La santé sexuelle et le handicap : tout ce qu’il faut savoir

Le texte qui suit est un excellent d’article tiré d’une page Web publiée par Action Canada pour la santé et les droits sexuels dans le cadre de la Semaine de sensibilisation à la santé sexuelle et génésique. La description de l’organisation ci-dessous est également tirée de leur site Web.

Action Canada est une organisation canadienne de bienfaisance progressiste et pro-choix vouée à la promotion et à la défense de la santé et des droits sexuels et génésiques au Canada et dans le monde.

Nous vous invitons à consulter leurs ressources et site Web afin de suivre les dernières nouvelles en santé sexuelle et génésique au Canada.

LA SANTÉ SEXUELLE ET LE HANDICAP

Les personnes ayant un handicap sont des êtres sexuels. Un handicap ne te rend pas moins attirant(e) ou désirable et, handicap ou pas, les relations sexuelles peuvent être libératrices, sûres et agréables. Il y a bien sûr des personnes handicapées qui sont asexuelles, mais le fait de vivre avec un handicap ne signifie pas que tu ne peux pas être sexuel.

Le sexe ne se limite pas seulement aux rapports sexuels; ton handicap pourrait t’aider à être plus créatif(ve) et en harmonie avec ton corps, dans l’exploration de ta sexualité. Selon ton handicap, le sexe pourrait demander plus d’innovation, de patience et de planification. Il est donc important d’écouter ton corps, de parler avec ton ou tes partenaire(s) et, au besoin, avec tes professionnels de la santé. Procure-toi toute l’information dont tu as besoin pour te protéger contre les ITS et les grossesses non planifiées. Certains handicaps pourraient influencer le type de méthode de contraception que tu peux utiliser; il est donc important d’en parler avec un professionnel de la santé compétent.

Violence sexuelle

Plusieurs personnes subissent de la violence sexuelle, de la part de partenaires, de membres de la famille, de personnes avec lesquelles elles interagissent ou de personnes qu’elles connaissent à peine. Il n’y a pas de lieu, de moment ou de situation particulière où le risque d’agression sexuelle est plus ou moins marqué. Mais nous savons que certains facteurs comme un faible statut social, une faible capacité de négocier ou des éléments pouvant augmenter la peur de déclarer un crime (p. ex., l’implication dans le travail du sexe, l’absence de statut de citoyen, etc.) peuvent rendre des individus plus vulnérables.

Le handicap est un autre facteur pouvant contribuer à la vulnérabilité d’une personne à l’agression. Certains d’entre nous avons besoin de soins de la part d’individus ou d’établissements, et quelques-uns de ceux-ci pourraient profiter de cette situation. Certains d’entre nous pourraient être isolés ou perçus comme une cible facile. Personne ne mérite d’être agressé, ni ne demande de l’être.

Il est important de connaître tes droits sexuels et génésiques.

  • Intégrité physique : inclut la vie, la liberté et la sécurité de la personne; des soins de santé complets et la protection de la santé; des choix éclairés et autonomes à propos de ta santé sexuelle et génésique; et la protection contre la violence sexuelle.
  • Égalité et non-discrimination : incluent la protection, dans ta vie sexuelle et génésique, et en particulier dans l’accès aux soins et services de santé, contre la discrimination fondée sur la race, la couleur de la peau, le sexe ou l’orientation sexuelle, l’état matrimonial ou la situation familiale, l’âge, la langue, la religion, l’opinion politique ou autre, l’origine nationale ou sociale, la situation financière et le handicap.
  • Information et éducation : incluent une information fiable, exacte, complète et accessible, à propos de ta santé et de tes droits et responsabilités d’ordre sexuel et génésique, qui soit sexospécifique, exempte de stéréotypes, et fournie de manière objective, critique et pluraliste.

La sexualité et le handicap intellectuel

Chaque personne possède une identité sexuelle. L’expression de ta sexualité dépend de plusieurs facteurs, comme ton âge, culture, origine ethnique, identité de genre, expression de genre, orientation sexuelle, handicap et image corporelle, et tes valeurs, attitudes et croyances. Ces facteurs influencent aussi tes choix en matière d’activité sexuelle. C’est toi qui décides si, quand et comment tu seras actif(ve) sexuellement avec une autre personne.

Être au courant!

Il est important pour les personnes ayant un handicap intellectuel de recevoir une éducation sexuelle complète, adaptée à l’âge, qui va au-delà des faits biologiques. Celle-ci devrait aussi enseigner comment gérer et apprécier les relations, faire des choix responsables et distinguer le bien du mal. Cela pourrait t’aider à reconnaître si quelqu’un essaie de profiter de toi et encourager la capacité de déclarer les incidents ou situations inconfortables. Il est important de maintenir la communication avec des personnes dignes de confiance dans ton entourage.

