et l’intimité sont des enjeux à considérer lorsqu’on date quelqu’un.e. Les personnes en situation de handicap sont sans arrêt en train de planifier, de faire des plans, de contourner les obstacles liés au fait que les infrastructures, que tout est inaccessible. Alors, qu’est ce qu’on suggère pour une première date? S’il fait beau, aller se promener. En planifiant le point de rendez-vous afin qu’à la fin de la balade vous puissiez vous arrêter dans un endroit accessible comme un café ou un magasin de crème glacée avec une terrasse. On oublie souvent à quel point c’est plaisant d’être à l’extérieur, et c’est un bon moment pour apprendre à se connaitre. Et ça sera différent de beaucoup de premières dates, dans un bar à 19h.

 Vous allez proposer quelque chose d’unique, de différent!

Si c’est l’hiver, essayez de trouver un endroit accessible. Dans les petites villes, souvent la seule place accessible est le café-restaurant de l’hôtel. Proposez de vous retrouver là en disant qu’ils ont le meilleur pina-colada en ville! Ou n’importe quoi. Essayez juste d’en faire une aventure excitante et nouvelle plutôt que de vous excuser pour le lieu inhabituel. Un petit peu de créativité peut rendre cette première date agréable, même mémorable. Même si c’est un peu gênant au début.

Si votre aspirant.e. partenaire n’est pas familièr.e avec les enjeux d’accessibilité, il ou elle s’attend à ce que vous soyez en charge. Prenez ce rôle, vous êtes expert.e de toute façon!

On ne va pas se mentir, ça peut être vraiment frustrant de ne pas être en mesure d’accéder à certains endroits, que ce soit pour une première date ou pas. Parfois on a juste le goût d’abandonner et de repartir à la maison. Parfois c’est ce qu’il y a de mieux à faire. Rien de tel que l’inaccessibilité pour vous gâcher une date.

Ce que j’ai appris c’est que la créativité et la détermination à avoir du plaisir peuvent être un bon antidote aux lumières fluorescentes et aux escaliers, et à toutes les barrières d’accès.

Cela ne signifie pas qu’on arrête de se battre pour l’accessibilité, mais tout en le faisant, on se crée aussi des espaces sexy et des dates qui nous ressemblent et nous font sentir bien.

Sortez et planifiez les dates qui vous ressemblent, en prenant en considération votre plaisir et votre bien-être et votre envie d’avoir du fun et de rencontrer du monde. Autrement dit, ne mettez pas vos besoins de coté juste pour une date. Si vous êtes en mesure de le faire, soyez flexible et proposez de nouvelles idées, de nouveaux lieux de rencontre. C’est comme ça qu’on innove.

Rappelez-vous : l’inaccessibilité n’est pas de votre faute.

Être en amour dans cet environnement inaccessible est un acte révolutionnaire. Alors prenez soin l’un.e de l’autre, parce que chaque fois que vous vous embrassez, vous contribuez à la lutte!

Photo: Extrait du projet #iamchair qui a eu lieu a l'été 2014 à Montréal. Deux artistes et activistes descendent les escaliers d’un bar très connu à Montréal. Elles portent une chaise roulante manuelle avec elles pour démontrer l’inaccessibilité des espace culturels. Elles portent une pancarte lors de la performance/manif disant: “Can I carry you? Est-ce que vous aider à monter?” Publié le Étiquettes , , ,

C comme Consentement: la “Liste Sexy”

Qu’est-ce qui fait que je suis confortable quand je suis nu.e avec quelqu’un.e? Qu’est-ce qu’un.e partenaire sexuel.le pourrait dire ou faire qui me rendrait inconfortable?

Avouons-le, communiquer ses besoins clairement peut être une tâche ardue, frustrante voire source d’angoisse, surtout pour ceux et celles d’entre nous qui communiquent plus facilement via l’écriture, un pointeur, un dispositif, pictogramme, etc. que par la parole.

Dans le post précédent, on donnait des outils pour commencer à parler de sexe avec son/sa/ses partenaire(s). Une fois qu’on a établi le dialogue, que faire?

Des listes sexy, qui nous permettent de nommer nos limites, envies et besoins et de connaitre ceux de notre/nos partenaire(s).