Il est important d’être préparé à l’adolescence et aux changements émotionnels, physiques et sociaux qui l’accompagnent. En te renseignant au sujet de ta sexualité et de ton corps, tu seras mieux préparé(e) aux changements liés à ton développement sexuel (comme les menstruations, les rêves érotiques, l’excitation sexuelle, etc.). Le fait de savoir comment prendre soin de ton corps (p. ex., utiliser une coupe menstruelle ou des serviettes hygiéniques, ou se nettoyer après une éjaculation) pourrait rehausser ton sentiment d’autonomie.

La compréhension des sentiments d’attirance et des changements physiques, et le développement et l’intégration de compétences sociales, peuvent exiger du temps, de la pratique et de la répétition.

Connaître les faits

Pour avoir une vie sexuelle saine et satisfaisante, il est important que tu comprennes des aspects clés de ta santé sexuelle et génésique, notamment le plaisir sexuel, la contraception, la grossesse, les relations sexuelles plus sécuritaires, ITS et le VIH.

Le fait d’être renseigné(e) au sujet de ta santé et de tes droits sexuels et génésiques peut t’aider à te protéger contre la violence sexuelle. Il est important que tu saches :

  • comment ton corps fonctionne
  • que tu as le droit de dire « non » à toute forme d’activité sexuelle
  • à qui parler en cas de contact sexuel non désiré
  • la différence entre des comportements publics et privés
  • dans quelles circonstances il est acceptable que quelqu’un touche à ton corps (p. ex., lors d’un examen physique chez le médecin)
  • qu’il est inacceptable de toucher quelqu’un sans sa permission

Connais tes droits

Il est important de comprendre tes droits sexuels et génésiques et d’en parler. Les droits sont une question de dignité, de respect et de responsabilité. Être traité avec dignité et respect implique de respecter les droits de l’autre, en ayant des relations sexuelles saines et plus sécuritaires.

Quels sont mes droits en tant que personne LGBTQI handicapée?

La Charte canadienne des droits et libertés et des codes provinciaux sur les droits de la personne garantissent à tous les Canadien-nes une protection contre la discrimination fondée sur l’orientation sexuelle et le handicap mental ou physique. Ainsi, tout service que tu reçois doit être équivalent à celui que recevrait une personne hétérosexuelle ou non handicapée. Cela comprend :

  • du soutien au développement d’un réseau social
  • une éducation sexuelle adéquate
  • du respect et du soutien dans tes relations
  • l’accès à des soins et services de santé complets

Si tes soignants ou tes professionnels de la santé ne respectent pas ces droits, tu peux contacter un organisme de défense des droits des personnes handicapées (comme ton Centre local pour une vie autonome), qui t’aidera à exiger des services justes et équitables, ou déposer une plainte auprès de la Commission canadienne des droits de la personne ou de ta commission provinciale des droits de la personne.

La sexualité et le handicap physique

Chaque personne possède une identité sexuelle. L’expression de ta sexualité dépend de plusieurs facteurs, comme ton âge, culture, origine ethnique, identité de genre, orientation sexuelle, handicap et image corporelle, et tes valeurs, attitudes et croyances. Ces facteurs influencent aussi tes choix en matière d’activité sexuelle. C’est toi qui décides si, quand et comment tu seras actif(ve) sexuellement avec une autre personne.

Exprimer ta sexualité

Nous avons tous avantage à élargir notre compréhension de ce en quoi le sexe consiste. Il existe plusieurs façons d’exprimer ta sexualité, dont certaines pourraient fonctionner pour toi et te stimuler, par exemple :

  • les activités sans pénétration (baisers, toucher, masturbation mutuelle)
  • la relation sexuelle orale
  • la pénétration (anale, vaginale ou avec un pénis ou un jouet sexuel)
  • la masturbation
  • les fantasmes (i.e. penser au sexe). Le plus important organe sexuel de l’être humain est le cerveau. L’expérience du plaisir a beaucoup plus à voir avec tes sentiments par rapport à une situation, une personne ou un fantasme, qu’avec la capacité de ton corps de faire certaines choses

Le fait de te renseigner au sujet de ton corps et de tes pensées et sentiments sexuels, et des obstacles possibles à l’humeur sexuelle (comme la douleur, la fatigue ou les médicaments), et de connaître où sont les zones érogènes de ton corps et comment les stimuler, sont des moyens importants pour avoir une vie sexuelle satisfaisante. Le fait de t’éduquer sur les enjeux liés à la santé et aux droits sexuels et génésiques (y compris les relations sexuelles plus sécuritaires et le consentement) peut t’aider à faire des choix éclairés quant à ta santé sexuelle et génésique, quand tu décides d’avoir des relations sexuelles.