Pour l’exemple, il est possible de consulter la traduction française du “Yes, No, Maybe so, a sexual inventory stocklist” de Scarleteen.  Merci Scarleteen!

Il y a deux éléments dans une liste sexy:

1- Les activités sexuelles/sensuelles possibles

2- les différentes réponses

Exemple:

LES LIMITES PHYSIQUES À FRANCHIR OU À NE PAS FRANCHIR

___ Me faire toucher affectueusement sans me demander la permission

___ Toucher un.e partenaire affectueusement sans lui demander la permission

___ Me faire toucher les parties génitales sans me demander la permission

___ Toucher les parties génitales d’un.e partenaire sans lui demander la permission

___ Me faire toucher affectueusement en public

___ Toucher un.e partenaire affectueusement en public

___ Me faire toucher les parties génitales en public

___ Toucher les parties génitales d’un.e partenaire en public

___ Me faire enlever mon haut en présence d’un.e partenaire

___ Avoir un.e partenaire qui retire son haut en ma présence

___ Enlever mes pantalons lorsque je suis avec un.e partenaire

___ Avoir un.e partenaire qui retire ses pantalons en ma présence

___ Être complètement nu.e avec un.e partenaire lorsque les lumières sont éteintes ou faibles

___ Être avec un.e partenaire complètement nu.e lorsque les lumières sont éteintes ou faibles

___ Être complètement nu.e avec un.e partenaire lorsque les lumières sont allumées

___ Être avec un.e partenaire complètement nu.e lorsque les lumières sont allumées

___ Se regarder dans les yeux

___ Être regardé.e partout lorsque je suis nu.e.

___Chatouiller

___Se faire chatouiller

___Lutter ou simuler la lutte

___Donner un massage

___Recevoir un massage

___Me faire toucher la poitrine, les seins ou les mamelons

___Toucher ou frotter la poitrine, les seins ou les mamelons de mon/ma partenaire

___Se frotter l’un.e contre l’autre tout habillée.e.s

___Nous frotter les parties génitales mutuellement dans la position du ciseau (tribadisme)

___Me faire lécher ou embrasser la poitrine/seins

___Embrasser ou lécher les seins d’un.e partenaire

___Me masturber en présence d’un.e partenaire

Réponses potentielles :

  • Oui, j’ai envie de  _____ si les circonstances sont bonnes
  • Non, je n’ai pas envie de _____. Ni maintenant, ni jamais
  • Je ne sais pas, je n’ai jamais entendu parler de ____. Peux-tu m’expliquer?
  • Je serait intéressé.e à essayer ____ si:

* Il y a une bonne chimie entre nous

* J’ai tout ce qu’il me faut pour être confortable

* Je me sens bien

* Je n’ai pas trop de douleurs

* J’ai pris une douche

* Je ne suis pas en psychose ou dépression

* J’ai entrepris ces démarches d’abord: ______ et ______

* Autre…

 

Il est possible de remplir cette liste seul.e, puis ensuite avec le/la/les partenaire(s), ou de les remplir séparément et d’en discuter ensuite autour d’un breuvage frais, dans un moment de détente et sans être submergé.e par l’excitation.

Cette liste est un point de départ pour améliorer la communication et se rapprocher du/de la/des partenaires!

Qui aurait pu penser que faire une liste soit si sexy!

Positions sexuelles confortables

Avouons-le, parler de sexe n’est pas toujours confortable.

Dans le feu de l’action, on peut avoir quelque chose à dire mais parfois les mots nous manquent ou on n’a plus envie d’en parler.  On pense parfois que la chambre à coucher est le seul endroit où l’on devrait parler de sexe.

Pourtant…

Que ce soit à la télévision, dans les revues, dans la musique, dans la pornographie et autres médias, nous sommes entouré.e.s de représentations et de discours sur les corps et la sexualité. Pourtant, il existe tellement de tabous autour de nos expériences réelles de la sexualité, qui se trouvent bien souvent à des années lumières de ces représentations médiatiques. Pas étonnant qu’on ait de la difficulté à s’y retrouver!
Au lieu d’avoir comme référence les idées préconçues qui prévalent dans nos sociétés, parler de sexe nous aide à définir ce qu’on veut, ce qu’on ne veut pas et ce dont on n’est pas certain.e. Quelques exemples de ces idées préconçues: les personnes en situation de handicap n’ont pas de sexualité; le sexe existe seulement entre un homme et une femme; il est synonyme de pénétration, sans plus; chacun.e sait comment faire; l’orgasme est mutuel et hop! le tour est joué…

Pour déjouer ces idées fausses, on devrait pouvoir parler de sexe partout, tout le temps!

Plusieurs d’entre nous utilisent une assistance technologique pour communiquer. D’autres ont des douleurs intermittentes, vivent avec des effets secondaires dus aux médicaments ou ont des sautes d’humeur. Dans ces cas là, comme dans d’autres, communiquer ses besoins ou ses désirs avant de passer aux actes peut s’avérer préférable.
Communiquer nos besoins et entendre ceux de notre/nos partenaire.s peut permettre de réduire le stress et de sensibiliser chacun.e aux besoins de l’autre. Un petit “en général je ne suis pas très bavard.e après avoir eu des relations sexuelles/sensuelles parce que je me sens submergé.e” peut contribuer à rassurer le/la/les partenaire(s) dans un moment de vulnérabilité. De même, discuter au préalable des positions sexuelles qui sont confortables et agréables pour nous avant de les réaliser peut contribuer à rendre l’expérience sexuelle plus agréable.

Essayons d’aborder les sujets liés à la sexualité, au sécurisexe, à la routine des besoins naturels, aux désirs, aux fantasmes et aux peurs dans des moments autres que nos « moments sexy”, au lit. » (page 142, Ultimate guide to sex and disability)

La communication peut prendre une diversité de formes: l’écriture, le dessin, la parole, le langage corporel. Elle peut se faire via une assistance technologique ou de n’importe quel autre moyen qu’on trouve adéquat. Ça ne nous passe pas toujours par la tête de communiquer nos désirs ou de nous enquérir des désirs de notre/nos partenaire(s) avant de passer au lit.

Le moment le plus propice à la discussion n’est peut-être pas lorsqu’on est en train de se déshabiller et que les hormones se bousculent. Et on est certainement moins patient.e et pondéré.e à ce moment là qu’à la normale

Tout le monde sait qu’il ne faut pas faire son épicerie lorsqu’on a faim! Parce qu’on finit toujours par acheter ce qu’on ne veut pas, ce qui est trop cher ou ce qui nous satisfait sur le moment mais nous fait sentir mal après coup. C‘est pareil pour le sexe. Si on attend d’être excité.e.s pour communiquer nos désirs et nos besoins, il peut arriver qu’on ne se respecte pas ou qu’on fasse des choses qu’on aurait préféré éviter.
Peut-on s’imaginer en train de discuter de nos positions sexuelles préférées autour d’un café? Ou parler de nos fantasmes en étant blotti.e. l’un.e contre l’autre sur un divan?

Peu importe les sujets qu’on souhaite aborder: sécurisexe, désirs personnels, besoins intimes ou horaires de soins personnels, il vaut mieux en parler lorsqu’on se sent calme et à l’aise, dans des moments d’intimité, alors qu’on ne se sent pas vulnérable.
Pour alimenter la discussion… pensons à notre crème glacée préférée…
Imaginons que ce soit cerise et chocolat. Un.e ami.e nous invite à manger une crème glacée, mais on est trop timide pour lui dire qu’on aime la cerise et le chocolat. Pensant nous faire plaisir, il ou elle nous apporte une double boule à la vanille. La vanille, c’est bon mais… c’est pas vraiment ce qu’on aime!Si la personne avec laquelle on veut être intime sait ce qui nous fait plaisir (c’est à dire : elle connaît notre saveur préférée de crème glacée) et vice versa, lorsqu’on se déshabille ensemble… les choses ne peuvent qu’être meilleures!