Connais tes droits

Il est important de comprendre tes droits sexuels et génésiques et d’en parler. Les droits sont une question de dignité, de respect et de responsabilité. Être traité avec dignité et respect implique de respecter les droits de l’autre, en ayant des relations sexuelles saines et plus sécuritaires.

Quels sont mes droits en tant que personne LGBTQI handicapée?

La Charte canadienne des droits et libertés et des codes provinciaux sur les droits de la personne garantissent à tous les Canadien-nes une protection contre la discrimination fondée sur l’orientation sexuelle et le handicap mental ou physique. Ainsi, tout service que tu reçois doit être équivalent à celui que recevrait une personne hétérosexuelle ou non handicapée. Cela comprend :

  • du soutien au développement d’un réseau social
  • une éducation sexuelle adéquate
  • du respect et du soutien dans tes relations
  • l’accès à des soins et services de santé complets

Si tes soignants ou tes professionnels de la santé ne respectent pas ces droits, tu peux contacter un organisme de défense des droits des personnes handicapées (comme ton Centre local pour une vie autonome), qui t’aidera à exiger des services justes et équitables, ou déposer une plainte auprès de la Commission canadienne des droits de la personne ou de ta commission provinciale des droits de la personne.

ACSEXE+ à la Fierté Montréal 2019

Pour une seconde année, ACSEXE+ participait à Fierté Montréal sous la bannière et le kiosque de Passion & Handicap – Passion & Disability.

Laurence, chargée de projet ACSEXE+, a profité de cette opportunité pour présenter le projet ACSEXE+ et ses nouvelles visées, ainsi que le matériel promotionnel de la Fédération du Québec pour le planning des naissances (FQPN). Elle a eu l’occasion de rencontrer des bénévoles et travailleur.euse.s de l’organisme des Amputés de guerre et de l’Association sportive des sourds du Québec.

Notre table présentait les chandails avec le logo de la FQPN et le slogan militant pro-choix des années 1980  «Ni curé, ni médecin, ni juge, ni conjoint MON CORPS MES CHOIX» et les jeux de cartes contenant des questions/réponses sur les sexualités, l’avortement et la contraception. De plus, nous avions, pour consultation sur place, une copie de la brochure «Services d’avortement adaptés aux réalités trans» ainsi que quelques copies du Bottin des ressources en avortement au Québec 2018. Si vous n’avez pas eu la chance de visiter notre kiosque pendant ces deux jours et d’obtenir votre chandail, sachez qu’il est possible d’en commander en nous écrivant à l’adresse info@fqpn.qc.ca ou via la page Facebook de la FQPN.

Malgré la belle température et l’ambiance festive de la Fierté, il était dommage de constater que le kiosque de Passion & Handicap était situé dans un endroit très peu achalandé et accessible du site du Parc des Faubourgs. Même si les efforts pour rendre le site de la Fierté plus accessible ont été remarqués et soulignés, par exemple avec l’installation de toilettes adaptées, de plateformes surélevées près des scènes de spectacle et la présence d’interprètes en langue des signes québécoise lors de différents événements, plusieurs éléments nuisant à l’accessibilité doivent être soulevés.

L’accessibilité du kiosque était assurée par une rampe d’accès. Toutefois, le kiosque était situé dans un espace qui se trouvait loin de l’entrée principale, le seul endroit où il est possible d’accéder au site des festivités. Pour les personnes qui utilisent le service de transport adapté, pouvoir accéder au site via une seule entrée n’est vraiment pas optimale puisqu’elles font la demande d’être déposées à proximité du kiosque, ce qui leur évite de se fatiguer en parcourant une distance inutile.

Il serait donc fortement suggéré, pour les prochaines éditions, qu’une entrée du site soit prévue près de ce kiosque, ou que celui-ci soit déplacé à proximité de l’entrée unique du site, encore plus près des autres kiosques occupés par plusieurs groupes communautaires. L’accessibilité au kiosque serait alors facilitée et ce changement permettrait également d’augmenter l’achalandage autour des kiosques d’organismes en défense de droits pour les personnes en situation de handicap.

Nous avons également remarqué le manque de publicité autour de la tenue de ce kiosque. Même en visitant le site Web de Fierté Montréal pour l’édition 2019, il n’est pas possible de trouver un descriptif du kiosque et des groupes invités, une information qui pourrait être facilement obtenues par administrateur.trice.s du site Web.

Nous invitons Fierté Montréal a apporter les changements nécessaires pour améliorer grandement la tenue de ce kiosque et des personnes qui viendront le visiter. Nous souhaitons que les changements soient apportés dès l’an prochain, si Passion & Handicap – Passion & Disability obtient à nouveau un kiosque en 2020.

 

Pensatout : un outil indispensable

L’Association de spina-bifida et d’hydrocéphalie du Québec a mis sur pied une application Web qui permet aux adolescents et aux jeunes adultes en situation de handicap de s’occuper de différents aspects de leur santé mentale et physique.

Comme expliqué dans la première vidéo ci-dessous, pour plusieurs personnes, après 18 ans, celles-ci n’ont plus accès aux mêmes services en santé. Certaines personnes ne sont alors plus suivis dans des départements de pédiatrie et perdent donc les professionnel.le.s et les médecins qui les accompagnaient depuis plusieurs années, ce qui peut occasionner du stress.

L’application Web permet alors de «faciliter la transition de l’adolescence à la vie adulte», puisqu’elle permet de planifier et d’organiser ses soins médicaux qui sont nécessaires et ne s’arrêtent pas après l’âge de 18 ans. L’application Pensatout propose même des ressources selon les besoins.

Il suffit de se créer un compte sur l’application Web et d’y entrer les informations qui correspond à sa condition. Il est également possible de bâtir un plan d’action pour organiser son bien-être, ses soins de santé, sa vie sociale, sa vie sexuelle, etc.

L’application est disponible en français uniquement. Cliquer ici pour accéder directement au site !

L’entrevue ci-dessous a été réalisée dans les studios d’AMI-télé en décembre 2018.

ACSEXE+ recrute !

OFFRE D’EMPLOI

Chargée du projet ACSEXE+

 

La Fédération du Québec pour le planning des naissances (FQPN) est à la recherche d’une personne motivée et pleine d’enthousiasme pour prendre en charge le projet ACSEXE+.

ACSEXE+ est un projet initié en 2015 qui a pour objectif de créer un espace où il est possible de parler positivement des sexualités des personnes en situation de handicap, sourdes ou neurodiverses et où l’on crée des alliances pour la défense des droits en santé sexuelle et reproductive dans une perspective féministe.

Fondée en 1972, la Fédération du Québec pour le planning des naissances (FQPN) est un regroupement féministe de défense des droits et d’éducation populaire en matière de santé sexuelle et reproductive. La FQPN regroupe des groupes locaux, régionaux et nationaux ainsi que des membres individuel·les. Son mandat est de sensibiliser, d’informer et d’encourager la réflexion critique en santé sexuelle et reproductive et de promouvoir le libre-choix face à la parentalité dans une perspective de justice sociale.

 

Description de la mission

En collaboration avec le reste de l’équipe, la chargée de projet aura pour mission de :

  • Réaliser en concertation un outil de sensibilisation et d’éducation en matière de santé sexuelle et reproductive des femmes en situation de handicap
  • Alimenter le blogue et les réseaux sociaux ACSEXE+
  • Créer et animer un comité ACSEXE+ avec les groupes premièrement concernés
  • Élaborer les grandes lignes d’un plan d’action du projet sur 3 ans.

 

 

Profil recherché

  • Expérience – professionnelle ou bénévole – en gestion de projets idéalement par des méthodes participatives, de concertations ou collaborations
  • Expérience de travail, de militance ou de recherche en défense de droits et/ou handicaps
    • Bonne capacité d’analyse politique et de pensée stratégique
    • Habileté de mobilisation et capacité à travailler en collaboration avec des groupes et personnes de divers milieux et à entretenir des partenariats et collaborations
    • Capacité de planifier, organiser et d’atteindre les objectifs en respectant les délais
    • Imputabilité, intégrité, loyauté et sens de l’éthique
    • Connaissance des réalités liées au handicap et au capacitisme
    • Connaissance des grilles d’analyses féministes et anti-oppressives
    • Connaissance des réalités des personnes trans et non binaire ainsi que des femmes de la diversité sexuelle
    • Excellent français oral et écrit.
    • Maitrise de l’anglais – un atout
    • Connaissance des outils suite Office, WordPress, Twitter, Facebook – un atout

 

 

Conditions

Contrat de 6 mois renouvelable

14h / semaine

Taux horaire : 21,91$ / h

Entrée en fonction : dès que possible

Les candidatures des personnes premièrement concernées par la nature du projet (à savoir les personnes en situation de handicap, les personnes sourdes et les personnes neurodiverses) seront favorisées. N’hésitez pas à préciser dans votre candidature si vous faites partie d’une des communautés directement concernées par le projet.

Les personnes intéressées sont priées de faire parvenir leur curriculum vitae ainsi qu’une lettre de motivation avant le 13 janvier 2019 uniquement par courriel à l’attention de Cindy Pétrieux à l’adresse suivante : cpetrieux@fqpn.qc.ca. Merci d’indiquer CANDIDATURE ACSEXE+ dans l’objet du courriel.