Quelques astuces pour entamer un dialogue sur la sexualité avec un/une/des partenaire(s)

  1. Pour commencer, penser aux points qu’on souhaite aborder absolument. On peut s’imaginer en train d’avoir la discussion, à notre façon. On peut prendre des notes, ou se pratiquer en privé. Peu importe la stratégie pour organiser nos pensée, il faut se dire que la discussion se passera bien et sera agréable.
  2. Pour briser la glace, il n’y a qu’à parler d’ ACSEXE+! Exemple d’amorce :  « j’ai lu sur un blog que…et par ailleurs…”
  3. Au cours de la discussion, il est possible d’exprimer les émotions ressenties. C’est plutôt charmant et ça offre l’opportunité à l’autre de faire pareil et de connecter émotionnellement; “Je me sens nerveu.x.se parce que je t’apprécie vraiment” ou “c’est la première fois que j’ai ce genre de discussion avec quelqu’un.e”. Ces petites phrases peuvent détendre l’atmosphère et enlever de la pression. L’autre personne ressent probablement la même chose!

Pas de pression

Il n’y a pas de recette miracle qui fonctionne pour tout le monde. On peut imaginer le déroulement de la scène, le meilleur moment, l’endroit le plus adapté… mais rien n’est jamais parfait. Pourquoi ne pas se pratiquer avec des ami.e.s, ou notre chat? Plus on pratique, plus c’est facile. Et si ça ne se déroule pas si bien la première, fois, ça sera mieux la deuxième! On apprend au fur et à mesure.

C’est comme le couple présenté sur la vidéo ci-après

 

Un des deux est paraplégique. Ils essaient ensemble différentes positions tout en restant habillé.e.s afin de trouver la meilleure et celle qui sera le plus agréable une fois dénudé.e.s. (Ces positions peuvent aussi bien être pratiquées avec un gode ceinture). C’est amusant, agréable et cela contribue fort probablement à la complicité des partenaires. Un travail d’équipe, un but commun!

La vidéo est en anglais, mais une image vaut mille mots.

Malheureusement, il n’y a pas de sous-titres pour les personnes sourdes. Ça serait  génial d’avoir accès à ce genre de vidéos en français. Si vous en connaissez, n’hésitez pas à les partager!
Cette vidéo nous montre deux personnes à la recherche du plaisir mutuel. Il et elle font des tests, ils sont habillés et dans un environnement sans stress afin de trouver ce qui fonctionne pour eux. Dans cette situation, tomber, prendre le temps de trouver le bon ajustement, en rire, ou dire quelque chose de bizarre a beaucoup moins d’implication émotive que dans le feu de l’action!
<3<3

Mythe ou réalité?

Il y a plusieurs types de sensations, de plaisirs, d’orgasmes. On ne les connait pas tous, et certains nous paraissent interdits en raison des tabous qui entourent la sexualité. Parlons-en!

Le rôle des fantasmes dans le plaisir physique

“L’éjaculation et l’orgasme sont [considérés comme] synonymes alors que ce sont deux processus et expériences différents” (Ultimate Guide to sex and disability)

Et oui, il est possible d’avoir un orgasme en stimulant un endroit du corps éloigné des organes génitaux! Une expérience avec laquelle certaine personnes atteintes de paralysie sont familières.

“Il existe plusieurs types d’orgasmes; certains sont provoqués par le fantasme uniquement. Certaines femmes qui ont une lésion de la moelle épinière peuvent avoir une réponse orgasmique sans aucune forme de simulation physique…Bien que ce ne soit pas commun, il est important d’être conscient.e de cette possibilité.” ( Ultimate Guide to sex and disability)

Pour certain.es, une caresse derrière l’oreille peut être une expérience orgasmique. Pour d’autres, une stimulation adéquate des mamelons peut provoquer la jouissance. Pour d’autres encore, ce sera un massage de tête!

Le plaisir physique est intimement lié à nos pensées et à nos fantasmes. Avec un peu d’ouverture et d’exploration, nous sommes capables d’éprouver du plaisir – et même des orgasmes – en stimulant des parties très diverses du corps, ou seulement grâce à notre imagination ou nos fantasmes.

Il existe de nombreux types d’orgasmes et tout autant de façons de les provoquer. Pourquoi se limiter à un type de stimulation, rapide et en-dessous de la ceinture ?

Dans nos corps, dans nos esprits, l’orgasme et le plaisir peuvent être n’importe où.

Post de Aimee Louw inspiré par le livre « The Ultimate Guide to Sex and Disability: For All of Us Who Live with Disabilities, Chronic Pain, and Illness» (2007) par Miriam Kaufman , Cory Silverberg , Fran Odette