 

La FQPN souscrit au principe d’accès à l’égalité en emploi et incite les femmes de la diversité culturelle, en situation de handicap, aux personnes appartenant aux communautés LBTQIA2S (lesbienne, bisexuel.le, trans, non binaire, queer, intersexuée.e, asexuel.le, bispirituelle), autochtones et/ou appartenant à un groupe traditionnellement marginalisé à poser leur candidature. À compétence égale, ces candidat·es seront retenues pour l’emploi.

 

***Les bureaux de la FQPN sont adaptés et accessibles aux personnes en fauteuils roulants. Il y a un ascenseur dans notre immeuble. Si vous avez d’autres questions concernant l’accessibilité de notre local, merci de nous écrire à info@fqpn.qc.ca***

 

Nous remercions toutes les personnes formulant une candidature, toutefois seules les personnes convoquées en entrevue seront contactées.

Le Sommet ACSEXE+ le 17 juin prochain: save the date !

Note: traduction à venir.

FORMULAIRE D’INSCRIPTION ICI !

La Fédération du Québec pour le Planning des Naissances annonce la tenue du tout premier Sommet ACSEXE+: Sexualités, accessibilité et handicaps !

Au menu: santé sexuelle, consentement, dynamiques relationnelles, sextoys (oui oui!), communication, rencontres, diversité sexuelle, pluralité des genres et plus encore ! 

L’événement se tiendra dimanche le 17 juin prochain de 9h à 20h à la Maison du Développement Durable, au 50, Sainte-Catherine Ouest, Tio’tia:ke (Montréal), QC, H2X 3V4, dans la salle Clark.

La Maison du Développement Durable (MDD) est entièrement accessible aux personnes utilisant des appareils de mobilité. La station de métro accessible la plus près est Berri-UQAM (à environ 10 minutes, pente douce descendante vers la MDD via la rue Sainte-Catherine).

Les présentations seront offertes en anglais avec traduction simultanée en français et en LSQ.

LE FORMULAIRE D’INSCRIPTION SERA DISPONIBLE SOUS PEU!
Pour être tenu.e au courant, gardez un oeil sur nos réseaux sociaux (Facebook et Twitter).

EN VEDETTE…

SHAY ERLICH         JENNA ROY       KIRSTEN SCHULTZ         ABBY KIDD
… et vous !

Les ateliers présentés durant la journée

« From medical to sexual: negotiations of consent » par Shay Erlich et Jenna Roy

« The notion of « consent » can be complex for disabled people in a world where worthiness can be judged by the willingness to offer one’s consent. Within the disabled world it is expected that we give free consent over our bodies to medical practitioners, attendants, and to those in the community who « just want to help. »Failure to provide this consent can be used as a basis for withdrawal of services and supports and can earn the label of non-compliance. How then is it possible to empower disabled people to make decisions about consent and enforce their consent in relationships that are not bound in coercion? This workshop will explore the various settings where disabled people are asked to provide consent and provide concrete tools and approaches to being able to more assertively enforce consent with medical practitioners, attendants/other disability support workers, community members, and significant others. »

« Hurts so good » par Kirsten Schlutz

« Kirsten has lived with chronic pain all their life. When they wanted answers about relationships, sex, illness, and more, they couldn’t find much. This presentation will cover the basics of how illness, pain, and disability affect our sexy times. We’ll talk about ways to fight that– from sexual health care and medications to relationship dynamics and communication tips. »

« Everybody’s doing it: Talking About Sex and Disability » par Abby Kidd (Venus Envy)

« It’s a persistant myth that good sex should be spontaneous and should involve (at least!) one party member hanging upside down with their legs wrapped around their ears. At Venus Envy we know that everyone and anyone can have hot sex, regardless of abilities, shapes, sizes, colours, gender, orientation, etc. In this workshop we will outline ways in which folks who experience pain, or altered mobility and/or sensation, can spice up their sex life using toys and position accessories. »

« Queer crip discussion space » par Shay Erlich et Jenna Roy

« A space designed for individuals who are both disabled and queer. Members from the LGBTQ2IA+ community who are disabled often face unique challenges that others who do not live at this intersection of identity may not fully understand or acknowledge.  This discussion space is where individuals can gather to share knowledge and ideas for future mobilization towards building community. »

Nous terminerons la journée avec une activité de speed dating avec Rencontre Adaptée.

Tarifs

La contribution suggérée pour l’ensemble de la journée est de 75$.

Contribution libre: notez qu’il y aura une option disponible pour les personnes dont les revenus ne permettent pas la contribution suggérée. Personne ne sera refusé par manque de fonds.

Une option sera également offerte à celles et ceux qui souhaitent payer au suivant (leur propre contribution et celle d’une autre personne aux revenus plus faibles).

Il sera possible de s’inscrire pour une partie de la journée seulement (matin, après-midi ou fin de journée) ou pour l’ensemble de la journée. Le montant de l’inscription sera à remettre à votre arrivée en argent comptant.

Les contributions suggérées servent à couvrir différents frais comme les repas (végétariens!) offerts et aussi par solidarité pour les  participant.e.s les plus éloigné.e.s ou à faibles revenus.


Informations supplémentaires

Vous aimeriez être bénévole durant le fantastique événement que sera le premier SOMMET ACSEXE+ ?

Vous aimeriez héberger des gens qui souhaitent participer au Sommet mais qui habitent à l’extérieur de la métropole ?

Vous désirez tenir un kiosque pour promouvoir vos activités pendant la journée – moyennant certains frais ?

Vous aimeriez être présentateur.trice pour le prochain Sommet (en français cette fois) ?

Vous avez des questions ? Des suggestions ? Des idées pour un afterparty accessible, agréable et sexy ?

N’hésitez pas à contacter Marie-Édith Vigneau, responsable du projet ACSEXE+, à mevigneau@fqpn.qc.ca ! Au plaisir ! 

Offre d’emploi

Image de menottes recouvertes de peluche fushia. Créé par Paul Pateman

La Fédération du Québec pour le planning des naissances (FQPN) est à la recherche d’une personne motivée et dynamique pour assumer le poste de contractuelle responsable du projet ACSEXE+ /// sexualités, accessibilité et handicaps ///

Description de tâches  

En collaboration avec le reste de l’équipe, la contractuelle a pour tâche de

  • Alimenter le blogue et les réseaux sociaux ACSEXE+
  • Coordonner la mise en place de la suite du projet, selon les besoins et priorités exprimées par les partenaires et militant.e.s concertées. 

Expérience   

  • Travail, militance ou recherche défense des droits/ handicaps
  • Expérience en gestion de projets
  • Expérience en gestion participative un atout

Exigences  

  • Connaissance des réalités liées au handicap et au capacitisme
  • Maitrise des grilles d’analyses féministes et anti-oppression
  • Excellent français oral et écrit. Maitrise de l’anglais
  • Maîtrise fonctionnelle des outils suivants : suite Office, WordPress, Twitter, Facebook- 

Habiletés et aptitudes

  • Capacité démontrée de planifier, d’organiser et d’atteindre les objectifs en respectant les délais
  • Bonne capacité d’analyse politique et de pensée stratégique
  • Capacité à travailler en collaboration avec des groupes et personnes de divers milieux et à entretenir des partenariats et collaborations
  • Habileté de mobilisation et d’exercer un leadership rassembleur
  • Aptitude à partager l’information au sein de l’équipe, avec les membres et les réseauxalliés
  • Imputabilité, intégrité, loyauté et sens de l’éthique

Conditions

Contrat avec banque d’heures à utiliser selon les besoins et l’avancement du projet

Taux horaire : 21 $ / h

Entrée en fonction : novembre 2017

Les personnes intéressées sont priées de faire parvenir leur curriculum vitae ainsi qu’une lettre de motivation avant le 10 novembre 2017 par courriel seulement à : info@fqpn.qc.ca.

La FQPN souscrit au principe d’accès à l’égalité en emploi et incite les femmes de la diversité culturelle, en situation de handicap, appartenant aux communautés LBTQIA2S (lesbienne, bisexuel.le, trans, queer, intersexuée.e, asexuel.le, bispirituelle), autochtones et/ou appartenant à un groupe traditionnellement marginalisé à poser leur candidature. À compétence égale, ces candidat.e.s seront retenues pour l’emploi.

**Les bureaux de la FQPN sont adaptés aux fauteuils roulants, mais notre bâtiment ne l’est pas entièrement. Il y a un ascenseur dans notre immeuble. L’entrée accessible se trouve sur le côté est de l’immeuble, mais cet espace est souvent encombré par les entreprises voisines. L’entrée accessible doit être ouverte de l’intérieur, la personne ne peut donc entrer seule à l’intérieur du bâtiment. Il est souvent difficile de trouver du stationnement adapté aux alentours du bâtiment. La place de stationnement la plus près se trouve devant le bâtiment sur la rue Ste-Thérèse et exige une vignette de stationnement bleue et blanche délivrée par la SAAQ.

Seules les personnes convoquées en entrevue seront contactées.

HandyLover, la sexualité décomplexée

Article publié le 7 septembre 2017 sur le site Internet 7 à Poitiers.

Innovation technique pour les personnes handicapées, le HandyLover ?« made in Poitiers » a pour but de leur faciliter l’accès à une sexualité sans complexe. Mais pour le vendre, son concepteur va devoir lever un vrai tabou.

Le HandyLover est prêt. Bardé d’accessoires, ce siège coulis- sant modulable est né dans la Vienne. Le « 7 » évoquait déjà la mise au point d’un prototype en 2015 (n°269)… Sa vocation consiste à apporter une aide technique aux personnes handicapées physiques désireuses de maintenir une activité sexuelle. « Cet appareil répond à toutes les orientations et pratiques des utilisateurs, sans discrimination : hétérosexuelles, homosexuelles, bisexuelles, précise son concepteur Rodolphe Brichet. Il est aussi bien destiné aux personnes seules à mobilité réduite qu’aux personnes valides, ce qui permet son utilisation en couple « mixte ». »

Dans l’esprit de cet ingénieur spécialisé en ergométrie, l’idée a germé en 2014. Sans hésiter, il a créé une entreprise baptisée Mobility Desire et hébergée au sein de la pépinière de la Technopole du Futuroscope. Son objectif consiste à développer un produit fiable, en s’appuyant sur des compétences accumulées auprès des chercheurs en mécanique du geste sportif de l’université de Poitiers. Mais c’est en 2016 que les événements se sont accélérés. Le HandyLover a reçu le prix international de l’innovation de l’Unesco pour « la santé sexuelle et les droits humains ». Rien que cela ! Spécialisé dans ce domaine depuis plus de vingt ans, l’hôpital Henry-Gabrielle de Lyon lui a apporté sa caution médicale. Le concept séduit. En juin dernier, le projet a même été primé lors d’un concours national organisé par l’Ocirp (une référence en matière de prévoyance santé), dont le jury était présidé par le généticien Axel Khan.

« Oser l’acheter« 
Tout semble sourire à Rodolphe Brichet, qui est pourtant confronté à un sérieux obstacle. En France, la sexualité comme le handicap sont des sujets tabous. Autant dire que cet objet n’est pas facile à com- mercialiser. « Indépendamment de la reconnaissance et de l’intérêt portés par le corps médical, il faut que le HandyLover soit connu et expliqué aux utilisateurs », reconnaît le chef d’entreprise. Autrement dit, les personnes en situation de handicap vont devoir  « oser acheter » cet équipement. Première note d’optimisme, le réseau Harmonie Médical Service vient d’ajouter le HandyLover à son catalogue et sur Amazon. De quoi booster les ventes. Par ailleurs, Rodolphe Brichet offre quinze jours d’essai et une promotion à tous ceux qui s’engagent à laisser un com- mentaire sur leur expérience. « J’ai besoin de témoignages d’utilisateurs pour convaincre les plus réticents », explique l’intéressé.

Tous ces éléments mis bout à bout confortent l’enthousiasme du fondateur de Mobility Desire, qui admet « ne pas encore se rémunérer ». Seize configurations différentes ont déjà été dessinées. Reste à trouver la trésorerie pour les développer et montrer à nouveau que les Français de- meurent les experts de l’amour sous toutes ses formes.

5 conseils pour trouver l’amour en ligne lorsqu’on a un handicap

Article publié le 12 février 2016 sur le site Internet Ici Radio-Canada.

Quand handicap ne rime pas nécessairement avec asexualité

Article publié le 24 mai 2017 sur le site Internet Le cabinet de curiosité féminine.

Deux sociologues, Johann Chaulet qui a bien voulu répondre à  mes questions, et Sébastien Roux ont décidé de bousculer les idées reçues et de faire tomber les barrières en matière de sexualité et de handicap. Une démarche audacieuse et passionnante.

Johann âgé de 36 ans, est atteint de myopathie des ceintures. Son état nécessite une assistance respiratoire, ainsi qu’une présence humaine permanente. Il a 8 ans quand tombe le diagnostic. Et marchera encore jusqu’à l’âge de 11 ans. Le choc de l’annonce passé, ses parents se battront pour qu’il mène une vie la plus ordinaire possible et qu’il soit scolarisé comme tous les enfants de son âge. Mais Johann veut davantage, gommer au maximum sa maladie. Cette volonté lui permettra, notamment, de faire des études supérieures et de mener une vie sexuelle la plus épanouissante possible. Aujourd’hui sociologue, il est en couple depuis 2 ans. Portrait d’un homme lumineux.

Vous avez publié un article à propos de votre vie sexuelle. Comment est née cette idée ?

J’étais à un tournant dans ma vie sentimentale, avec des questionnements sur ma sexualité, quand un nouveau chercheur a été recruté dans mon labo. Nous sommes rapidement devenus amis, puis confidents. Sébastien travaillait sur ce type de sujet et nous avons pensé faire de nos conversations amicales un objet de recherche. La méthode consistait à répondre à ses questions qui orientaient le débat. Nous nous sommes réunis 5 ou 6 fois pour des échanges enregistrés, qui duraient deux heures environ. Au départ, on pensait écrire un livre, mais finalement on a décidé de commencer par retranscrire notre travail dans un premier article construit autour d’un récit auto-ethnographique.

Y avait-il une démarche militante derrière cette envie de vous mettre en récit?

Au départ non. Ce travail est né de la fin difficile d’une relation amoureuse. J’ai douté pour la première fois de mes aspirations à une vie sexuelle et sentimentale ordinaire en mettant, à tort, sur le compte de mon handicap les complications sexuelles apparues peu avant le terme de cette histoire. Mais très vite l’aspect militant est apparu. Je souhaitais que mon questionnement se fasse en dehors de tous les débats institutionnels sur la sexualité. Moi je ne réclame rien, aucune mesure compensatoire en raison de ma situation. Je voulais seulement montrer que malgré les difficultés, un épanouissement sentimental et sexuel est possible.

Vous « revendiquez » donc plus qu’une relation sexuelle tarifée avec une assistante comme en Suisse par exemple ?

Je ne nie pas que cela puisse apparaître pour certains comme une nécessité et je ne veux pas faire de ma situation personnelle une généralité. Pourtant  je pense que ce type de dispositif, et surtout le fait qu’il concentre toute l’attention sur nous peut avoir des effets pervers. Il peut en effet conduire à nous catégoriser davantage. Cela sous entendrait également que nous n’avons pas la possibilité d’avoir une vie sexuelle basée sur un désir et une attirance réciproques. De plus, il semble inenvisageable d’aller trouver la MDPH en réclamant des moyens, ne serait-ce que matériels, pour une sexualité épanouie. Mais peut-être que si quelqu’un le faisait, ça ferait évoluer les mentalités.

Vous dites qu’en dehors de cette rupture, vous n’avez jamais douté de la possibilité de parvenir à une vie sexuelle et amoureuse. Y compris à l’adolescence ?

A cette même époque j’ai pris mes distances avec les associations et les institutions parce que je voulais que ma maladie « disparaisse ». Je refusais d’être stigmatisé avec un rôle à minima. J’étais décidé à faire des études, à voyager, à « baiser », etc. Cette volonté m’a permis de repousser mes limites. J’ai préféré envisager ce que je pouvais faire plutôt que ce que je ne pouvais pas faire.

A la lecture de votre récit, on comprend qu’il vous a fallu faire preuve d’inventivité pour parvenir à cette intimité épanouissante à la fois pour vous et votre amie :

Oui, il s’agit en même temps d’une sexualité ordinaire, un mec qui baise avec une femme et d’une situation qui reste unique et spécifique. Moi qui suis plutôt sexuellement dominant, il a fallu que malgré mon incapacité à bouger, je trouve le moyen d’exercer cette domination en intimant des ordres à ma partenaire. Le fait d’y parvenir est d’autant plus puissant. Cependant, j’ai bien conscience que tout repose sur celle qui accepte de se faire guider pour m’aider à bouger. Il faut avoir présent à l’esprit que l’autre ne pourra ou ne voudra peut être pas. Mais cela ne m’est jamais arrivé, ce qui montre bien que c’est possible. Ma compagne actuelle a douté d’y parvenir au départ. Mais en expliquant et en donnant la direction, les craintes se dissipent.

Le fait de vous dévoiler si intimement dans ce récit a-t-il été difficile?

Je suis pudique pour l’autre, je ne veux pas imposer à l’autre mon impudeur. Il y a des gens autour de moi qui ont refusé de lire mon texte et je respecte totalement leur position. Mais ma situation m’a bien obligé à abandonner toute pudeur. Lorsque je sors, je dois demander à quelqu’un de m’accompagner pour aller aux toilettes et je suis nu devant ceux qui m’aident au quotidien depuis que j’ai 11 ans.

Enfin, mon amie et moi tenons un blog érotique avec des textes et des photos qui ont une visée artistique. Je pense aussi à un film qui montrerait la réalité du rapport sexuel, mais toujours dans un cadre artistique.

Au niveau sociologique, existe-t-il des données, des études sur sexualité et handicap?

En France, il n’existe pas de données chiffrées à ma connaissance. Cela reste tabou, même dans les associations dont certaines font, par ailleurs, un travail remarquable. Les parents d’enfant(s) en situation de handicap ne conçoivent pas pour eux la sexualité et la procréation. Ils considèrent que cela relève de l’impossible. Il faut être convaincu soi même pour convaincre les autres. Cependant, il y a des études de plus en plus nombreuses sur la question de la sexualité et du handicap, à la fois dans notre pays et aux Etats-Unis. En comparaison, les sociologues américains ont davantage développé le genre auto-ethnographique, en particulier sur ces thématiques. Ici, il reste très marginal.

Merci beaucoup à Johann pour ce témoignage riche d’enseignement. Le travail sociologique qui l’accompagne est rare et précieux. C’est grâce à des personnes telles que Johann que l’on peut espérer faire évoluer les mentalités et le regard que nous portons sur le handicap. Je ne saurais trop conseiller aux lecteurs d’aller lire son récit, très bien écrit qui plus est.